‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 38 sur 148 · A,ooglc · texte numérisé non relu

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L'EMPIRE ET L'EGLISE. 2St

tendresse à celte sorte de prêtres; l'abbé Maret, doyen de la Faculté de théologie et gallican, avait été nommé évêque de Vannes; Rome éleva tant de difficultés pour confirmer cette nomination, à cause des opinions de M. Maret sur le pouvoir temporel, et surtout parce qu'il passai! pour un ciinseiller de la politique religieuse du gouvenieraenl, qu'il dut se contenter d'un évécbé in parlibvs; c'est tout ce que le gouvernement put obtenir pour lui, Rome cependant se montrait quelquefois moins sévère ou plus facile à tromper, si l'on en juge par ce passage d'une lettre (le l'évêque de Saint-Brieuc à l'Empereur, pour le^ remercier de sa nomination : <> Les exagérations d'ui^ » parti extrême, qui n'a jamais compris ni la France ni 1% » religion, ont fait un mal profond en divisant les esprits » et en pervertissant la notion des rapports de l'Église et » de l'Étal, lels que nos grands évoques les ont toujours. » compris, a Le prélat heureusement « avait foi depuis- » longtemps en la mission providentielle de l'Empereur, » qui a produit de si grandes choses et qui en prépare » de non moins grandes pour l'avenir » .

L'Empire et l'Église malgré tout vivaient extérieurement en bonne intelligence. C'est à peine si les rapports delagendarmeriesignalaienlquelques propos hostiles et malsonnants tenus par des prêtres en chaire, quelques Dominesalvum fac imperatorem oubliés, quelques hs en papier blanc glissés parmi les tlenrs ornant les repoï^oirs des processions ou les autels des chapelles de séminaire. Les petits désagréments que cel état de choses pouvait causer au gouvernement étaient bien compensés par l'avaniagequ'il retirait de la division entretenue parmi les amis de la . liberté en France par la question romaine. Le gouvernement, trop maître du clergé pour en craindre quelque-

cfaosede sérieux, profitait d'une situation qui rendait impossible l'alliance entre les partis libéraux dans le présent et difficile dans l'ûTcnir. La question du pouvoir temporel, visiblemeiil insoluble dans les circonstances présentes, prolongeait l'existence de l'empire en détournant de la revendication de la liberté les esprits passionnés pour ou contre le maintien d'uu pouvoir cc>nlraire aux principes de 89, et par cela même condamné ù périr dans un avenir plus ou moins prochain.

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