‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 27 sur 148 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'AHRËE 1662

f oiiKiUU. — Réception du jour de l'aa aux Tuîleriea. — Programme Dooncier de N. Foald. — Procéi et airesUlioni. — Société du Prince impérial. — Lettre de l'Empereur sur U qnet^n romaioe. — Voyage de l'Empereur Et de l'Im' pératrice diD* IccoiIredelaFrance. — H. de Horny eilnoaiméduc. — Revirement de U politiqoe impériale dana la qneiiion r<»ntine. — H. Thoureaal donae >a démiition. — U. Droujn de Lbuiis le remplace. — Napoléon Itl et la médiation aux Ëtati-Unis. — Interdiction de* contérencei de la rue de la Paix. — Polémique au aujet du Fils de Giboyer, — Inauguration du boulevard du Prince- Eugène. — H. Budberg, ambassadeur de Rusiie, remet i l'Empereur •e» lettres de crfance. — Ditcoun de l'Empereur. — Souacription en hteur dei ouvriers cotonnier*. — Résurrection du titre de chevalier. — L'adminîatntion et la presse. — Coup d'ffiil rétrospectif sur la preste depuis 1S60 jusqu'eu 18S2. — Expulsion de U. Ganesco, rédacteur-propriétaire du Courrier du dimanche. -^ M. d'HauisontîUe et H. BilUult. — Deilitution de H. Victor de Uprade. — Vente d« la Preste. — Démission des rédacteurt.

Les réceplionsdu 1" janvier 1862 eurent lieu, aux Tuileries, avec le cérémonial accoutumé- L'Empereur répondit an doyen du corps diplomatique : « Je remercie le corps diplomatique des vœux qu'il veut bien m'exprimer. L'année qui vient de s'écouler a été tristement marquée par de nombreuses agitations sur divers points du monde et par des pertes cruelles dans les familles royales.

X J'espère que l'année qui commence sera plus heureuse pour les rois comme pour tes peuples. »

Ces paroles parurent de favorable augure pour le maintien de la paix. La 6u de ta réponse de l'Empereur au président du Sénat : a Je compte sur vous pour m'aider à perfectionner la constitution tout en maintenant intactes les tMises fondamentales sur lesquelles elle repose, » fut également acceptée comme un heureux présage pour le développement de la liberté.

M. Fould publia, le 22 janvier, son programme finau-

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cier sous ta forme d'un rapport adi'essé à l'Empereur. Distinguer les dépenses ordinaires et les dépenses extraordinaires, comprendre ces dernières dans une loi spéciale ouvrant en même temps les ressources destinées à y faire face, puiser dans une augmentation d'impôts les moyens de combler le déficit de 75 millions du budget de 1863; tel était le plan du ministre des finances. M. Fould demandait en outre la création d'un impôt sur les voitures de luxe, l'augmentation de certaines taxes d'enregistrement et de timbre; quant au budget extraordinaire dont la dotation intéressait à un si haut degré les grands travaux publics, il proposait d'y affecter la somme de 130 à lôO millions, produite jusqu'à concurrence de 67 millions par l'émission du solde des obligations Irentenaires créées en 1854, et par une annuité de l'indemnité chinoise; l'établissement d'uee surtaxe temporaire sur ie sel et sur le sucre fournirait le reste de la somme.

1^ chiffre des 'découverts atteignait un milliard. Il était possible, selon M. Fould, de les ramener à des proportions moins considérables sans recourir à un emprunt, en procédant à la conversion facultative de la rente h 1/2 en â pour 100, au moyen d'une combinaison qui laisserait aux mains du Trésor le produit de la soulte formant la différence de valeur entre le capital des deux fonds.

Le succès de cette conversion tenait fort à cœur au gouvernement. Le ministre de l'intérieur adressa donc le 17 février 1862 aux préfets, une circulaire pour les engager à expliquer à leurs administrés les avantages de cette mesure, et à « les faire pénétrer dans l'esprit des masses >! trop souvent victimes dans des circonstances analogues de » l'esprit de parti ou de conseils intéressés » .

Cette opération à peine commencée, le Conseil d'État fut

PROCE$ POLITIQUES. 18}

saisi d'uD projet du loi, aux termes duquel une rente serait inscrite au grand livre de la dette publique et affectée ii récompenser par des pensions ou dotations ies actions d'é- «lat des généraux, officiers et soldats des armées de terro «t de mer et tes services exceptionnels qu'ils auraient rendus ■en temps do guerre. Des décrets impériaux constitueraient, ces pensions et dotations, en détermineraient les condilions de jouissance ci, s'il y avait lieu, de réversibilité.

La France aime, sans 'doute, la gloire militaire, mais «Ile ne pouvait admettre que dans un ensemble de mesures ■destinées à récompenser les services éclatants rendus à l'État, les services rendus par les lettres, les sciences et les arts ne prissent point place à côté des services de guerre. Elle accueillit donc avec méfiance un projet de loi qui mettait ù la disposition de l'Ëlat une sorte de budget supplémentaire dans lequel il pourrait puiser au profit de ses favoris. Or ne s'expliquait guèred'ailleurs la nécessitéd'une itellc mesure, au moment où un guerrier plus ou moins illustre pouvait toucher en même temps les traitements du maréchal, de ministre, de sénateur, de dignilnire de lu couronne, s'élevi^nt au chiffre de plus de 150 000 francs.

Les partis n'avaient pas ces3é, depuis la fondation de l'Empire, d'être, de la part de la police impériale l'objet d'une surveillance incessante, minutieuse, et par cela même touchant au ridicule. M. Ferdinand Taule, étudiant en médecine et rédacteur d'un journal intitulé le Travail, désireux d'en envoyer un exemplaire à M. Ledru-Rollin, à Londres, avait demandé son adresse àM. Martin -Bernard, ■ancien représentant du peuple, qui la lui avait donnée. lis furent traduits tous les deux pour ce fait, le â avril, devant le Tribunal correctionnel, sous la prévention de manœuvres pratiquées à l'étranger dans te but de troubler la

paix publique en France et d'exciter à la haine el au mépris du gouveroemeot de l'Empereur. M. Taide fut condamné à six mois de prison et 200 francs d'amende, l^e Tribunal ncquitta M. Marti n~Bernan). Deux anciens représentants du peuple, MM. Greppo et Miot, également arrêtés un mois après et mis au secret, sortirent de prison sans avoir pu deviner quel motif tes y avait fait mettre.

Le procès des ouvriers typographes, prévenus du délit de coalition, se termina par la condamnation de quatre d'entre eux à dix jours de prison et 16 francs d'amende. 1,'Empereur, sur leur demande, leur fil grâce de la prison.

Le gouvernement avait à cette époque déclaré aux sociétés religieuses de bienfaisance une guerre dont on trouvera le récit dans un des chapitres suivants, et qui avait pour but d'user de leur influence à son profit ou de les remplacer par des institutions créées par lui. Le refus formel opposé par les conréreoces de la Société de Saint-Vincent de Paul à la proposition d'accepter un directeur suprême de la main du gouvernement, lui fournit l'occasion qu'il cherchait d'opposer ^à la Société récalcitrante la Société du Prince impérial ou des prêts de T enfance au ti-avail, créée sous le patronage de l'impératrice sur le modèle exact de la Société de Saint-Vincent de Paul, dont il demandait lui-même à modifier l'organisation comme contraire à la loi. Les journaux prirent une part très-vive à la lutte engagée entre le gouvernement et la Société de Saint-Vincent de Paul; la curiosité publique, aussi prompte à s'éveiller qu'à se lasser, finit par trouver qu'elle se prolongeait trop. La publication d'une de ces lettres que l'Empereur lançait de temps en temps comme des coups de foudre la détourna d'ailleurs sur un autre sujet. Celte lettre, adressée à M. Thouvenel, ministre des affaires étrangères, parut dans

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