VICARIAT APOSTOLIQUE DE CEYLON
A noire vénérable frère Gaétan Antoine, 0. S. P., évêque d'Vpaula et vicaire apostolique de Ceylon.
PIE IX, PAPE
Vénérable frère, salut et bénédiction a{K)stolique.
Nous savons, vénérable frère, que vous reconnaissez que le siège apostolique a toujours été plein de soin et de sollicitude pour éteindre toute occasion de schisme, car il est certain que vous avez connaissance des preuves qu’en ont données nos prédécesseurs les pontifes romains par les mesures qu’ils ont prises à cet effet. Vous comprenez sans doute aussi la grande importance d'une semblable sollicitude, car vous voyez clairement la gravité des maux qui découlent du schisme.
D’après cela, vous concevez aisément, vénérable frère, que nous ayons été profondément affecté par les dernières nouvelles, qui nous apprennent qu’on a grande raison de craindre que ce mal du schisme, dont nous venons de parler, ne se répande à Ceylon. Car cette calamité arriverait, si quelque clerc ou laïque catholique de cette île se retirait de votre juridiction ou obédience, pour se soumettre soit à l’archevêque de Goa, soit à quelque autre ordinaire ecclésiastique auquel nous n’aurions pas donné les pouvoirs nécessaires.
Et, en effet, il est très-connu que notre prédécesseur
Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, par des lettres apostolique^ du 23 décembre 1836, commençant par les mots : Ex munere pastoralis, a érigé la vaste île de Geylon et ses dépendances en un vicariat apostolique bien réel, après y avoir préalablement aboli la juridiction de l’ordinaire de Gochin ou de toute autre personne, et qu’il y a nommé un vicaire apostolique (dont vous occupez maintenant la place, vénérable frère), lequel dépend du seul siège apostolique. Il est connu également que cette érection du vicariat apostolique de Geylon et le transfert de la juridiction sur toute l’ile au vicariat apostolique ont été confirmés par notre mentionné prédécesseür, en vertu des très-célèbres lettres apostoliques datées du 24 avril 1838, commençant par Multa præclare, et dans lesquelles il déclare que l’archevêque de Goa ne peut exercer à Geylon aucune espèce de juridiction, à quelque titre que ce soit.
Nous vous recommandons donc sérieusement, eü iS’otre-Scigneur, vénérable frère, au nom de votre remarquable amour pour l’unité et la religion catholique, de communiquer ce que nous avons écrit ici à tout le clergé catholique et à tous les fidèles de l’île de Geylon. Car nous avons la confiance que tous les ecclésiastiques et laïques catholiques, ne perdant pas de vue, avec l’assistance de Dieu, les décrets du siège apostolique relatifs au gouvernement spirituel de Geylon, demeureront vis-à-vis de vous dans le respect et la soumission spirituels qui vous sont dus, et qu’ainsi ils délourneront entièrement de cette île tout danger de schisme.
Pour fmir, vénérable frère, nous vous donnons avec toute affection la bénédiction apostolique.
Donné à Sainte-Marie-Majeure, Rome, le treizième jour de mai de l’an du Seigneur 1 848, la seconde année de notre pontificat.
Pie 1\, pape.