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LE PROCfeS DE ftlOU. 311
ordres de TEmpereur, décidera d'après quels principes et sur quelles bases aura lieu l'orgauisatioD de cette représeatalioQ centrale. Les réuuions de tout conseil supérieur central ou provincial étaient interdites jusque-là.
Organiser la représentation centrale de la Société de Soint-Vinceot de Paul, c'était s'emparer de la direction de la société elle-même. Les membres du comité supérieur et les journaux religieux ne s'y trompèrent pas et Srent entendre les protestations les plus vives.
M. de la Rocfaejacquelein voulut s'interposer entre les deux partis, mais sous le voile de la conciliation il cachait une proposition dont l'adoption eût été ta consécration des projets d'envahissement du gouvernement : il aurait voulu que l'Empereur se déclarât « protecteur » de toutes les soaétés de bienfaisance. Le projet du gouvernement, beaucoup plus simple, consistait à s'attribuer le droit de désigner le président de la Société de Saint-Vincent de Paul.
Deux procès où l'intérêt religieux était en jeu éclatèrent au moment le plus vif de cette discussion, dont on lira bientôt le dénoùment. Le Tribunal correctionnel de Laval condamna Louis Gicquet, le prétendu mort de CastelBdardo dont l'évèquede Poitiers avait si éloqueoiment célébré te dévouement et ta 6n héroïque, à quinze mois de prison pour diverses escroqueries. Le ministère public opposa sa biographie véritable à son oraison funèbre avec une malice préméditée qui ne dut point échapper à Mgr Pie. L'autre procès, d'une nature plus grave, fut jugé devant les assises de la Cour de Riom, et ranima les alarmes sur les dangers du prosélytisme religieux.
Il s'agissait encore d'une jeune juive orpheline qui refusait de se rendre auprès de ses parents, encouragée dans
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sa résistance par des amis à qui ils l'avaient cpnGée, et qui, entlamniés du désir de la convertir au catboliclsine, lui procurèrent un lieu de reruge au couvent des carmélites de Riom. Ix dépôt était dangereux à garder. La sousprieure des carmélites avait sa mère à Tours (Puy-de- Dôme) ; elle lui adressa Torpheline velue en veuve, la chai^eant de la garder chez elle jusqu'à ce qu'on lui eût trouvé un autre asile chez les dames de Bon-Secours à Riom, où on lui accorda l'hospitalité comme à une jeune 611e malade et abandonnée par ses parents. Elle était déguisée cette fois en bergère.
Les parents de la juive se livraient cependant à d'activés recherches, et pour les déjouer, les convertisseurs avaient recours à des manœuvres auxquelles se trouvaient encore mêlés plusieurs ecclésiastiques. Des lettres mises à la poste pardes complices dans des localités diverses, pendant que ta néophyte était a Riom, servaient k dépister les parents. La justice, saisie de leurs plaintes; fit enGn commencer les perquisitions : le couvent de Bon-Secours fut fouillé, mais inutilement, la juive était cachée dans un placard. Les recherches pouvaient se renouveler, la supérieure ne voulant pas garder plus longtemps une hôtesse dangereuse ; celle-ci court de cachette eu cachette, déguisée tantôt en vieille, tantôt en homme un cigare à .la bouche, jusqu'à ce qu'elle trouve un refuge chez une carmélite du tiers-ordre. Là elle écrit sous sa dictée une lettre au procureur impérial, pour lui déclarer sa résolution irrévocable de se faire chrétienne et de ne plus revoir des parents qui, « après l'avoir abandonnée, la réservaient à la prostitution ».
Une dame d'origine anglaise, connue par sa piété et par sa fortune considérable, consentit à se charger de l'orpheline ; elle la mit au couvent de Combronde sous un faux