AMNISTIE ACCORDÉE AUX DÉLITS DE PRESSE. 6Ï
H. Haussmann aurait voulu prendre, plus eucore que 1& créilit de M. de Persigny la fît repousser; M. HaussmaoD^ obligé de rester préfet de ta Seine, dut se contenter de la promesse que lui fit l'Empereur,' et qu'il tenait en ce moment, de rendre sa position indépendante du ministre de PintérieHr.
Le décret du 2à novembre n'avait pas cessé depuis sa publication d'être l'objet des appréciations tes plus diverses. Les uns y voyaient le commencement d'un retour sérieux aux pratiques du r^me parlementaire, les autres une simple manœuvre pour donner le change à l'opinion publique. Le bruit se répandit cependant que l'Empereur, pour douuer la mesure de l'importance des changements apportés dans le caractère et les attributions du Corps législatif, se proposait de le dissoudre et de faire un appel aux électeurs. Ce bruit ne tarda pas à être démenti ; Napoléon III se conlentft d'accorder une amnistie pour les délits de presse.
Les événements extérieurs qui avaient marqué l'année précédente, n'encoinageaient pas les esprits à parlager la confiance témoignée par l'Empereur dans sa réponse au corps diplomatique : expédition de Garibaldi en Sicile, invasion des Itfarcbes par Victor- Emmanuel, rappel de l'ambassadeur impérial près la cour de Turin, la politique de l'Empereur n'avait subi que des écbecs; sa grande création de Villafranca, ta confédération italienne, était détruite. L'Autricbe gardant la Vénétie, la France restant à Rome, faute de savoir comment en sortir, la polilique impériale' ne représentait plus que l'impuissance décorée
conférée! n prélèlde la Seine ptrlei loit, dicreli el rèflemenU; et Im attiint «le cet ordN teront résl6e* el MiuniMt h notre «IkiiiOD cimui» dai» le f*wé par le* mioitirei compétenli.
Il prendra le litre de mititlrt de Pari»,
du nom de principe de non intervention. Les préoccupations politiques, plus vives que profondes en France dans loua les temps, et surtout du temps de l'Empire, Brent bient^M place, heureusement pour Napoléon ni, aux émotions littéraires excitées au plus haut point par la probhaine réception du père Lacordaire à l'Académie. H. Guizot devait répondre au récipiendaire. Un dominictûn reçu académicien par le plus illustre représentant du protestantisme français, cela ajoutait un certain piquant à l'atlrait d'une séance que devaient remplir deux des plus grands orateurs de l'époque, chargés pour ainsi dire de conclure enfin devant l'Académie cette alliance entre la foi et la raison que les plus nobles apôtres de l'une et de l'autre avaient si souvent et si inutilement tentée.
L'Impératrice, qui jusqu'alors n'avait pas montré un goût bien vif pour les séances académiques, voulut assister à celle-ci. Le bureau, composé de HM. Guizot directeur, Villemain secrétaire perpétuel, de Laprade chancelier, vint la recevoir selon le cérémonial accoutumé. L'auditoire regarda la jolie femme avec curiosité, et accueillit l'Impératrice avec froideur.
LepèreÏJicordaire succédait à M. de Tocqueville; il avait dans son prédécesseur un noble modèle d'homme et d'écrivain h prendre. Le célèbre dominicain se tira faiblement de sa tâche. L'analyse du plus important ouvrage de M. de Tocqueville ne fournit au récipiendaire qu'une comparaison déclamatoire entre ta démocratie aux États-Unis, et cette démocratie européenne dont « les disciples, idolâtres de ce D qu'ils appellent l'Ëtat, prennent l'homme dès son berceau » pour l'offrir en holocauste à la toute-puissance publique, » professant que l'enfant, avant d'être la chose de la famille, n est la chose de la cilé, et que la cité, c'est-à-dire le peuple
RÉCEPTION DU PËRE LACOHDAIRE A L'ACADËHIE.
» représenlépar ceux qui le gouvernent, a le droit de for- » nier son ioleliigeiice sur un modèle uniforme et légal; ces » démocrates pensent que la commune, la provlnceet toute B associaiion, même la plusindilférente, dépendent de i'Éfat » et ne peuvent ni agir, ni parler, ni vendre, ni acheler, ni B exister enQn sans l'inlcrvcntion de l'Etat, et dans la me- » sure déterminée par lui. Taisant ainsi delascrvilude civile a la plus absolue, le vestibule et le fondement de ta liberté B politique.» LadémocratiequeIepèreI.acordaire définissait ainsi n'est qu'une sorte de communisme, c'est>à-dire une secte qui ne saurait passer pour la véritable démocratie qu'à l'aide d'une équivoque. Le récipiendaire ne serra pas les choses de plus près dans le reste de son discours : catholique ou protestant, juif ou musulman, il suffisait d'appartenir à l'une des nombreuses religions qui reconuaissent un Dieu unique , pour avouer hautement les idées du père Lacordaire sur la divinité et la nécessité des croyauces religieuses. La partie politique de son discours s^ ressentit un peu de cette tolérance qui touchait au scepticisme. L'illustre orateur, en regrettant la légitimité, déclara que la monarchie de Juillet aurait mérité de réussir; quant à la République, pour rester en paix avec ses souvenirs personnels, il n'en dit pas de mal, mais il termina son discours par un dithyrambe en l'honneur de l'expédition de Rome.
M. Guizot, en s'adressant au récipiendaire, l'appellerait-il «mon père, » ou «monsieur 7 > M. Guizot n'employa que ce deroicr mot, formant un assez singulier contraste avec la rohe du père Lacordaire. La séance ne tint pas tout ce qu'elle promettait. «Le nouvel élu semblait avoir quelque crainte d'être lui-même, et il ne l'a pas été assez. » Cette phrase d'un journal ami do l'orateur résuma fort bien l'im-
TAiiLE DELonn. ni — 5
pression générale. C'était la dernière fois que le père Lacordaire faisait entendre sa voix éloquente à un grand auditoire. Il mourut dix mois après à Sorèze, le 25 novembre, laissant le souvenir d'un puissant orateur, d'un cœur généreux, d'un esprit élevé mais inconséquent, d'une forte imagination mais usée dans la vaine reclierche de ce problème d'alchimie religieuse qui consiste à extraire la liberté du creuset de la théocratie.
Caussidière, ancien préfet de police, membre de la Constituante de I8/18, mourut deux jours après la réception du père Lacordaire à l'Académie. Mêlé à toutes les sociétés politiques secrètes oi^anisées sous le règne de Louis- Philippe, il tenta, en 18/l8, de les neutraliser l'une par l'autre au profit de la République et de la société qu'elles menaçaient ; s'il ne réussit pas toujours dans cette politique si scabreuse qui consiste à faire de Tordre avec le désordre, il préserva du moins pendant un certain temps Parisdé très-grands périls. Caussidière avait repris dans l'exil d'où il rentrait k peine son ancien commerce de commisvoyf^eur en vin. Le gouvernement, craignant une manifestation populaire, ût enlever le corps et changer l'heure du convoi. Quelques amis seulement purent l'accompagner au cimetière.
Le second Empire, comme la Régence, avait fait surgir^ des bas-fonds de l'agiotage, une nouvelle coucbe de financiers cherchant à dissimuler comme leurs prédécesseursde la rue Quincampoix sons un vernis menteur de politesse leur grossièreté native; ces gens usés, quoique jeunesencore, par les hasards d'une vie d'aventures, étalaient sans verfçogne la honte de leurs commencements, afin qu'on pât mesurer la hauteur où ils étaient parvenus à la bassesse de leur point de départ. Insoucieux d'être mal-
LES HRANCIOtS DE SECOND EHPrRB. g?
hoDifëles, à la condition de passer pour habiles, cherchant l'écrit et ne trouvant que le cynisme, leurs bons mots, leurs dtners, leurs bals remplissaient tous les jours les journaux à chroniques; sans amis honorables, ils avaient des asociés haut placés ; tel gentilhomme, (el grand personnage qui ne les eût pas reçus à sa- table, ne dédaignait pas de mettre son nom à côté de leur nom sur des prospectus tirés à des milliers d'exemplaires.
L'un de ces floanciersles plus couous était un juif bordelais nommé Jules Mirés. Le coup d'Ëlat le trouva dans les coulisses de la Bourse, vivotant moitié de courtage, moitié de jeu. Soutenu par l'instinct et le pressentîmeat des grands jours qui allaient nattre pour la spéculation, voyant dans la publicité un levier capable de soulever le monde, il profita de quelques coups heureux à la Bourse pour fonder un journal; il cherchait une enseigne à y mettre. Lamartine était là. Mirés créa pour lui le Conseiller du peuple et le Cimlisateur. Devenu bientôt millionnaire, pressé de s'assurer la tolérance et presque la complicité du gouvernement dans ses Incessantes spéculations, il apprend que ce dernier serait charmé d'avoir un journal qui servit d'interprète voilé à sa pensée, d'avocat discret à ses projets, sans cesser de paraître indépendant et de parler en son. propre nom. Mirés achète le Constitutionnel et l'offre au ministère qui l'accepte; le voilà de. la maison. Les affaires naissent sous ses pas, journaux, emprunts, mines, ports, chemins de fer, il entreprend tout. Un jour il crée tes diemins de fer romains, et reçoit les félicitations des car-r dinaux et du pape; vingt agents de change etécutent ses ordres à la Bourse dont il est l'arbitre ; sénateurs, chambellans, membres de la plus haute noblesse, anciens pré-
SS L'EHNRe.
Tels, figurent dans ses cooseils d'administration. Les actions de ses' plus hasardeuses entreprises industrielles sont ré- ■ cherchées avec un empressement ftïbrtte par le public, surtout par ce public qui, commençant au petit rentier et finissant au concierge, comprend celte masse ignorante, économe, un peu cupide, dont le besoin ordinaire de bien-être était encore surexcité par la vue du luxe déployé autour d'elle.
Mirés avait vu pendant longtemps le succès couronner toutes ses entreprises; les jours difficiles étaient venus. L-aunée 1861 s'annonçait mat au point de vue des iotérëls matériels; la crise des États-Unis menaçait de fermer nn des principauxdéboucbés de la Fabrique française; le coton allait manquer par suite du blocus des ports du Sud; la spéculation à la Bourse faiblissait; le mauvais état des ' affaires rendait le public irritable et soupçonneux. Mirés était à la tète d'un établissement de crédit, la Caisse des chemins de fer, qui recevait en dépôt des valeurs pour les faire fructifier. Le bruit se répandit parmi les dépositaires qu'il avait mis ta main sur cette caisse pour s'en faire des ressources à la Bourse. Une sorte de panique s'empara de Paris tout entier.
La passion du lucre ne souffre guère de rivale dans le cœur de l'homme; Mirés et les financiers fournissaient un aliment à cette passion, le gouvernement leur savait gré de ce service, mais, rempli pour eux dans l'intimité de complaisances secrètes, il affectait de les traiter de haut en public. Les financiers étaient sûrs d'oblênir de lui aujourd'hui tout ce qu'ils voulaient, à la condition de se résigner à être sacrifiés demain si la politique l'exigeait. Mirés fut donc arrêté le 17 février, et la justice mil les scellés sur sa caisse et sur ses livres,
ABRESTATiOM DE HIRDS. Sg
Des doutes s'élevaient uéanmoins sur les conséquences plus ou moins sérieuses de cette arrestation. Le gouvernement, sommé par l'opinion publique de s'expliquer, répondit par l'insertion au Moniteur du rapport de H. Delangie, ministre de la justice, sur l'emprisonnement de Mirés.
• Celte mesure, que réclamaieDl la gravilé des inculpalioDS et l'imjMrlance (les intérêts compromis, a eu un grand reteotissement. Elles élé l'objet de jugements dirers el, comme toujours, en pareil cas, la calomnie s'est efforcée d'en grossir les proportions.
n Oa répand que par des Tails d'une générosité suspecte, Hiris a sa te créer des protecteurs assez puissants pour le soustraire, silos accusations dirigées contre lui se vérifient, aux châtiments de la justice ; que des tiers à qui leur position inleniit non-seulement de touchera des gains qu'on ne peUI avouer, mais de se mËler aux opérations légitimes du commerce et (le l'industrie, te sont clandestinement associés à sa destinée; que le mal est si général, si grand, qu'au risqué de sauver des coupables, le gonvernemeni a résolu d'étonlTer l'affaire, aimant mieux éviter un scandale dont les résultais sont incalculables, que de mettre à nu les plaies qu'a faites la corruption,
> Ces assertions impliquent tellement l'honneur de Injustice et du gouvernement que je crois nécessaire de les signaler immédiatement à t'Empereuf, non que je senle le besoin de défendra la magislralure contre des soupçons de connivence et de faiblesse; la conscience publique désavoue celle injure.
» Tout le monde, en France, amis, ennemis, indifTérenls, tout le monde sait et proclame qu'aucune considératioa ne dtUourne le magistral de son devoir; que devant lui, comme devant la loi, tous les cilojens sont égaux et qu'il exerce avec modération et réserve son redoutable ministère; les coupables jamais n'écliappenl à son action. La magistrature est pénétrée de celle salutaire pensée, que si les nécessités de celle répression sont parfois douloureuses, l'impunité des fautes reconnues est un deshonneur pour la justice, un danger pour la société.
> Mais ce qui ne peut être toléré, c'est qu'on prête à un gouveraemeut honnête le dessein de jeter un voile sur des acies auxquels sont réscrvéesles sévérités de la loi pénaff. Je me bornerai, si l'opinion publique avait besoin d'être rassurée contre de telles suppoiitions, à rappeler en quels termes, au moment où le procès écla'ait, Votre Majesté a tracé la conduite de la magislralure :
Il Je veux que, dans celle irisie affaire, la justice aille jusqu'au fond des » choses, résolument et sans aucune considération personnelle. La ■ soupçon plananl aujourd'hui sur tout le monde, les innocents sont com- » promis dans une accusation générale qui ne désigne pas les coupables. n il est indispensable que le jour se fasse. >
H Sire, les magistrats se conforment h ces intentions. L'initruction se
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fait ivec un soin scrupuleux, avec une patience que ne déconcertent pas les obstacles. Tous les éléments de la comptabilité, tous les papiers sont soumis k un examen sévère. Bien n'échappe aux i ave sii gâtions de la justice ; le jour se fera et si, contre mon attente, les accusalione que l'esprit de parti a soulevées et que propagent l'irréOexion et la malignité ne tombent pas devant les infbrmilioDs commencées, la justice ne manquera pas i sa mission. *
Les suites de cette affaire si féconde en péripéties apparlienneot bien plus à la chronique judiciaire qu'à l'histoire. Il suffit de dire ici que le Tribunal correctionnel de Paris prononça, le 11 juillet 1861, un jugement condamnant Mirés et Solar, son associé, à cinq ans d'emprisonnement. Le Jugement portail que le sénateur Siméon, président du conseil d'administration de la Caisse des chemins de fer, payerait les dépens, comme civilement responsable avec les condamnés. Le baron de Pontalba, le comte de Chassepot, le comte de Porret, membres de ce conseil, furent renvoyés des fins de la plainte. Le jugement du Tribunal correctionnel de Paris fut cassé, le 21 avril, par la Cour de Douai, après vingt audiences. La Cour de cassation, statuant sur le pourvoi formé dans l'intérêt de la loi, cassa l'arrêt de la Cour de Douai.
La sensation produite par l'arrestation du financier Mirés venait à peine de se calmer, lorsque l{i publication d'une brochure : Lelfre sur ^histoire de France adressée au prince Napoléon, fit naître une émotion d'un autre genre.
Le prince Napoléon, dans un ëiscours prononcé le 1" mars au Sénat, avait mêlé des attaques trèsrvives contre les princes de ta maison de Bourbon, et surtout contre les princes d'Orléans, à ses ai^umenls pour justifier la politique de Napoléon UI el de Victor- Emmanuel dans la question de la fondation de l'unité italienne. Quelques mots, prononcés par un des membres
U BROCHURE DU Dl!C D'AUHALE. 71
du Sénat, avaient fourni au prince Napoléon l'occasion de son inconvenante sortie contre des exilés :
0 11 y > quelques paroles dont je liens k remercier M. le séDateor de Heeckeren, ce sont celles par lesquelles il a jastemeot Qétri en membres des familles royales qui, toulaat se faire une situalioD bqofnule, injuste, immorale, trahissent leur drapeau, leur cause et leur |iriace, pour se faire une fallacieuse popularité personnelle.
» II 3 eu parfaitement raison et j'approuve ses paroles. Je ne suis pas élonné que celle observation soit venue à sou esprit en parlant de la famille des Bourbons, car cette famille, partout et toujours, dans tous ks pays où elle a régné, nous a donné ce scandaleux exemple de luttes et de trahisons intérieures. En France, rappelez-vous Pbilippc-Égalilé ; en Espagne, les affaires de Dajonne el Ferdinand VII invoquant le secours de l'étranger contre son père Charles IV, el, en dernier lieu, le comte de Hontemolia luttant coolre la reine d'Espagne, n
Le ministre de l'intérieur avait fait afficher le discours du prince Napoléon dans toutes les communes de France, après l'avoir signalé aux préfets par ta dépêche suivante :
n Un magniGque discours vient d'Être prononcé au Sénat jiar S. A.I. le prince Hapoléon. Il a occupé loule la séance et produit uoe immense seii- «tion. D
Le duc d'Aumale répondit au cousin de l'Empereur par une brochure intitulée : Lettre sw Ihistoire de France flrfresa^c^aw/jnnceA^opo/éon.Hcorameuçaitpar se demander:
f L'exil m'a-t-il fait perdre le droit le plus naturel, le plus sacré de tous, celui de défendre ma famille publiquement outragée, et, avec elle, le passé de la France? Cette attaque injurieuse qu'un pouvoir si fort et qoi TOUS inspire tant de cooGance a endossée, propagée, aflÎLliÉe sur tous les murs, ma réponse peut-elle la suivre et se produire, en se confoL-mant aux lois, sur le sol mlime de ta patrie ? J'en veux faire l'expé' rience; ai elle tourne contre mes vœux, et si, an mépris des plus simples fiolions de la justice et de l'honneur, vous étouffez ma voix en France, dans une cause si légitime, elle aura du moins quelque écho en Europe, el ira. en tout pays, au cœur des honnêtes gens, i
L'auteur de la lettre ne reculait pas devant des représailles justement méritées d'ailleurs contrôles personoes, en soulevant le voile qui couvrait l'histoire de la famille
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72 L'EUfIRE.
Bonaparte pendant le rt'-gne de Louis-Pbilippe ; aussi les révélations suivantes produisirent-elles un très-grand effet :
« Ah ! quand vous pensez h )a nvolution de Février, je conçois voire colère. Si elle cflt éclaté quelques mais plus larJ, elle eùl irouTË voirc père i la Chambre des pairs, pourvu d'une twone dotalioD réversible sur TOire tèle. Auriez-voiu, par hasard, oublié les démarches faites par le roi Jérôme elparvous, leur heureux succès en 4 817, la Tareur qui fut accordée de rcnlfcr en Praoce, d'où 1> lot \ou5 baniiissail, et l'accueil plein de bienveillance qui vous fut fait à Saint-Cloudî Hais, parmi les huissiers qui remptissenl l'antichambre de TEmpcreur, vous pourriei reconnaître celui qui vous introduisit dans le cabinet de l.ouis-Philippe, lorsque vous veniez le remercier de ses bontés et en solliciler de nouvelles. *
■ Ouvrez V Annuaire militaire, regardez la liste des généraux en retraite. Vous y trouverez le nom de l'aide de camp de ce même roi qui, en 4830, fut chaîné de recevoir k Paris la reine Hortcuse et son tlls, aujourd'hui voire cmiicreur. Le roi avait violé la loi en permettant à volrelanled'entrcr eu France et, qui pis psI , il lavait fait à l'insu de ses ministres : c'ett, je crois, le seul acte inconstitutionnel qu'on puisse lui reprocher. Hais il y a dans CL-lte aventure quelques détails qui méritent de vous ilre rapportés.'
D Le leuilemaio du jour où le roi des Français avait donné audience & la reine lloriense, il y avait conseil des ministres, n Quoi de nouveau, » messieurs? dit le roi en s'assejant. — Une nouvelle fort grave. Sire, » reprit le maréchal Soull ; je sais, i'i n'en plus douter, par les rapports 1) de la gt^ndarmeric, que la duchesse de Saint-Leu et son fils ontiravcrsé
> le midi de la France. : Le roi souriait. * Sire, dit alors H. Casimir
> Pc'rier, je puis compléter les renseifinemcnls que le maréchal vient de » vous fournir. Non-seulement la rrinc Hortense a traversé le midi de la * France, mais elle est â Paris : Votre Majesté l'a reçue hier, — Vous n Etes si bien informé, mon cher minisire, reprit le roi, que vouj ne me » laissée pas le temps de vous rien .ipprendre. — Mais moi. Sire, j'ai » quelque chose i vous apprendre. La duchesse de Saint-Leu ne vous
> a-l-elle pns présenté les excuses de sou fils retenu dans sa chambre H par une indisposition? — En effet. — Eh hien! rassurez-vous, il n'est
> pas malade : i l'heure même où Voire Majesté recuvail la mère, le GU » était eu conférence avec les principaux chefs du parti républicain, et
> cherchait avec eui le moyen de renrerscr plus sûrement voire trône. • Louis- Philippe ne tînt pas cotnpie de cet avis; maid, les menées continuant, le ministre, un peu plus indépendant que ceux qui exposent aujourd'hui si clairement aux Chambres les iulenlians de vutre cousin, prit sur lui de mettre un au séjour de la reine Korlense et de son Qls. •
Le passage suivant frappait plus haut que le prince Napoléon :
A mesure que j'écris, vos griefs contre la maison d'Orléans me reviennent i la mémoire. 11 y a une de vos maximes de gouvernement.