VICARIAT APOSTOLIQUE DE BO.MBAY
LETTRE DE LA SACRÉE CONGRÉGATION DE U PROPAGANDE AD TRÉS- RÉVÉREND DON PIERRE d’aLCANTARA , ÉVÉQL'E, VICAIRE APOSTO- MOUE DE BOMBAY.
Très-illustre et très-révérend seigneur ,
Votre Seigneurie comprend aisément la peine profonde qu'ont éprouvée la sacrée congrégation et Sa Sainteté elle-même, en recevant la nouvelle certaine que les dissensions, excitées par ceux qui refusent l'obéissance aux vicaires apostoliques établis par le saint-
siège, continuent toujours dans les contrées où vous vous trouvez. Il est connu que cette résistance à l’autorité des vicaires apostoliques ne saurait être excusée. Car le bref de Sa Sainteté le pape Grégoire XVI, promulgué le 24 avril de l’an 1838, et qui commence par les mots : Milita pi'æclare, contient la désapprobation la plus formelle de celte dissension, et montre en même temps avec la dernière évidence que les vicariats apostoliques du Bengale, de Madras et Ceylon, récemment érigés, ont été véritablement établis par le siège apostolique, ainsi que ceux deVérapoly, Bombay, Pondichéry, Ava-Pégu' et du Tibet, car c’est ainsi qu’on le nomme. En outre, il est évident, d’après la teneur de ces mômes lettres, que provisoirement et jusqu’à ce que le siège apostolique en ait autrement ordonné, toutes les contrées qui sont dans les limites du diocèse de Méliapour ou San-Thomé, et qui n’avaient été soumises à aucun vicaire apostolique, ont été commises à la juridiction du vicàire apostolique de Madras ; il l’est également que la même chose a été faite pour les régions qui se trouvaient dans les limites du diocèse de Canamore et Cochin, et qui ont été remises au gouvernement du vicaire apostolique de Yérapoly. Il est signifié aussi dans ces lettres quela contrée de Malacca, au-delà du Gange, qui formait le diocèse de Malacca, devait être soumise au vicaire apostolique d’Ava-Pégu. Finalement, il est décrété dans ces mêmes lettres, de la manière la plus absolue, que les vicaires apostoliques doivent être tenus pourles seuls ordinaires de ces contrées, que chacun est obligé de leur obéir, et d’en recevoir la juridiction et les facultés ecclésiastiques.
Il est facile de comprendre aussi que, lorsqu'on a répandu parmi le peuple que l'on ignorait si le bref apostolique était authentique ou ne l’était pas, c'était un simple prétexte pour fomenter des dissensions. Car ce bref a été envoyé à tous les vicaires apostoliques des Indes orientales par une encyclique de la sacrée congrégation, et il a été publié au nom du saint-siège, de la manière la plus solennelle possible. Il n’y avait aucun motif pour ne pas envoyer ces lettres dans ces pay.s en la manière toujours usitée; car le siège apostolique a dérogé au privilège du patronage, dont les rois trèsfidèles de Portugal jouissaient autrefois dans ces diocèses, ainsi que cela apparaît pleinement par le bref apostolique Multa prxi üire.
Il est donc parfaitement clair que ceux qui continuent à refuser de se soumettre aux vicaires apostoliques ne peuvent articuler aucune excuse plausible de leur conduite; et les choses ont été si loin, que, le 22 avril 1839, la sacrée congrégation a justement déclaré que tous ceux qui refusaient obéissance aux vicaires apostoliques de Madras devaient être considérés comme manifestement désobéissants.
Ceci étant le cas, la sacrée congrégation écrit la présente lettre à YotreSeigneurie, avec l’approbation de Sa Sainteté, et vous charge de la rendre publique, afin que tous ceux, membres du clergé ou laïques, qui jusqu'à présent n’ont point obéi aux vicaires apostoliques, soient avertis de la nécessité de leur rendre obédience comme à leurs ordinaires légitimes. Le siège apostolique espère qu’enfin ils prendront de plus sages conseils et qu’ils détourneront d’eux-mèmes le danger
d’être déclarés schismatiques par le même siège apostolique, et d’encourir les pénalités que le droit canon et les constitutions apostoliques décrètent contre les schismatiques. Nous avons confiance que, se rendant à cet avertissement, ils pourvoiront à leur propre salut et à la paix de l’Église.
Je prie Dieu de maintenir Votre Seigneurie pendant longtemps en santé et bonheur.
Donné à Rome dans le palais de la sacrée Congrégation de Propagande, le 23 janvier 1839.
De Votre Seigneurie le dévoué frère,
J. -P., card. Frabzoni, préfet.
J., archevêque d’Édbsse, secrétaire.