A JOSEPH, ARCHEVÊQUE DE PALNTRE
PIE IX, PAPE
Vénérable frère, salut et bénédiction apostolique.
Nous avons reçu vos lettres du 1 8 du mois de novembre dernier , dans lesquelles vous dites que votre pure affection et votre obéissance parfaite envers nous et le siège de Pierre vous font vivement regretter l’affliction que nous.ont causée plusieurs choses qui se sont passées tandis que vous étiez archevêque de Goa, divers passages de la lettre que vous nous avez adressée le 12 des calendes de février de l’année passée 1849, et enfin ^allocution pastorale que vous avez publiée en ce môme Heu le 6 des nones de mars, et non d’avril, ainsique
vous l'avez écrit par erreur. Vous nous suppliez d'étre pereuadé que dans vos précédentes lettres vous n'avez pu avoir en aucune façon le dessein de justifier entièrement les actes de votre administration en Orient, ou de vous en glorifier. Et en même temps vous déclarez qu'en promulgant les bulles que vous avez jointes à l'allocution mentionnée, il n'entrait nullement dans votre pensée de soulever une opposition quelconque contre le saint-siège et ses décrets. Car vous affirmez que vous êtes lié à ce siège par l'affection, et non pas uniquement par vos fonctions, et que toujours vous l’honorerez comme vous le devez ; et vous nous promettez profonde soumission, obéissance et vénération parfaite. En témoignage de cette vénération et de cette obéis- , sance, vous nous exposez la grande douleur, à peine exprimable en paroles, dont vous fûtes pénétré à l'occasion de la situation cruel le en laquelle vous vous trouviez dans le diocèse de Goa, contrairement à votre volonté.
C’est pourquoi aussi vous nous priez humblement de recevoir non-seulement l'expression de votre trèsjuste adhésion et de votre soumission canonique envers nous, qui remplissons ici en terre les fonctions de vicaire du Christ, mais encore la rétraction de toutes les paroles quelconques et de tous les actes par lesquels vous auriez pu être en opposition avec la doctrine catholique, fixée dans votrccœur par de profondes racines et dans laquelle vous espérez persévérer jusqu'à la fin de votre vie, moyennant la grâce de Dieu. Assurément, vénérable frère, ces sentiments de votre àme, qui, nous en avons la confiance, partent d'un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi non feinte,
nous ont été trés-agréables, et adoucissent la trés-amère douleur dont votre précédente conduite nous avait violemment affligés, nous-méine et notre prédécesseur Grégoire XVI, d'heureuse mémoire. Nous sommes donc soutenu par l’espérance] qu’à l’avenir tous vos desseins ^ et toutes vos actions répondront parfaitement à votre' présente déclaration, laquelle convient de tous points à un prélat catholique. Car vous n’ignorez pas, vénérable frère, que l’évéque catholique doit respecter du fond de l’âme, et préférer à toute autre chose, la puissance suprême de ce siège de saint Pierre, d’où sont nées l’unité sacerdotale, l’ordination épiscopale et la direction de . l’Église: et qu’il doit vénérer au plus haut degré et défendre les droits de ce siège, appuyés non sur l’autorité humaine, mais sur l’autorité divine, et adhérer fermement au pontife romain; et que de plus il esttenu de promettre et rendre tout respect et toute obéissance à celui qui, placé sur ce même siège, a reçu de Notre-Seigneur lui-même ; en la personne du bienheureux prince des apôtres, la pleine puissance de paître les agneaux et les brebis, de confirmer ses frères, et de régir et gouverner l’Église universelle qui s’étend au loin. Vous savez parfaitement aussi avec quel soin et quelle étude un évêque catholique doit être occupé à favoriser et garantir de toutes ses forces l’Église catholique et à combattre pour sa défense ; mais 'c’est impossible en dehors du respect et de l’obéissance dus au saint-siège et au pontife romain ; et ceci se discerne principalement en ce que, bien qu’il y ait chez le peuple de Dieu beaucoup de prêtres et de pasteurs, cependant Pierre régit particulièrement tous ceux que le Christ régit principale-
méat. Et vous n'ignorez pas qu’il est indigne, pervers et déplorable au plus haut degré de détourner de cette unité catholique les fidèles et surtout les ecclé siastiques, et qu'on doit improuveret condamner sans ménagement tous ceux qui, opposés à l’unité en quelque manière que ce soit, ne craignent pas d'en détourner aussi les autres par leurs œuvres et leurs exemples.
Mais, tandis que nous vous disons ces choses, vénérable frère, nous avons pleine confiance que, véritablement pénétré de ccs pensées catholiques, ainsi que vous le déclarez nettement dans votre lettre déjà mentionnée, vous n'aurez rien plus à cœur que de nous donner toujours des motifs de grande consolation; que vous mettrez tout en usage pour prouver par vos actes, vos paroles et vos exemples, votre sincère fidélité envers nous et envers le saint-siège; que vous emploierez toutes vos forces en faveur de l’Église catholique, à défendre et à propager sa doctrine, et que vous agirez de telle sorte que tous ceux qui ont eu connaissance de vos faits pendant l'administration du diocèse de Goa et qui en ont éprouvé bea'ucoup d'étonnement et de douleur, déposeront la mauvaise opinion qu'ils ont de vous pour en concevoir et en conserver une bonne. Enfin, pour vous donner un témoignage de notre charité pontificale envers vous, et comme présage de tous les dons célestes, nous vous accordons avec amour, vénérable frère, notre bénédiction apostolique.
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le sixième jour de janvier de l'année i851, de notre pontificat l'an cinquième.
Pie IX, pape.
NfXK r.EI ATIVR A U PUBUCATION DF. I-’aMOC TION DF. S. K. PIE I\ , DU <7 FKVniER 1*31
Ah très-révérend Patrick-Joseph Carew , archevêque d'Êdesse, vicaire apostolique du Bengale occidental (Calcutta).
Très-illustre et très-révérend lord,
Conformément aux injonctions de notre très-saint seigneur le pape Pie IX, nous envoyons ci-inclus à Votre Grandeur l’allocution imprimée de Sa Sainteté, tenue dans un récent consistoire, afin que vous en répandiez la connaissance et que vous la fassiez publier en Orient. D’ailleurs, nous espérons, pleins de confiance, que vous trouverez que le contenu de cette allocution est de la plus haute importance et tel, qu’avec la grâce de Dieu, il contribuera à l’extension de la catholicité dans ces missions, ou aidera grandement à ses progrès futurs. Nous demandons instamment au Tout-Puissant de maintenir Votre Grandeur en bonne santé pendant de longues années.
Rome, maison de la sacrée congrégation de la Propagande, 1*' mars 1851 .
Toujours à votre service.
.I.-Pli., c.ird. Kranzoni, Préf.
A. Rabnabo, Sec.
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