LE PAPE GRÉGOIRE XVI
Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique.
Nous croyons que vous-même, vénérable frère, qui connaissez notre désir d’étendre et de répandre la religion dans les centrées où vous vous trouvez, comprenez la joie dont nous fûmes pénétré lorsque nous acquîmes la certitude de votre promotion à la dignité épiscopale et de votre dévouement envers nous et envers le saint-siège de saint Pierre ; et assurément nous avions de fortes raisons pour nous féliciter. Car, en effet, que ne devions-nous attendre, pour le bien de l’Église catholique, de la part d’un homme, que l’on nous disait plein du désir de venir en aide à notre sollicitude apostolique, et qui, en recevant et en exerçant les devoirs des fonctions épiscopales, avait promis d’agir conformément à notre opinion et à nos désirs? En vérité, ce n’était pas légèrement que nous avions admis comme vrai, ce qui nous avait été dit touchant votre attachement à notre personne et à la chaire du prince des apôtres. Car, outre les lettres que vous nous aviez écrites sous la date du 13 mars 1843, nous avions reçu un
témoignage important sur toute cette affaire, de notre très-cher fils, l'illustre François Capaccini, notre intemonce et délégué auprès de la très-Gdèle reine de Portugal, tandis qu'il était à Lisbonne et qu'il traitait de votre promotion à l’archevêché de Goa ; — non-seulement il s'étendit beaucoup sur les différentes vertus qui brillent en vous, mais il fit surtout l'éloge de votre intention et de votre très-ferme propos de ne jamais rien faire qui pût être contraire à votre vénération particulière pour le saint-siège. Vous témoignâtes en cette occasion un désir qui partait du fond de l'âme et vous répandîtes des larmes ; notre intemonce fut si touché de vos sentiments religieux, qu'il ne put s’empêcher de pleurer lui-même. Nous pensons, vénérable frère, que vous comprîtes aisément combien toutes ces choses nous avaient plu, lorsque peu de temps après vous reçûtes nos lettres apostoliques du 19 juin 1843, données sous le sceau de plomb, et dans lesquelles nous déclarions que nous avions consenti volontiers à vous constituer archevêque de l'église de Goa. Mais notre joie et notre félicité en cette affaire ne durèrent pas. Car quelques mois à peine s'étaient écoulés depuis votre <lépart pour les Indes , lorsque nous reçûmes des nouvelles relatives à vous, vénérable frère, qui nous causèrent une grande affliction. Il nous a été rapporté que vous semblez agir de manière à troubler, par tous les moyens possibles, la forme du gouvernement ecclésiastique constitué par nous dans les vastes provinces des Indes orientales situées en dehors des domaines portugais, et que vous ne tenez aucun compte de nos décrets touchant cette affaire , expliquant mal
et comprenant d'une façon contraire à notre opinion quelques-unes des paroles des lettres apostoliques cidessus mentionnées, et relatives à votre nomination à l’archevêché de Goa. D'ahord nous ne pûmes croire ces choses. Car au tempsoù nous vous envoyàmesles lettres apostoliques qui vous mettaient à la tête de l’archevêché deG'oa, et en ce même huitièmejourde juillet 1845, nous vous écrivîmes d’autres lettres, vénérable frère, par lesquelles nous vous signifiâmes distinctement que nous voulions que ces décrets fussent observés, et nous ne négligeâmes pas de vous louer et de vous dire de demeurer ferme dans le propos que vous aviez précédemment manifesté, à savoir : de ne jamais exercer d’autre autorité que celle qui vous serait accordée par nous. Cependant nos lettres apostoliques, connues de tous, écrites sous l’anneau du pêcheur, le 24 avril 18.58, qui commencent fiar : Multa præclare, et relatives à l’institution des vicaires apostoliques dans les Indes orientales, vous étaient parfaitement connues. Or la forme et le contexte de ces lettres est tel, que quiconque se laisse diriger par la bonne foi, ne peut, en aucune façon, imaginer qu’il soit légal de changer le gouvernement ecclésiastique établi par nous dans ces régions, et de se faire un argument des mots qui constituent la formule habituelle des collations de ce genre, et que nous avons employés en vous conférant l'archevêché de Goa. Quant aux autres décrets qui suivirent ces lettres, en la même année 1858, et qui sont relatifs â la défense d’exercer le gouvernement ecclésiastique dans les contrées limitrophes, nous croyons également qu’ils ne vous sont pas inconnus, car ils ont
eu une graude publicité; d’ailleurs nous n’avions pas négligé de vous faire' mention de ces mêmes décrets, vénérable frère, dans la lettre ci-dessus mentionnée, du 8 juillet 1845. Qu’est donc devenue la promesse si sérieuse que vous fîtes, dans votre entrevue avec notre internonce et avant d’être consacré évêque, d’adhérer à ces décrets, pour tout ce qui touche à ces affaires? D'après cette promesse, nous ne pouvions assurément pas soupçonner que vous feriez ou changeriez rien de ce qui touche à l’autorité qui doit être exercée dans ces régions. Car le même internonce témoigne, vénérable frère, que vous avez affirmé clairement et dislinctementque votre détermination était telle, que si même le pouvoir civil venait à vous solliciter toucha/it ces choses, vous répondriez : Qu’il était nécessaire que toute affaire fût déférée à notre jugement et à celui du siège apostolique, et que vous étiez irrévocablement décidé à ne rien entreprendre de nouveau avant de connaître notre opinion. Il est sûr que tout ceci nous avait semblé tellement positif, que d'abord nous n’ajoutâmes guère foi aux plaintes qui furent portées à Rome, touchant votre manière d’agir, si contraire à ces témoignages. Plus tard, nous comprîmes à regret et avec grande affliction que, trompé peut-être par de faux avis, etinstigué par des hommes qui méprisent le centre de l’autorité catholique, vous avez renoncé à ces desseins qui avaient d’abord été pour nous une si grande cause de joie.
Car vos lettres, dans lesquelles vous ne rougissez pas de nous signifier de semblables opinions, nous ont été remises, et fréquemment des hommes de bien ont re-
cours à nous et implorent notre autorité et notre assistance pour vous faire rentrer dans le devoir. Il ne serait pas facile de rapporter et d’énumérer toutes les plaintes faites à ce sujet par des personnages de haute autorité. Quoi qu'il en soit, toutes ces lettres, aussi bien que celles que vous nous avez adressées, sont telles, qu’elles ne permettent plus de douter que vous méprisez nos décrets et ceux du saint-siège touchant l’institution des vicariats apostoliques dans les Indes orientales; que vous éprouvez également du mépris, et pour les vicaires apostoliques et les prêtres missionnaires leurs sujets, et pour la congrégation de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Église romaine qui président les affaires de la propagation de la foi et qui avaient pourvu avec tant de soin aux besoins de la religion catholique dans ces provinces ; — ces lettres prouvent encore que vous portez préjudice aux ecclésiastiques qui soutiennent notre autorité, que vous troublez l’ordre de la juridiction ecclésiastique, que vous n’avez aucun souci de nos ordonnances apostoliques et spécialement du bref apostolique Milita prseclare ci-dessus mentionné , et qu’un libelle rempli d’insultes contre le gouvernement ecclésiastique actuellement existant dans les vicariats apostoliques a été répandu parmi le peuple, si ce n’est avec votre consentement, au moins sans que vous y fussiez contraire ; et qu’ enfin tout ce qui pouvait produire le schisme le plus déplorable a été fait.
Les choses étant ainsi, nous pensons qu’il est de notre devoir, vénérable frère, de vous reprendre par ces lettres, et de vous exhorter fortement en Notre-Seigneur, afin que vous compreniez qu’il faut que vous adoptiez
de plus sages desseins. Nous savons quel mal grave c'est qu’exciter le schisme dans l'Église, et nous comprenons aussi ce que le pouvoir de nourrir, de régler et de gouverner l'Église universelle, qui nous a été donné en l'apôtre Pierre par Noire-Seigneur Jésus-Christ, exige de nous pour détourner une si grande calamité. C’est pourquoi nous vous recommandons de montrer par vos actions que vous éprouvez réellement un sentiment de profond respect pour le serment que vous nous avez prêté, à nous et au siège apostolique, le jour de votre consécration épiscopale.
Nous ne doutons point que vous n'honoriez, en notre humble personne, celui dont la dignité ne subit aucun échec par l’indignité de son successeur. Aussi, nous avons la confiance que dorénavant vous exécuterez les promesses que vous avez faites autrefois et qui nous avaient causé tant de joie, et que spécialement vous observerez les choses prescrites dans le bref souvent mentionné relatif à l'institution des vicariats apostoliques, et établies par les décrets qui ont été postérieurement publiés dans le même but.
Attendant de vous ce témoignage de soumission qui nous donnera de la consolation, qui sera à l’avantage de l’Église dans les contrées dont nous avons tant parlé et qui tournera à l’utilité de la religion dans les temps présents, nous vous donnons avec amour la bénédiction apostolique, à vous, vénérable frère, et à votre troupeau. •
Donné à Rome, à Saint-Pierre, le 1®' jour de mars de l’an 1845, dans la quinzième année de notre pontificat.
Grégoire XVI, pape.
ORIGINAL DE l’aLI/WUTION DE PIE IX.
Simctiviimi domini nostri Pii divina Providcnlia papæ IX alloculio habita in consistorio secrelo, diei 17 februarii an. 1851.
Venerabiles fraires,
Inter novos diversarum Ecclesiarum Antistiles, quos Vobis, Venerabiles Praires, in hodierno Convenlu proposituri sumus, erit eliam Ven. Fraler Joseph a Sylva Terres, ArchiepiscopusPalmyrensis, quem Goadjulorem futnrumque Successorem dare consilium est Dilecto Filio Nostro Petro Paulo S. R. E. Cardinal! Figuereido Archiepiscopo Bracharensi. Opportunum vero reputavimus Nostri ejusdem consilii rationem Vobis breviter explicare, ut eoruni, quæ antea contigerant, memoria repetiia, notum cuique sit, quare et quibus usi cautio' nibus induxerimus anitnum ad memoratum Josephum futuro Bracharensis Ecclesiæ regimini destinandum.
Erat idem Josephus, ut sane nostis, Arcbiepiscopus Goæ in Indiis Orientalibus, cujus Ecclesiæ regimen decretum ei fuerat a Gregorio XVI fel. rec. Decessore Nostro in Consistorio Secreto diei 19 Junii Anni mille- , simi octingentesimi quadragesimi tertii. In magno autem Orientalium illarum Regionum numéro et amplitudine, ad quas olim Goani Arcliiepiscopi sive ordinaria, sive Metropolitana jurisdictio pertinebat, complures tune erant Vicarii Apostolici Antistiti eidem minime
subditi, quos inibi Sancta hæc Sedes, Catholicæ scilicet Religionis causa id postulante, constituerat. Nam præter illos, qui in latissimis Regionibus Sinarum Imperii, aliisque conterminis per Litteras Apostolicas Tnnocentii XII. rec : me ; Prædecessoris Nostri‘ a Diœœsibus Pechinensi, Nanchinensi, et Machaonensi, atque a Metropolitano Goanæ Ecclesiæ jure in perpetuum divTilsis deputari jamdiu consueverunt, et præter alios, qui postmodum aliis Indiarum locis destinati sunt* ; ipse etiam Gregorius XVI novos in Goanæ Ecclesiæ Diœcesi ac Metropolitana iilius provincia Vicarios Apostolicos provisorio modo instituerat. Eo spectantnotissimæ ejiisdem Summi Pontificis Litteræ, quarum initium Mnlta prædare, datæ sub Annulo Piscatoris die 24 Aprilis Anni 1838 uti et aliæ Litteræ Apostolicæ, ac Décréta Nostræ Congregationis Propagandæ Fidei, quæ illis aut præcesserant, aut pontificio postmodum jussu et auctoritate successerunt. •
Hanc Decessoris Nostri ampliorem providentiam mutata temporum ratio, et tuendæ in Indiis atque amplifîcandæ Catholicæ Religionis causa flagitabat. Dum enim major ipsa veræ Fidei propagatio majorem in dies Evangelicarum Missionum et Sacrorum operariorum numerum postularet, huic quidem sustinendo oneri impares oranino erant Viri Ecclesiastici, qui Lusitanorum ope illuc mitti, aut ex indigenis institui solebant ; postquam præsertiro quæ in Indiis plurima olim fuerant Lusitanæ Ditionis Loca, nonnullis tantum cum Urbe
* Datæ illœ sunt dicbus 15 et 25 octob. 1696.
- Vcrapolitaïuu, an. 1701; Avanus ctPeguanus, an. 174d, elo.
Goa et Urbe Macao exceptis, in aliorum Principum potestatcm transiverant; ut nihil porro dicamus de postremis Lusitani Regni calamitatibus, quæ relationibus etiam interS. banc Sedem etLusitanuraGuberniuminterruptis, eo rem adduxerant ut et Goana, et iUius Suffraganeæ Ecclesiæ una simul vacarent. Jam vero Ecclesiastici homines, qui tune temporis easdem Ecelesias sive ex canonica Capituli deputatione, sive alio quovis titulo administrabant, quærentes quæ sua erant non quæ Jesu Christi, contradicere ausi sunt Vicariis Apostolicis a Gregorio XVI deputatis, nec dubitarunt arrogare sibi spiritualem auctoritatem super Eedesias, et fideles illorum curæ a Sede Apostolica commendatos : ex quo eorum facinore haud leves difficuliates, dissensiones, et scandala dimanarunt. Atque hæc quidem, ad Religionem quod attinet, Indicarum rerum conditio erat, cum, instauratis Lusitani Gubemii cum Sancta bac Sede relationibus, Cbarissima in Christo Filia Nostra Maria Portugalliæ et Algarbiorum Regina Fidelissima supradictum Josephum a Sylva Terres Decessori Nostro præsentavit, ut ad Goanam Ecclesiam promoveretur.
Jam vero Goana Civitas cum circumstantibus Locis pertinebantadhuc, utiet nunc pertinent, adLusitanam Ditionem, nec ulli ex Apostolicis Vicariis commendata ilia fuerant; ideoque bac ex parte nihil impediraento * erat, quominus Ecclesiæ illi novus daretur Antistes. Sperare autem licebat, ipsos Apostolicos Vicarios alibi constitutos nihil porro molestiæ a memorato Josepho passuros. Siquidem Gregorius XVI antequam de ipso ad Goanam Sedem provehendo decerneret, plura eademque
idoDea testimonia acceperat de illius fide, doctrine, et probitate, atque insuper noverat enmdem de Pontificiis Decretis ad Vicarios Âpostolicos pertinentibus ab Internuntio et Delegato Âpostolico, qui Olissipone degebat, fuisse præmonituni; denique idem Josephus obedientiam et obsequium suum erga Romanum Pontificem Sedemque Âpostolicam peculiaribus quoque Litteris declaraverat. Nihilo tamen minus Prædecessor Noster novum ipsum Archiepiseopum de Apostolicis Vicariis, eorumquc auctoritate sarta tecta liabenda admonere voluit Pontificiis Litteris, quas ea super re ad ilium dedit die 8 Julii 1843, quæque eidem redditæ fuerunt eo ipso tempore, quo Apostolica Diplomate delati Archiepiscopatus testimonium de more habentia Olissiponem perlata sunt.
Yerum Josephus Archiepiscopus insequenti advenienteanno 1844 Goam profectus haudquaquam continuit se intra fines officii sui, sed sibimetipsi antiquam Decessorum suorum auctoritatem asserere conatus est in Locis quoque Apostolicorum Vicariorum curæ commendatis ; neque porro Litteris paruit quibus iterum Prædecessor Noster Gregorius, ac subinde Nos ipsi ilium ad saniora revocare consilia studuimus. Itaque facile Nobis fuit perspicere, providendum omnino esse, ut Archiepiscopus ille a Goanæ Ecclesiæ procurations revocarctur. Sed una simul consideravimus, rem fore gravissimarum difficultatum et periculi plenam, nisi Regium Lusitanum Gubernium Nobiscum in id consentiret. Itaque Nostro Extraordinario Intemuntio et Delegato Apostolico, qui Anno 1847 Romæ aderat, et Olissiponem rediturus erat, in præcipuis mandatis de-
dimus, ut de revocando Goano Antistite ageret cum Regio Gubemio, negotiumque hujusmodi omni ope atque opéra urgeret. Is, post tractationera susceplam, haud sane prætermisit insequenti anno millesimo octiogentesimo octavo referre de præcipuis conditionibus, quibus rem componi posse perspexerat ; ac Nos subinde curavimus, ut Nostram super illis senteotiam in tempore cognosceret.
Sed Litteris, quæ a Cardinali Nostro Secretario Status die 8 Julii datæ in id fuerant, turbulento illo tempore interceptis, aut aliter retardatis, tandem ipso illo anno ad exitum vergenle, dum Nos ab bac Alma Urbe discedere coacti Cajetæ substiteramus, perlatæ illuc sunt Litteræ et Documenta ab Internuntio missa, ex quibus apparuit, ipsum die 21 mensis Octobris illius Anni cum Regio Giibernio jam convenisse, ut Præsul Josephus ab Ëcclesia Goana ad aliquam in partibus Infidelium Metropolitanam Ecclesiam transferretur, et Olissiponem sine mora rediens munus intérim obtineret Commissarii Bullæ Cruciatæ, atque insuper ut Coadjutor fieret, fulurusque Successor Archiepiscopi Bracbarensis; datis tamen ab eodem Josepho ad Nos Litteris, quibus suain Sedi Apostolicæ submissionem atque observantiam testaretur; denique ut ad ulteriores dissensiones prævertendas in novo postmodum Antistite in Goana Ëcclesia constituendo, atque adeo in Diplomatibus Apostolicis delati ei Archiepiscopalis mu* neris testibus mentio iiaberctur finium intra quos auctoritatem suam exercere posset. Cognovimus una simul Lusitanum Gubernium jussu Reginæ Fidelissimæ suas jam Goam misisse Litleras, ut Archiepiscopus Josephus
-de his omnibus certior fieret, et Olissiponem reverti non cunctaretur. Eodem tempore Hegius apud Sanctam banc Sedem Legatus, qui Nos Gajetam sequutus fucrat, :a Nobis Regio nomine suppliciter postulavit, ut Præsuli Josepbo in Lusitaniam prope diem redituro nedum munus tribueremus Gommissarii Bullæ Gruciatæ, quo fungi intérim deberet donec Bracharensis Ecclesia non vacaverit, sed etiam ut in Gonsistorio, quod iiÜs diebus habituri eramus, ilium constituere dignaremur Goadjutorem futurumque Successorem Archiepiscopi memoratæ Ecclesiæ; siquidem dubitari minime posse dicebat, quin ille statim ad Nos eas, quæ superius indicatæ sunt, submissionis Litteras scriberet.
Hæc sane postulalio, et supradictæ Pontificii Internuntii Litteræ, imprimis autem quæ ab eo converita fueranl de futura Ecclesiæ Bracharensis procuralione Præsuli Josepbo destinanda, Nos, tôt jara tantisquealiis per eos dies angustiis circumdatos, non parum sollicitos habuerunt. Obversabantur enim ante oculos quæ Præsul ipse in Goano Arcbiepiscopatu fungendo perperam gesserat. Gontra vero si Nos ea, in quæ Noster Internuntius banc circa rem consenserat, præstare abnuissemus; metuendum profecto erat nedum ut spes evanesceret, quam de removendo ab Indiis memorato Antistite conceperamus, sed etiam ut ab ipso, ejusque asseclis ex Nostra ilia recusatione nova atque ad fucum faciendum apta arriperetur occasio majoribus illic dissidiis cum graviore Religionis detrimento excitandis. Intérim sperare alia ex parte licebat, memoratum Antistitem, sacræ ceteroquin doctrinæ, bonorumque morum laude non destitutum, ubi ab occasionibus
removei;etur quæ illom Goæ in transversum egerant,. rediturum per Dei gratiam ad consilia meliora, et in' novæ Ecclesiæ procuratione ita se porro gesturum, ut suæ pariter, atque oviutn saluti consuleret. Hinc considarata ut par erat, tota rei causa, et aliquibus ex Vestro amplissimo ordine in consilinm adbibitis, ac merooria repetentes œconomiam a Decessoribus Nostris in simili rerum gravitate et difficultate non semel adhibitam, induximus animum ut metiori, quam res ferret, cautione accepta, in expetitam destinationem assentiremur.
Mandavimus igitur Cardinali Nostro Pro-Secretario Status, ut Regio Legato respondens, dare illi aperteque nostro nomine declararet, Nos quidem in proximo, si id optaret, Consistorio soluturos Josephum Antistitem a vinculo Goanæ Ecclesiæ, eumdem quoque translaturos ad Metropolitanam aliam Ecclesiam in partibus infidelium existentem, ac subinde eidem munus coUaturos Commissarii Bullæ Cruciatæ : ceterum Sanctam banc Sedem, quod Regius ipse Legatus probe noverat, graves habuisse reclamandi causas contra Àrcbiepiscopi gesta in regimine Eccledæ Goanæ, atque idcirco Nos non posse omnino tuta conscientia destinare illi futuram procurationem Bracbarensis Ecclesiæ, nisi antea congruum documentum sive taies ab eo Litteras acciperemus, ex quibus constaret ilium et dolere quæ perperam gesserat, et statutum fixumque in animo babere, ut numquam in posterum ab officio declinet.
Âcquievit nostræ buic declarationi Regius Legatus, et de ratione Litterarum, quæ expectabantur, minime dubitans, postulare institit, ut ea quæ jam tune perlicif poterant, decemeremus. Quare ad diem 22 Decembris
supradicti anni 1848 in Consistorio Gajetæ coacto transtulimus Antistitem Josephum a Goana Ecclesia ad Archiepiscopatum Palmyrensem in partibus Infidclium, atque insequenti mense officium Gommissarü Bullæ Gruciatæ novo eidem Palmyrensi Archiepiscopo deman* davimus.
Hinc post aliquot menses Antistes ille in Lusitaniam reversus est. Nos itaque eidem Olissipone jam commoranti significandnm rursus mandavimus, quantam Nobis sollicitudinem attulissent quæ ipse in Indiis extra limites auctoritatis suæ, et contra Sanctæ bujus Sedis mandata gerere non dubitaverat, et nonnulla etiam quæ paulo ante suum inde discessum in quibusdam suis Litterisseu scriptis indicaverat. Jam vero gratum cordi nostro est annuntiare Vobis, Venerabiles Fratres, Palmyrensem Arcbiepiscopum ita Nobis fecisse satis, ut oxistimare debeamus, ipsum per Dei gratiam ad meliora consilia toto animo fuisse reversum. Ab eo enim Litteras accepimus datas die 18 Novembris superioris anni, atque iis conceptas verbis, quæ hominem decent errata sua detestantem, et de meliori in posterum ratione tenenda, suaque Nobis adhæsione et obedientia factis ipsis constanter comprobanda sollicitum. Subjicientur bæc ipsæ Litteræ ante oculos vestros, atque una legetis Noslrum ad illas responsum, in quo nostros illi sensus omni ex parte declarare non omisimus.
Juxta liæc, ut initio diximus, Palmyrensem ipsum arcbiepiscopum venerabilem fratrem Josephum a Sylva Torres promovere hodie consilium est ad munus coadjutoris dilecti filii nostri cardinalis archiepiscopi Bracharensis, cum adjuncto jure ut eidem in ecclesia ipsa
succédât. Et quoniam in hoc suscipiendo consilio nibil» certe, nisi majorem religionis utUitatem, et apostolicarum in Indiis missionum tranquilliorem, felicioremque cursum spectavimus ; ürmam plane in spem erigimur fore, ut illud Deo benedicente in eumdem finem, atque in Bracharensis quoque ecclesiæ emolumentum proficiat. Id quidem ab ipso misericordiarum Pâtre per Jesum- Ghristum ejus Filium in omni oratione et obsecratione cum gratiarum actione implorare contendimus; atque a vestra etiam pietate, venerabiles fratres, exposcimus, ut fervidas preces et supplicationes vestras nostris adjungere non iutermittatis.
TRADUCTION DK 1,’aUjOCUTION DE PIE IX.
Allocution “prononcée au consistoire secret, du 17 févner 1851, par notre saint-père Pie IX, pape par laprovidence divine.
Vénérables Frères,
Parmi les nouveaux chefs de diverses églises que nous vous avons proposés dans l'assemblée de ce jour, se trouvait aussi notre vénérable frère Joseph de Sylva y Torrès, archevêque de Palmyre, que nous avons dessein de donner comme coadjuteur et futur successeur à notre très-cher fils Pierre-Paul Figuereide, cardinal de la sainte Église romaine, archevêque de Braga. — Nous avons cru qu'il était opportun de vous faire connaître brièvemeùt les motifs de celte résolution, afin qu’après avoir rappelé les faits qui se sont passés, cha-
cun sache pourquoi nous nous sommes décidé à confier le gouvernement futur de l’église de Braga au susdit Joseph , après avoir usé de certaines mesures de prudence.
Ce même Joseph, ainsi que vous le savez fort bien, était archevêque de Goa aux Indes orientales. Le gouvernement de cette église lui avait été conféré par notre prédécesseur Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, dans le consistoire secret du 1 9® jour de j uin de Tannée 1 843. Plusieurs vicaires apostoliques, parfaitement indépendants de Téglise de Goa, avaient été successivement établis par le saint-siège, pour répondre aux besoins de la religion catholique, dans les nombreuses et vastes régions orientales, soumises jadis à la juridiction ordinaire ou métropolitaine de Tarchevêque de Goa. Car, outre ceux en voyés— par les lettres apostoliques de notre prédécesseur Innocent XII, d’heureuse mémoire *, — dans les districts de l’immense empire de la Chine et en différentes contrées limitrophes, qui furent alors détachées à perpétuité des diocèses de Nankin, de Pékin, de Macao et de la métropole de Goa; et, outre ceux postérieurement établis en divers autres lieux des Indes*, Grégoire XVI lui-même avait institué provisoirement de nouveaux vicaires apostoliques dans le . . diocèse de Goa et dans la province de cette métropole.
C’est à ce fait que se rapportent les lettres très-connues (le ce souverain pontife, commençant par les mots : Multa pi'æclarej et données sous l’anneau du pêcheur,
* Elles sont des 15 et ‘25 octobre 1696.
* Celui de Vérapoli, en 1701 ; — d’Ava et Pégu, en 1741, etc.
le 24 avril de l’an 1838, tout aussi bien que d'autres lettres apostoliques et divers décrets de notre congrégation Propagandæ Fidei, qui précédèrent ou suivirent ledit bref MuUa p-sedare, d’après les ordres du pape et sous la sanction de son autorité.
Les changements que le temps avait amenés à sa suite, et la nécessité de garantir et d’étendre aux Indes la religion catholique, exigeaient que notre prédécesseur immédiat prît ces mesures plus amples. Car l’extension que prenait, de jour en jour, la propagation de la vraie foi rendait indispensable un nombre plus considérable de missions évangéliques et d’ouvriers sacrés, et les ecclésiastiques que les Portugais avaient coutume d’envoyer dans ces contrées, ou qu’ils y établissaient en les tirant du clergé indigène, étaient loin de suffire à une pareille charge. Cela devenait nécessaire, surtout après qu’un grand nombre de lieux situés dans les Indes et soumis autrefois à la domination du Portugal étaient passés, sauf les seules villes de Goa et de Macao, sous la puissance d’autres princes; — nous nous abstiendrons, d’ailleurs, de parler ici des der* nières calamités du royaume de Portugal, calamités qui avaient causé l’interruption des rapports entre le saintsiège et le gouvernement de ce pays et à la suite desquelles les choses en vinrent au point que l’église de Goa et toutes ses suffragantes se trouvèrent vacantes simultanément. Alors déjà les ecclésiastiques qui, en ce temps, administraient ces différentes églises, soit comme ayant été députés à cet effet par les chanoines des chapitres, soit à quelque autre titre quelconque, recherchèrent leurs intérêts de préférence à ceux de
Jésus-Christ; ils osèrent se mettre en opposition avec les vicaires apostoliques envoyés par Grégoire XVI, et ils se permirent de s'arroger une autorité spirituelle sur les églises et les fidèles dont le soin avait été confié auxdits vicaires par le siège apostolique. Ce crime qu’ils commirent eut pour résultats de graves difûcultés, des dissensions et des scandales. Tel était l’état des choses aux Indes en ce qui concerne la religion, lorsque le gouvernement portugais rétablit les relations avec le saint-siège, et que notre très-chère fille en Jésus- Christ, Marie, reine très-fidèle du Portugal et des Algarves, présenta à notre prédécesseur le ci-dessus mentionné Joseph de Silva y Torrès, afin qu’il fût mis à la tète de l'église de Goa.
Alors, comme; à présent encore, la ville de Goa et les lieux circonvoisins étaient soumis à la domination du Portugal, et la direction n’en avait été confiée à aucun des vicaires apostoliques ; de ce côté, il n’y avait donc nul empêchement à ce que le nouveau prélat fût mis à la tête de cette église. On était en droit d’.espérer que les vicaires apostoliques établis en d’autres lieux ne seraient point molestés par ledit Joseph. D'ailleurs, Grégoire XVI, avant de se décider à le porter au siège de Goa, avait reçu divers témoignages satisfaisants touchant sa foi, sa doctrine et sa probité ; il savait aussi que Joseph avait été instruit des décrets pontificaux relatifs aux vicaires apostoliques par l’internonce et délégué apostolique envoyé à Lisbonne; enfin, Joseph avait fait profession, dans des lettres particulières, d’obéissance et de soumission envers le pontife romain et le siège apostolique. Néanmoins, notre prédécesseur
voulut encore avertir le nouvel archevêque de respecter les vicaires apostoliques et leur autorité; il lui adressa à ce sujet, le 8 juillet 1843, des lettres pontificales, lesquelles lui parvinrent au temps même où les diplômes apostoliques, attestant, suivant la coutume, sa nomination à l’archevêché, furent portés à Lisbonne.
Mais l’archevêque Joseph, étant parti en l’année suivante, 1844, pour Goa, ne se contint en aucune façon dans les limites de son office; loin de là, il s’efforça de s’emparer de l’antique autorité exercée par ses prédécesseurs dans les lieux confiés maintenant aux soins des vicaires apostoliques, et il ne se mit pas en peine d’obéir aux lettres par lesquelles notre prédécesseur, d’abord, et nous-même plus tard, avons cherché à le faire revenir à de plus sages conseils. 11 nous fut donc facile de comprendre qu’il fallait pourvoir absolument à ce que l’administration de l’église de Goa fût ôtée à cet archevêque. Mais, en même temps, nous considérâmes que l’affaire présenterait les plus graves difficultés, et quelle serait pleine de périls, à moins que le gouvernement royal portugais ne fût d’accord avec nous. C’est pourquoi nous chargeâmes notre intemonce extraordinaire et délégué apostolique, lequel se trouvait à Rome en 1847 et retournait à Lisbonne, de traiter avec le gouvernement royal de la révocation du chef de l’église de Goa, et de presser cette affaire de tous ses soins et de tous ses moyens. Cet envoyé entreprit la négociation, et, en l’année suivante, 1848, il ne manqua pas d’en référer à nous touchant les principales conditions auxquelles il avait reconnu que la difficulté pourrait s’arranger ; nous eûmes soin alors de lui faire
connaître en temps opportun notre avis relativement à ces conditions.
Mais les lettres écrites à ce sujet sous la date du 8 juillet, par notre cardinal secrétaire d’Etat, furent interceptées ou retardées de quelque autre manière, dans ces temps de troubles et de désordre ; enfin, vers la fin de l'année, forcé de quitter notre ville de Rome, nous nous étions retiré à Gaëte, et l’on porta en ce dernier lieu des lettres et des documents envoyés par l’intemonce ; nous y vîmes que cet envoyé et le gouvernement royal étaient tombés d'accord et qu’il avait été convenu : — que le prélat Joseph serait transféré de l'église de Goa à quelque église métropolitaine inpartibus infideMnm, que, revenant sans retard à Lisbonne, il obtiendrait, en attendant, les fonctions de commissaire BuU» cruciatæ, et que, de plus, il serait fait coadjuteur, avec future succession de l'archevêque de Braga ; — toutefois, il avait été stipulé également que le susmentionné Joseph nous adresserait des lettres attestant sa soumission et son obéissance envers le siège apostolique ; et que, pour prévenir des dissensions ultérieures, en mettant à l'avenir un nouveau prélat à la tête de l’église de Goa, les limites en dedans desquelles il pourrait exercer son autorité seraient tracées dans les actes apostoliques qui lui conféreraient ses fonctions archiépiscopales. — Nous apprîmes en même temps que, conformément aux ordres de la reine très-fidèle, le gouvernement portugais avait déjà envoyé des dépêches à Goa, pour informer l’arclievôque Joseph de tout ce qui avait été convenu, et afin qu’il ne tardât pas à revenir à Lisbonne. En même temps, l’envoyé royal
auprès du saint-siège qui nous avait suivi à Gaëte, nous supplia, au nom de la reine, non-seulement de confier les fonctions de commissaire BvUæ cmciatæ au prélat Joseph, — lequel était au moment de revenir en Portugal, — afin qu’il les exerçât tant que l’église de Braga ne viendrait pas à vaquer ; — mais encore de daigner le constituer coadjuteur et futur successeur de l’archevêque de ladite église, dans le consistoire que nous devions tenir en ces jours; en admettant, ce qui, disait-on, ne pouvait faire l’ohjet d’un doute, qu’il nous écrirait immédiatement les lettres de soumission dont il a été parlé ci-dessus.
Cette requête, les lettres déjà mentionnées de l’internonce pontifical, et surtout ce qui avait été convenu par lui, touchant la charge future de l’église de Braga qui devait être donnée au prélat Joseph, nous remplirent lie sollicitude, nous que tant d’autres angoisses entouraient déjà en ces jours. Nous avions devant les yeux tout ce que ce même prélat avait fait de mal tandis qu’il se trouvait à l’archevêché de Goa. Mais, par contre, si nous refusions de faire ce à quoi notre internonce avait consenti, en cette affaire, il était à craindre qu’il ne fallût renoncer à jamais à l’espérance que nous avions conçue d’éloigner des Indes cet archevêque, et que, de plus, il ne saisit, aussi bien que ses partisans, le prétexte de notre refus pour en imposer au public et pour exciter de nouvelles et plus graves dissensions au grand détriment delà religion. D’ailleurs on pouvait espérer, d’une autre part, que ledit archevêque, qui, assurément, ne manque pas de doctrine, et dont la réputation est bonne quant aux mœurs, —
étant éloigné des occasions qui l'avaient fait dévier à Goa, reviendrait, parla grâce de Dieu, à de meilleurs conseils, et que, dans l’administration de la nouvelle église, il se conduirait de façon à pourvoir à son salut et à celui de son troupeau . Après avoir considéré toutes ces choses comme nous le devions, et consulté quelques-uns des membres de votre très-illustre ordre, et rappelant aussi à notre mémoire les mesures adoptées par nos prédécesseurs en plusieurs occasions, dans des circonstances également graves et difficiles, nous nous décidâmes à consentir à ce qui nous était demandé, non toutefois sans avoir pris auparavant toutes les précautions possibles.
Nous ordonnâmes, en conséquence, à notre cardinal pro-secrétaire d’État de répondre à l’envoyé royal et de lui déclarer clairement et en notre nom ; — Que, s’il le désirait, nous délierions, au prochain consistoire, le prélat Joseph du lien qui l’attachait à l’église de Goa et que nous le transférerions ensuite à une autre église métropolitaine, in partibus infidelium; que de plus, nous lui accorderions les fonctions de commissaire BuUæ cruciatæ, — mais que d’ailleurs le saint-siège, — ainsi que l’envoyé royal le savait parfaitement, avait eu de graves motifs de réclamer contre les actes de l’archevôque tandis qu’il gouvernait l’église de Goa, et que, pour cette raison nous ne pouvions, en bonne conscience, lui destiner le gouvernement à venir de l’église de Braga, si, d’abord, nous ne recevions de lui un document convenable ou des lettres prouvant qu’il regrette ce qu’il a fait de mal, et qu’il est décidé et résolu en son cœur à ne plus jamais manquer à son devoir à l’avenir.
li’envoyé royal acquiesça à notre déclaration, et, n^ayant aucun doute au sujet des lettres qui étaient attendues, il demanda avec instance que nous arrêtassions définitivement tout ce qui pouvait déjà l’être alors. C'est pourquoi, au consistoire tenu à Gacte, le 22 décembre de l’année mentionnée, 1848, nous transférâmes le prélat Joseph de l'église de Goa à l'archevêché de Palmyre, inpartibusinfidelium, et dans le mois suivant, nous envoyâmes à l’archevêque nouvellement élu sa nomination de commissaire Bullæ cnœiatæ.
.\près quelques mois, ce prélat revint en Portugal . Gomme il séjournait à Lisbonne, nous ordonnâmes qu'on lui signifiât encore que nous avions été profondément affligé de ce qu’il s’était permis de faire aux Indes, en dehors des limites de son autorité et contrairement aux ordres du saint-siège, comme aussi de plusieurs choses qu’il avait émises dans ses lettres ou dans ses écrits, peu de temps avant son départ. Il est agréable à notre cœur, vénérables frères, de pouvoir vous annoncer que l’archevêque de Palmyre nous a donné telle satisfaction, que nous devons croire que, par la grâce de Dieu, il est revenu sincèrement à de meilleurs desseins. Car nous avons reçu de lui des lettres datées du 1 8 novembre de l’année dernière, telles qu’on devait les attendre d’un homme qui déteste ses torts, désireux de tenir une meilleure conduite à l’avenir, et jaloux de nous prouver constamment par ses actions son adhésion et son obéissance. Ces lettres seront mises sous vos yeux; vous lirez aussi la réponse que nous y avons faite, et dans laquelle nous n'avons pas manqué de lui exposer nos sentiments sans aucune réserve.
D'après cela, ainsi que nous le disions en commençant, nous avons l'intention de nommer aujourd’hui ce même archevêque de Palmyre, notre vénérable frère Joseph de Sylva y Torrès aux fonctions de coadjuteur de notre très-cher fîls le cardinal-archevêque de Braga, en y joignant le droit de succéder à ce dernier en cette même église. Et comme, en formant ce dessein, nous n’avons, certes, rien eu en vue que la plus grande utilité de la religion et le désir d’assurer une carrière plus tranquille et plus heureuse aux missions apostoliques des Indes, nous avons la ferme espérance que, moyennant la bénédiction de Dieu, tel en sera le résultat, et que cela tournera également à l’avantage de l’église de Braga. Nous nous efforcerons d'implorer, à cet effet, l’assistance du Père de toute miséricorde, par Jésus-Christ, son fils, dans toutes nos prières, nos oraisons et nos actions de grâces, et nous demandons aussi à votre piété, vénérables frères, de ne pas cesser de joindre vos ferventes supplications aux nôtres.
EPJSTOI.A JOSEPHI XnCHlEPISCOPt PAIMYRENSIS AD SS. DOMINTI.M KOSTRDM PIÜM PP. IX.
Beatissime pater,
Purissimus affectus, subraissaque non solum observantia, quibus Beatudinis Tuæ sacram personam et islam divi Pétri Sedera, ex meo munere officioque prosequor gratissimo in causa sunt quod vehementer doleo beatitudini tuæ fuisse molesta, et nonnulla quæ evenerunt, dum Goæ arcbiepiscopus essem, et aliquas illius epistolæ sententias, quam duodecimo Kalendas Februarii anteacti anni ad sanctitatem tuam scripsi ; et pastoralem etiam allocutionem, quam sexto nonas Âprilis ipsius anni ibidem edidi.
Quum enim Dei beneficio catholicus sim, et episcopus simul, paternam Tuæ Beatitudinis pietatem obsecro, ut bas præsentes Hueras vuUudigneris excipire benigno, persuasumque habere nullatenus in præcedentibus me potuisse habere conatum, vel actus meæ in Oriente administrationis extra culpam penitus ponendi, velmede ipsis jactandi.
Ex bullarum etiam promulgatione quas memoratæ adjunxi allocutioni minime inferatur, beatissime Pater, in meo animo consilium fuisse insistendi in aliquoerga sanctam Sedem, ejusque décréta oppositionis genere.
nii enim affectu et non ofûcio tantum conjunctus ea in debito semper habebo honore, Tuæque sanctitati spondeo inlimum obsequiuth valdeque submissam ve-
nerationem, atque obedientiam erga sacram supreml ecclesiæ principis personam in meis gerendis te semper spectaturum.
Pro hujus venerationiset obedîentiætestimonio etiam per tuam singularem clementiam hoc mihi detur, Beatissime Pater, ut eam non prætermittam opportunitatem Tibi patefaciendi dolorem, quem verbis satis exequinon possum, quoque ob meum in diocesi Goana acerbum invitumque statum fui extra modum confectus.
Hicverodolor maxime augebatur ob impotcntiam, dequa laborobam, diversis typographicis silentium impcrandi scriptis, quæ longe aberant, ut cliaritatis aC reverentiæ termines custodirent.
Has absolvens litteras, beatissime Pater, Sanctitatem etiam Tuam suppliciter oro leniter clementerque acci-' piendi non solum mea erga Te, qui es in terris Christi Vicarius, omniumque fidelium pastor et magister, catholicæque unitatis centrum, justissimæ adhæsionis canonicæque subjectionis vota, sed etiam ingenuam quorumcumque dictorumvelfactorum retractationem, quibusliuiccatholicædoctrinæ, meoinanimoaltisradicibus defixæ, in quaDeo favente ad ultimum perseverarc spero, refregari potuerim.
Benedictionem tandem efflagitans apostolicam, Bealiludinisque Tuæ âdmodum reverenter osculans pedes, Boum 0. M. pro Tua pretiosissima vita valetudinequé, meum est, semper orabo.
Olissiponc, die décima octava mciisis novcmbris, aiini 1850.
Joseph,
Archiepiscoims Palniyrcusis.
Tr.ADUCIIOS DE U LETTRE DE JOSEPH, ARCHEVÊQUE DE PALMVRE, A S. S. NOTRE SEIGNEUR PIE U.
Très-saint Père.
Le très-pur attachement et le très-profond respect dont je suis pénétré pour la sacrée personne de Votre Béatitude et pour le siège de saint Pierre, ainsi que j’y suis tenu par mon emploi et par les fonctions que je remplis , sont cause de la violente douleur que j’éprouve de ce que Votre Béatitude ait été affligée de plusieurs choses qui sont arrivées tandis que j’étais archevêque de Goa et de quelques-unes des opinions qui se trouvaient, et dans la lettre que j’ai écrite à Votre Sainteté le 12 des calendes de février de l'an dernier, et dans l’allocution pastorale que j'ai publiée le 6 des nones d'avril de la même année.
Étant catholique par la grâce de Dieu et de plus évêque, je conjure la bonté paternelle de Votre Béatitude de daigner recevoir avec bienveillance les présentes lettres, et d’être convaincu que dans les précédentes je n'ai pu avoir en aucune façon le dessein de justifier entièrement les actes de mon administration en Orient, ou de me glorifier de ces actes.
On ne peut nullement conclure, très-saint Père, de la publication des bulles que j’ai jointes à ladite allocution, qu’il y ait eu dans mon cœur l’intention de soulever une opposition quelconque contre le saint-siége et ses décrets.
Car je l'honorerai toujours ainsi que je le dois, non-
seulement à cause de mon emploi, mais encore parce que j’y suis poussé par l’affection, et je promets à Votre Sainteté une soumission complète et une très-humble vénération, et toujours eUe remarquera dans mes actes l’obéissance envers la personne sacrée du chef suprême de l’Église.
QueVotreClémence me permette, très-saint Père, de saisir cette occasion de lui donner un témoignage de ma vénération et de mon obéissance, en lui exposant la douleur dont je fus pénétré à cause de la situation cruelle dans laquelle je me trouvais, contre ma volonté, dans le diocèse de Goa. Je ne saurais assez l'exprimer par mes paroles.
Cette douleur augmentait surtout à cause de l’impuissance dans laquelle je me trouvais d’ordonner le silence à divers écrits qui se publiaient et qui étaient bien éloignés d'observer les limites de la charité et du respect.
En achevant ces lettres, très-saint Père, je supplie humblementVotre Sainteté, qui êtes en terre le vicaire du Christ, le pasteur et le maître de tous les fidèles, et le centre de l’unité catholique, de recevoir non-seulement l’expression de ma très-juste adhésion et de ma soumission canonique, mais encore la rétractation libre de tous les dits et faits par lesquels j'aurais pu m’opposer à la doctrine catholique, Gxée dans mon cœur par de profondes racines, et dans laquelle j’espère persévérer jusqu’à la mort, moyennant l’assistance de Dieu.
Demandant avec instance la bénédiction apostoliijuc et baisant avec respect les pieds de Votre Béatitude, je
prierai toujours, comme je le dois, Dieu tout-puissant
pour votre vie et votre santé"
Lisbonne, le dix-huitième jour de novembre de l’an 1850.
Joseph,
Archevêque de Palmvrc.