A,ooglc
PRISE DD rOBT DE U RIVE DROITE. 7
parlèrent de nouveau de négociations, de lettres écrites à Pé-king, de réponses à recevoir, etc. L'autorisation d'enlper dans le Pé-ho serait accordée si Ton suspendait les hostilités. On leur répondit en leur donnant une benre pour rendre le fort. Les Français, l'heure expirée, s'avancent au pas de course sur la position, qui d'un moment à l'autre pouvait les foudroyer; Tinfanlerie de marine franchit te premier fossé, l'infanterie de ligne le passe à quatre pattes sur une échelle tendue horizontalement; le second fossé est^çalement franchi ; on est devant le troisième et dernier fossé. Les soldais, au moment de le sauter, aperçoivent entre les créneaux les baïonnettes de l'infanterie de marine qui a pénétré dans le fort par les passages ouverts sur te Qeuve. Ils essayent d'abaisser le pont-levis, mais il est impossible d'en ouvrir la porte ; ils se hissent par des cordages que leur tendent leurs camarades, et derrière les remparts ils trouvent quatre mille Tàrlares qui leur demandent la vie à genoux.
Les Iroupes alliées avaient sans doute fait preuve d'un grand court^e en se lançant sur les forts, et ce n'est pas leur faute si elles n'avaient pas trouvé une résistance plus acharnée; mais si de tels exploits donnent lieu à des bulletins pompeux, où l'on voit Ggurer cinq forts, deux camps retranchés, cinq cent dix-huit canons pris, deux ou trots mille ennemis tués, quatre mille prisonniers, il faut songer que quarante hommes seulement ont été tués du côté des vainqueurs, et mesurer la valeur des résultats au chiffre de ces pertes.
Quel effet avait produit la prise du deuxième fort sur Iti gouverneur du Pé-lchi-li î Des oflSciers lui furent déiiêchés avec mission d'exiger l'abandon de toutes les défenses du Pé-ho. Ces officiers en se rendant à Si-kon où ils devaient
rencontrer le gouverneur, essayèrent vainement d'intimider le mandarin tarlare qui commandait le grand Tort de la rive droite. Ils furent plus heureux auprès de son supérieur <|ui, après un long débat, consentit à la remise des forint et des camps de la rivedroiteavecleurscanons et munitions de guerre, et k l'envoi d'officiers tartares pour indiquer l'emplacement des mines, et pour fournir tous les renseignements sur les barrages du Pé-bo. Ces conditions furent signées dans la nuit du 22, et le matin les flotilles entrèrent dans le Pé-bo, portant 2000 hommes à Tien-tsin où ils s'établirent le 26, les Français sur la rive droite et les Anglais sur la rive gauche du fleuve.
Tien-tsin est le point où le grand caual conduisant à Pé-king se réunit au Pé-ho. C'est une ville forliûée, centre d'un immense commerce d'entrepôt, et entrepôt général de sel. Un mandarin de première classe à globule rouge, se disant plénipotentiaire de l'empereur de la Chine, arriva le 51 août à Tieu-tsiu. Les ambassadeurs alliés engagèrent aussitôt avec lui des pourparlers qui aboutirent à la signature de préliminaires de paix. Les ambassadeurs songeaient déjà h former l'escorte qui devait les accompagner à Pékingoîi aurait lieu l'échange des ratifications du traité. Des écharpes bleu de ciel, des cravates, des burnous écarlates furent même distribués aux chasseurs d'Afrique et aux spahis qui s'apprètaientàparader dans les rues de Pé-king, lorsqu'on apprit que le plénipotentiaire chinois avait disparu. Ces négociations n'étaient qu'une ruse de guerre, pour donner au général en chef, San-ko-li-tsin, le temps d'oi^^iser la défense du pays.
L'approche de l'hiver commandait aux alliés d'agir promptement. Les généraux se décidèrent à marcher sur Pé-king. ijË trajet était long, le pays inconnu, les appro-
ARRIYÉE DE NOUVEAUX PLÉNIFOTEHTIAIRES CBISOIS. 9
TisioDnements difBeiles à réunir et à transporter par terre ainsi que les soldats malades ou éclopés. L'armée partit sur trois colonnes échelonnées à un jour de distance l'une de l'autre; la première avec le général Grantetlord Elgin, la seconde avec le général de Montauban elle baron Gros. La première colonne partit le 9 septembre.
La colonne française établit son premier bivouac au village de Pou-kao après 17 kilomètres de marche. On s'aperçut là que les Chinois requis à Tien-lsin s'étaient sauvés avec leurs attelages. Impossible d'aller plus loin. Le canal impérial put heureusement être utilisé grâces aux pontonniers. Les malades retournèrent à Tien-tsin dans les jonques qui devaient ramener les provisions et lesmunitions, pendant qu'une autre escadrille de jonques chargées de bagages et de vivres suivrait la marche des troupes. L'armée apprit, au moment de se remettre en route, que le prince Tsai\ membre de la famille impériale, et le ministre de la guerre Khou se rendaient au devant des alliés. Elle les rencontra eu efiet le 1& septembre à Rho-se-wou.
La leçon qu'ils venaient de recevoir n'empêcha pas pourtant les ambasadeurs alliés d'entrer en pourparlers avec ces prétendus plénipotentiaires sans même demander à examiner leurs pouvoirs. Il fut convenu entre eux qu'une dernière entrevue aurait lieu à Toung-cbao, ville à deux lieues de laquelle les alliés pourraient approcher.
Les Chinois ne cherchaient encore qu'à gagner du temps. Les approvisionnements abondants jusqu'à ce jour devenaient de plus en plus rares. Deux interprètes anglais envoyés à Toung-chao pour acheter des denrées trouvèrent chez les Chinois une mauvaise volonté inaccoutumée. Divers endroits sur la route portaient des traces récentes de campements de cavalerie. Un messager n'en partit pas moins
pour prévenir le général Collineau resté à Tien-tsin d'accourir au plus vite s'il voulait assister à l'entrée d'hooneur qu'on devait faire à Pé-king.
Les alliés se dirigèrent le 17 sur Touug-chao avec une telle confiance qu'un certain nombre d'officiers, auxquels se joignirent quelques personnes qui suivaient l'expédition (1), se lancèrent en avant poar préparer les approvisionnements des deux armées et pour voir le pays. L'armée s'arrêta à onze heures et demie du matin à Ma-lao, village abandonné, et offrant les tracœ encore fraîches d'un grand bivouac de cavalerie. On n'y prit pas garde. Les alliés, le lendemain à siï heures du matin, quittent Ma-lao. Au bout d'une heure de marche, quatre mandarins, dont un à globule bleu d'un rang supérieur, se présentent soidisant pour régler la question des vivres à fournir aux alliés. Une conférence s'établit en plein air, pendant laquelle la présence d'une force lartare fut signalée.
Le capitaine d'état-major Chanoine, qui venait de quitter la petite troupe chargée de réunir les approvisionnements^ accourut sur ces entrefaites pour prévenir les alliés que l'armée chinoise tout entière était échelonnée entre le point où ils se trouvaient et Toung-cbao. Les Chinois voulaient s'opposer à son passage, mais les mandarins, connaissant la mission pacifique qu'ils venaient de remplir, avaient fait respecter sa liberté. Un officier d'administration arrivé presque en même temps annonça que les alliés avaient devant eui plus de 1 5 000 cavaliers el
(1) Bawlej, correspondant du Times; de Bailard, tecrétaira d'ambatiade; d'EacajTSc de Lauture ; Walker, lieutenant-coloRsl chef d'étal-miiior de la cavalerie; Ajidenon, Heotenaul de dragons, avec un dragon et dix -neuf caTalien indiens; Parker et Locke, interprètes de l'amliaisade ; Norman, allachf à lalègatinideSlungBÏ; FouHondeGnindchampa, colonel d'arlilterie; Chanoine, capitaine d'état-major ; Caïd Osman, sous -lieu tenant de spahis; Dubul, sous -intendant militaire ; Oder et Gagey, complables. Chaque officier avait son ordonnance.
|.,....A,OOglC
COMBAT DE TOUKG-CBÀO. It
une grande quanlilé de fantassins armés de mousquels donl la mècbe était allumée. La simple prudence ordonnait de retenir tout de suite les mandarins en otages, mais quand on y songea les rusés Chinois avaient pris les devants. Il était huit heures du matin. Attaquerait-on tout de suite? Le général Montaaban était de cet avis, le général Grant se prononçait dans un sens contraire, dans la crainte d'exposer la vie des officiers partis pour Tang-chao. L'arrivée du lieutenant-colonel Walker et de cinq cavaliers, qui, à travers une vive fusillade de l'ennemi, accouraient versl'armée anglaise, décida la question; le combat s'engagea pour finir au bout de deux heures par la défaite complète de 50 000 Tarlares. Les alliés n'éprouvèrent que des pertes insigniBantea.
}£ sort des officiers partis en éclaireurs donnait toujours de vives inquiétudes; s'ils étaient prisonniers le résultat de la bataille engagerait sans doute l'ennemi à les mettre en Uberté, mais un interprète anglais envoyé pour les réclamer n'obtint qu'un refus. Les Chinois n'avaient rien perdu de leur conSance; pleins de mépris pour leur infanterie à la^quelle les alliés avaient eu affaire jusqu'ici, ils comptaient, pour les exterminer, sur la cavalerie tartare placée sous les ordres de l'invincible San-ko-Ii-tsing, qui, dégradé pour la reddition des'forts du Pé-bo, commandait l'armée sous le nom d'emprunt de Sen-wang.
Les alliés étaient le 21 septembre devant Toung-chao, donl les vastes faubourgs sont couverts par deux canaux, celui du Pé-ho et celui de Pé-king que l'on passe sur deux ponisdont l'un pour les piétons seulement; l'autre, d'une plus grande largeur, appelé Pa-li-kao, avec ses garde-fous ornés de statues de marbre d'animaux placés sur des piedsdrwls présente un aspect assez imposant. La route de
Toung-chao à Pé-kiDfç, dallée en énormes blocs de pierre, se relie au pont de Pa-li-kao. La cavalerie tartare campait échelonnée le long du canal du Pë-ho depuis Toungcbao jusqu'en face du pont à piétons: un corpsd'infaDterie avecdu canon occupait le village de Oua-kaua-yé, qui, situé au milieu et un peu en avant de ces camps, formait une position très-propre en cas d'échec à faciliter la retraite de la cavalerie. Les alliés, saos guides, ignoraient ces dispositions, et marchaient au hasard, les Français vers le pont de Pa-li-kao, les Anglais, reliés h la gauche des Français, vers l'autre pont.
La droite de l'armée alliée, tenue par les Français, aperçut bientôt la cavalerie lariare formant un immense demi-cercle et masquant ses manœuvres derrière de nombreux bouquets d'arbres. Les généraux en chef, comprenant la nécessité de rétrécir leur ligue de bataille, envoyèrent des renforts au général Collineau pour lui permettre de communiquer plus facilement avec les Anglais en* obliquant à gauche. Le général Montauban et le général Janiin gardèrent le reste des forces. Les deux colonnes françaises se trouvèrent bientôt au centre du demi-c«rcle formé par la UgneenDemie,avec une assez grande séparation entre elles.
Les Tartares firent aussitôt converger vers leur centre menacé les masses de cavalerie formant leurs ailes. Ce mouvement, opéré derrière la ligne de bataille, produisit l'effet d'une retraite à la droite et à l'extrême droite des alliés ; mais bientôt ils virent deux niasses de cavalerie fondre sur eux au galop. La gauche reçut les Tartares k la pointe de la baïonnette ; rien n'était prêt à la droite. Les tirailleurs eurent à peine le temps de se replier, et le 1 01" régiment de se former en carré. Les Tartares, accueillis par nue vive fusillade, hésitent et se retirent au pas de leurs
D.|-;.::,t-ïC")O^IC