‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 40 sur 148 · LA. QUESTIO» ROMAINE AU SÉNAT · texte numérisé non relu

LA. QUESTIO» ROMAINE AU SÉNAT

ameHdée dans ud sens nettement favorable au' pouvoir pontiGcal. M. Bonjean prononça un savant discours bistorique et théologique sur l'origine du pouvoir temporel, qui n'avait jamais été, selon lui, pour la papauléqu'une entrave, dont elle devrait se délivrer dans l'intérêt de son indépendance spirituelle. M. de la Guéronnière prit la parole après M. Bonjean et témoigna une amère tristesse de voir qu'aux partisans du pouvoir lemporel on dit toujotirs : «Vous êtes des réactionnaires » , et qu'on répèle sans cesse à ceux qui croient que l'autorité politique du Saint-Siège doit accepter les transformations imposées par les circonstances et le progrès des idées : « Vous êles des révolutionnaires. » 11 venait donc s'interposer « entre ces deux intolérances, ■ entre ces passions extrêmes au sein desquelles s'agile ce ■> grand intérêt contenu seulement dans sa vérité, dans sa » mesure exacte, par la politique si sage, si modérée de » l'Empereur, v

Ce discours se terminait par une espèce de dithyrambe en l'honneur de l'Empire, de l'Empereur, el môme du prince Napoléon qui, « par sa parole entraînante, persoa- » sive, détermina l'empereur François-Joseph à accepter les » conditions de paix qui étaient le triomphe de notre modé- » ration ». Le prince se plaignit que l'orateur le plaçât dans une position difficile el déclara qu'il n'avait fait qu'exécuter les ordres de l'Empereur. — «Non, Monseigneur, lui ré- » pondit courageusement M. de la Guéronnière, je oe crois » pas avoir placé Voire Altesse dans une situation difficile, » mais dans la meilleure des situations, en rappelant un » fait historique auquel son nom est si noblement associé. »

!.£ prince Napoléon prit la parole dans la séance du 1" mars, où il fil un long exposé des abus de la cour et de la politique romaines à l'aide des dépèches des ambas-

sateurs de l'ancien régime, do l'Empire, de la Resiauralion et de la monarchie de Juillel. 11 conclut en demandant le dépari des troupes françaises et la fin d'un statu qm intolérable pour l'Italie, pour la France et pour l'Europe.

M. Billault donna une nouvelle édition de son discours de l'année précédente : « L'Empereur ne veut pas livrer les » provinces pontificales à la réaction, ni le pape à la révo- » lution; il veut une transaction, il veut que les faits agis- » sent sur la raison de tous, de façon à amener l'Italie, la » France et l'Europe à comprendre toutes les nécessités. »

La question mexicaine se posa pour la première fois devant le Sénat dans la séance du 27 février, àl'occasion du neuvième paragraphe, et elle ne donna lieu d'ailleurs qu'à cette simple question de M. de Boissy : La commission dit : « Puisse l'expédition concertée avec l'Espi^ne et l'Ângle-

» terre être poursuivie énergiquement » A-l-elle voulu

exprimer un vœu qui laisse une place au doute, ou entendelle l'énoncer dans le sens d'une affirmation? La demande de M. de Boissy était justifiée par la contradiction existant entre les dépêches officielles et les débats du parlement britannique. Les dépèches déclaraient que les trois puissances devront s'entendre sur la conduite de l'expédition, sur ce qui se fera dans le présent et dans l'avenir, taudis que le ministère anglais avait répondu aux interpellations d 'un membre de la Chambre des communes, que les troupes britanniques n'avaient pris ni lentes ni bagages, parce qu'elles ne devaient pas s'enfoncer dans les terres et que leur départ était fixé avant la mauvaise saison. S'il en était ainsi, que devenait la convention du 31 octobre 1861? M. Billault refusa de répondre, quoiqu'il sût bien que la convention n'exbtait déjà plus.

L'adresse fut votée Is 3 mars, à la majorité de cent

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