‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 15 sur 148 · DISCUSSION DE L'ADRESSE · texte numérisé non relu

DISCUSSION DE L'ADRESSE

par la présence d'une urinée française h Rome, refroiilit l'enthousiasme excité par l'éloge du pape.

Le projet d'adresse de la commission du Sénat n'était i|ue la paraphrase la plus stricte, la plus sèche et la plus |>rosaïque du discoui's de la Couronne. Ce discours demandait an Sénat une discussion approfondie, indépendante de ses actes, des conseils réels, efficaces, de nature à le guider, des lumières et des solutions; le Sénat se contentait delui répondre : «Toutce que vous ferez sera bien. »

M. de laRochcjacquelein ouvrit la discussion générale par un violent discours contre la politique du gouvernement italien, mais l'autoriléde l'homme manquait à la parole de l'orateur. Ilenétaitdemêmedecelui qui lui succéda. M. de Heeckeren exprima les mêmes idées que M. de la Rochejacquelein avec ta même violence. M. Piétri leur répondit sur un ton pareil. Le prince Najwléon prit la parole à son tour pour défendre à la fois son beau-père et l'unité italienne. M. de Heeckeren avait placé dans son discours des allusions contre le princ«, qu'il accusait de suivre dans un intérêt personnel une conduite en opposition avec l'intérêt de l'Empereur et de sa dynastie. Le prince Napoléon, i-épondanl à son adversaire personnel et à ceux de l'Italie, passa en revue dans un discours de plus de deux heures tons les actes de la politique italienne depuis deux ans, et il les justifia tous en mêlant à cette justification des attaques peu convenables dans sa boucbe contre l'Autriche, contre le pape et contre les Bourbons. De telles- attaques appelaient des représailles. Le duc d'Aumale les exerça bientôt dans sa brochure une Leçon ifhistoire de France dont nous avons parlé dans le chapitre précédent. M. Bîllault, obligé de répondre au prince-sénateur, s'efforça surtout de dégager la politique de Nnpol-'on MI de celle de son cousin.

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La discussion des paragraphes de l'adresse commença le II mars. M. de Boissy, qui parla le premier, commença par regretter qu'on n'eAt pas décrété l'admission du public aux séances du Sénat; il demanda ensuite le renvoi du premier paragraphe à la commission et il ne cessa pas de prendre la parole ou plutôt de se livrer, sur chaque ameudement, à un bavardage que tout l'esprit du monde ne pouvait faire passer. Quelques sénateurs timides comme MM. Ferdinand Barrot et de La Grange versèrent dans le sein de leurs collègues l'aveu des craintes que leur iospirerail les concessions du 2à novembre, mais le Sénat, sans les écouler, s'empressa de passera la discussion de l'amendement de MM. Poniatowski, de Saulcy, Lebrun, Mérimée et Dumas, relatif aux encouragements à donner aux œuvres de l'intelligence : « Nous avons confiance que ces encoura- » gements, insufflsants jusqu'à ce jour, deviendront plus B dignes du règne de Votre Majesié et du grand empire Il qu'elle gouverne. »

Il y a trois manières, dit M. Mérimée, d'encourager les gens de lettres et les savants : les pensions, les souscriptions, les missions scientifiquos. Les pensions sont rarement accordées à des gens de lettres mililanrs (grande erreur), elles sont données à de malheureuses veuves, à des6lles infortunées d'hommes de lettres distingués. Le chiffre des pensions lui paraissait insuSisant; quant aux souscriptions, il compara ta dolatipn du musée brilannique, qui est de 250 000 francs pour acquisitions d'imprimés, de 25000 pour reliures et de 50000 pour acquisitions de manuscrits, à c«lle de la bibliothèque îm[)ériale qui avait dépensé, l'année précédente, 25 000 francs pour acheter des imprimée et à peine 15000 pour des reliures.

Le musée de Cluuycréé pour le peuple doit se coiitenler

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