VICAR1.\T APOSTOLIQUE DU BENGALE
LETTRE ADRESSÉE PAR S. E. LE CAKDl.VAL PRÉFET DE LA SACREE COSGRÉCATIOS A SA SEIGNEURIE l’aRCIIEVÉQI E d'ÉDESSE, VICAIRE APOSTOLIQUE DU BENGALE OCCIDENTAL.
•iM Irês-reverend Palrick-Joseph Carew, archevêque d'Édesse, vicaire apostolique du Bengale occidental (Calcutta).
Très-illustre et très-révérend seigneur,
Les lettres apostoliques en forme de brefs, données à plusieurs reprises par Grégoire XVI, de sainte mémoire, et par notre très-saint seigneur Pie IX, pape par la divine Providence, et en particulier celle qui commence : Multa prscclare, et une autre lettre postérieurement publiée et envoyée aux vicaires apostoliques respectifs de divers lieux, font clairement reconnaître quelle est l’autorité spirituelle qui doit être considérée comme seule légitime et comme ayant seule pleine juridiction dans les affaires de la religion cathu-
lique en ces mêmes lieux. Cependant, Sa Sainteté est surprise et affligée de voir que bien des gens ne peuvent être amenés à se soumettre à l'autorité légitime et à obéir au saint-siège, tout en se glorifiant d'appartenir à la foi et à l'unité catholiqiies. Notre très-saint seigneur a appris avec peine que ce qui avait eu lieu déjà en différents districts des Indes vient de se passer également dans le vicariat du Bengale, et il a su que quelques personnes ont agi avec tant de perversité, que, non -seulement elles ont osé résister au pouvoir canonique, mais qu’encore elles ont attaqué les vicaires apostoliques devant les tribunaux et leur ont intenté des procès. Par conséquent, afin d’ôter tout prétexte d’excuse à ces hommes turbulents, et pour les ramener à de meilleurs conseils, si c’est possible, je publie, conformément aux ordres de notre très-saint seigneur, et je déclare solennellement par cette lettre, — qui leur sera montrée, ainsi qu’à tous ceux auxquels il sera nécessaire de la faire voir, — que toute autorité, juridiction et pouvoir, dans le vicariat du Bengale oriental, aussi bien que dans l’occidental, sont donnés et conférés par Sa Sainteté à Votre Seigneurie, dans le vicariat occidental, et à l’évêque de Milène, dans l’oriental, de la même manière qu’elles le sont aux vicaires apostoliques dans les autres vicariats légitimement constitués ; de telle sorte que l’entière administration des églises, au spirituel et au temporel, quant à leurs biens et à leurs revenus, vous appartiennent simplement, uni<|uement et exclusivement, à vous et à l’évêque de Milène, cidessus mentionné. Donc, la faculté d’exercer le ministère sacré dans les divers lieux doit être obtenue des
seuls vicaires apostoliques, et, par conséquent tous les prêtres, tant réguliers que séculiers, dépendent nécessairement d’eux pour exercer leur ministère d'une manière valide et légale. Faites-leur savoir que le saintsiège ne reconnaît ni juridiction ni autorité à ceux qui refusent l’obéissance et la soumission aux vicaires apostoliques. Nous vous exhortons à leur apprendre que ceux qui ne sont pas unis au siège apostolique, non-seulement par leurs paroles, mais encore de cœur et d’action, agissent contrairement à l’unité et à la foi de l'Église catholique, que ceux qui n’amassent pas avec elle dispersent, et que quiconque n’adhère pas à l'autorité légitime constituée par le siège apostolique résiste à l’ordonnance divine. Nous espérons, cependant, que ces hommes trompés mettront enfin un terme à ces troubles et à ces dissensions, et que, par des avertissements réitérés, ils seront amenés à travailler avec vous ù la culture de la vigne du Seigneur, en union de charité, et qu’une paix complète sera rendue en ces lieux au corps catholique ; nous implorons cette bénédiction de Dieu tout-puissant et nous lui demandons également de protéger et de bénir Votre Seigneurie pendant de longues années.
Donné à Rome, dans le palais de la sacrée congrégation de Proj«ijfa«daFûie, le trente et unième jour de janvier 1851.
Toujours à votre service.
J. -P., card. Kraszom, préfet.
A. Barkabo, secrétaire.
LETTRE ADRESSéB PAR t’évÊQUE HARTMANN A L*ÉTÈQUE DE' MACAO, APRÈS i’aRRIVÉE de CE DERNIER A BOMBAY, EN FÉVRIER 1853.
Au IrèSf-révérend docteur Jérôme José du Uatta^ évêque
diocésain de Macao.
Monseigneur,
J’ai appris avec Taffliction la plus profonde que Votre Seigneurie, a exercé des actes épiscopaux, et qu'elle a rintenlion de continuer à en exercer pendant son séjour aux îles de Bombay et de Salsette. Votre Seigneurie ne peut ignorer. l’existence du bref apostolique de Grégoire XVI, d’heureuse mémoire, qui commence par les mots Multa præclare, ni celle de l’allocution de Sa sainteté le pape Pie IX, donnée au consistoire secret du 17 février 1851, et qui commence par Inter novos; je m abtiens de faire mention ici de tant d’autres lettres apostoliques concernant la juridiction ecclésiastique dans les domaines temporels de la couronne de Portugal.
Je crois convenable de transmettre à Votre Seigneurie ^ quelques documents relatifs à la juridiction ecclésiastique sur les deux îles de Bombay et Salsette, et desquels il ressort avec, certitude que le vicaire apostolique de Bombay, ou son vice-gérant, a été constitué et confirmé en qualité de seul ordinaire légitime des deux îles par le saint-siège. Je vous envoie donc ces lettres officielles et je prie Votre Seigneurie d’avoir la bonté de me montrer le mandat apostolique . révoquant .expressément
les dispositions apostoliques qui y sont prises, ou y dérogeant, et en vertu duquel Votre Seigneurie est autorisée, par le saint-siège, à exercer des actes de juridiction épiscopale dans les îles mentionnées. Jusqu'à ce que Votre Seigneurie m’ait présenté un semblable mandat apostolique, je protesterai solennellement, publiquement et officiellement, contre tous les actes de juridiction épiscopale qu’elle a exercés ou qu’elle exercera à l'avenir dans les deux îles ; et je référerai immédiatement la chose au saint-siège.
Je conjure Votre Seigneurie, par les entrailles de la miséricorde de Dieu, de ne pas troubler la paix, l'union et l'ordre ecclésiastiques, et de ne pas prendre parti avec ceux qui sont manifestement désobéissants ( manifeste inobedientes). Rome a parlé, la question est décidée, et plût à Dieu que la division fût également finie. Votre Seigneurie se trouvera avant peu, tout aussi bien que moi-même, devant le tribunal de Jésus-Christ, juge sévère et pasteur suprême, qui, donnant à Pierre les clefs du royaume des deux, a dit : « Tout ce que vous délierez sur terre sera délié au ciel, et tout ce que vous lierez sur terre seralié aussiauciel.» Il l’a chargé ' également, en vertu de sa suprême autorité, de paître toutes ses brebis et tous ses agneaux, c’est-à-dire de gouverner tous les pasteurs et tous les fidèles; et cette charge, il l’a donnée non pas à Pierre seul, mais encore à tous ses successeurs les pontifes romains, vis-à-vis desquels nous nous sommes engagés par un serment solennel, lors de notre sainte consécration, à l'obéissance, à observer de tout notre pouvoir les mandats apostoliques et à veiller à ce qu’ils fussent observée par tous.
Je prie Dieu très-ardemment que la division soit écartée, et que tous arrivent à s'en tenir aux mêmes choses et à se soumettre aux mandats et aux ordonnances apostoliques. Que Dieu conserve longtemps Votre Seigneurie en bonheur et en santé.
Donné en notre résidence épiscopale à la chapelle de la bienheureuse Vierge du Carmel ; Bombay, le quatrième jour de février 1853.
Le très-humble serviteur de V. S. en Notre-Seigneur.
AnaSTASE HARTMA^^,
Èvé(|iic de Derbe, vicaire apostolique* de Palna et administrateur apostolique de Bombay.