CHAPITRE X
MANIÈRE DONT DOIVENT ÊTRE INTEIU-RÉTÉS LES ARTICLES DES JOURNAUX SCHISMATIQUES CITÉS AU CHAPITRE PRÉCÉDENT
11 a été question ci-dessus de la manière dont les journaux gagnes au parti du schisme avaient rendu compte des ovations faites à l’évêque de Macao; — nous avons parlé également des sentiments de dévouement affectueux que ces mêmes feuilles prêtent aux populations indiennes envers le clergé portugais. 11 importe de rétablir ici la vérité des faits.
D’abord il est à présumer, ainsi que le fait observer un illustre vicaire apostolique, qu’une résidence de vingt ans a mis à même de bien juger de ce qui
se passe aux Indes ; — il est à présumer que les couleurs ont été forcées et les cris de hosanna grossis à plaisir par l’imagination goanaise, assez excentrique de sa nature, et de plus exaltée par l'esprit de chicane et par le regret d’avoir perdu l’autorité ecclésiastique, qui était jadis une source de revenus pour la ville de Goa.
Du reste, ces sortes d’ovations, qui en général prouvent fort peu de chose, ont encore moins de signification dans les Indes que partout ailleurs, car, dans ce pays plus qu’en tout autre, il suffît de quelques chefs, de quelques hommes ayant un peu de pouvoir, pour entraîner toute une population qui crie comme ses meneurs, — sans savoir pourquoi. Cependant les journaux avaient grand soin d’ajouter que la réception enthousiaste faite en divers lieux à l’évêque de Macaft prouvait l’attachement des peuples de rindc pour les prêtres de Goa, leurs premiers apôtres.
Celte assertion est tout simplement un odieux mensonge. Les apôtres des Indes ne furent ni Goanais, ni même tous Portugais.
Nous avons parlé, en commençant cet ouvrage, du triste état dans lequel la religion se trouvait dans la
ville de Goa et dans toute la presqu’île hindoustanique, lors de l’arrivée du véritable et premier apôtre des Indes, de l’Espagnol saint François-Xavier, dans les veines duquel coulait le sang royal de Navarre. — Le père de Nobilis, qui implanta la foi dans le sud de l’Inde, était Romain. Le père Beschi, si célèbre comme orientaliste, était également un étranger ’. Le vénérable Jean de Britto, les deux d’Acosta et quelques autres pères, qui convertirent des milliers d’indiens, étaient Portugais, à la vérité, mais non pas Goanais, et ils appartenaient à la compagnie de Jésus, ce qui équivaut à dire qu’ils n’avaient pas été formés à Goa. Les Jésuites italiens et français furent les principaux apôtres du Coembatour, du Meyssour, du L'arnatic, du Renati, du Gondaviti, etc., etc. Nous nous plaisons cependant à reconnaître que dans ces temps éloignés Goa était une pépinière de prêtres zélés et instruits. Mais alors le clergé de cette ville avait à sa tête des supérieurs, des directeurs et des théologiens d’Europe ; alors aussi Goa comptait dans son sein des hommes honorables, instruits et riches, dont les fils embrassaient
‘ Il était Italien