‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 43 sur 148 · A,ooglc · texte numérisé non relu

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DISCUSSION DES rABAGRAPHES. 35S

dément suivant, qui est presque un programnie, uu premier paragraphe de l'adresse : « La confiance publique ne » peut renu]tru que par un retour sincère an régime ■ de la liherlé- La presse doit cesser d'être un monopole

• soumis à une censure occulte qui altère les nianifesn talions de l'opinion publique. Le jury, seule juridicn tion compétente en nialièro politique, doit connaître

• des délits de presse et les juger publiquement. Des

• élections faites par les électeurs et non par des préfets, B avec le droit de réunion et avec des chances égales » de publicité et de proteclion pour la liberté de tous; lo n pouvoir municipal émanant de la commune et non du K gouvernemeut, de telle sorte que l'intérêt public ne soit

> plus subordonné aux exigences de la politique; la liberté » iudividuelle garantie par un ensemble de mesures dout » la première doit être l'abrogation de la loi de siketé gêné » raie ; telles sont les principales conditions d'un système » politique qui s'autorise des principes de 1789; telle est T la réforme qu'exigent impérieusement l'intérêt moral du

> pays, sa dignité, le développement de son activité et de » sa richesse, et qui ne peut être ajournée sans que la

> France soit placée dans un état d'infériorité vis-à-vis des » autres nations. »

M. Ernest Picard et M. Jules Favre soutinrent l'amendement avec une énergie qui provoqua de la part de M. Barocbe, président du Conseil d'État, des répliques non moins vives. \a lutte s'était engagée sur le même terrain que les années précédentes; il s'agissait toujours, d'un côté, d'attaquer le caractère anormal des lois nées du coup d'Ëtat du 2 décembre, et de l'autre, de les justifier et de les défendre. Les orateurs de l'opposition ne pouvaient se flatter de l'espoir d'agir sur les députés de la majorité, mais le si-

lence dans lequel ces derniers se renfermaient n'avait rien de bien honorable. Le nombre des partisans du gouvernement était bien plus considérable au Corps législatif qu'en aucun temps et en aucune assemblée, et pourtant des raDgs si serrés de la majorité, pas une voix ne s'élevait pour défendre la politique du gouvernement et pour venir en aide aux orateurs officiels. M. Roques-Salvaza adjura ses collègues de défendre l'adresse, qui était l'œuvre de la commission et par conséquent de la majorité elle-même. Cet appel généi-cux resta vain. Le poids de la discussion continua comme par le passé à retomber tout entier sur les orateurs du gouvernement.

L'opposition avait déposé un amendement relatif à la politique étrangère dont la question italienne fît presque tous les frais. M. Jules Favre démontra que la politique de conciliation annoncée par l'Empereur et approuvée par l'adresse, n'étaitqu'une chimère. M. Jérôme David répondit que c'était en revenant aux stipulations de Villafranca que l'Ilalie permettrait au pape d'opérer dans ses Ëtals les réformes qui rendaient possible le départ des troupes françaises de Rome. M. Keller accusa l'amendement de l'opposition de n'être qu'un produit de l'esprit révolutionnaire ; le gouvernement et le Corps législatif ne voulant pas que l'armée quitte Rome, pourquoi, demanda-t-il au gouvernement, attaquez-vous sans cesse par une contradiction flagrante la politique du Saint-Siège? S'agit-il d'appuyer un nouveau projet de transaction dont le rejet aurait. pour effet l'évacuation ; ou bien , quoi qu'il arrrive, maintlendrezvous toujours au pape Rome et le patrimoine de saint Pierre? La réponse de M. Rillault était prévue : « Il s'agit » d'opérer sur l'échiquier des iutérèts humains, il ne s'agit » pas d'une question de foi et de dogme, mais d'une ques-

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