M. BILLAULT DEFEND LE STATU QUO A ROME
« lion purement pcUlique et du domaine temporel. Eh » bien ! sur cet échiquier où l'on s'engajçe, il faut savoir » garder sa situation. Le gouvernement ne livre pas la » sienne, il la garde. »
Le gouvernement n'avait jamais marqué aussi nettement la séparation entre l'intérôl religieux et l'intérêt politique, ni avoué aussi franchement la violation du principe de non -intervention. « Le seul droit qui envers nous pourrait « être invoqué, » dit M. Billault, « ce serait le droit des u populations romaines. Nous admettons en effet que les » populations sont maltresses d'elles-mêmes. Le principe de » la souveraineté dii peuple est la base de notre droit pu-, » blic... Je reconnais que chez les Romains, ce droit est » suspendu ; que nous méconnaissons chez eux le principe » qui nous régit en France ; mais il est malheureusement "parfois des circonstances exceptionnellesoù des intérêts » d'un ordre supérieur commandent ces sacrilices inonien- « lanés de la hberté populaire ». M, Jules Favre s'empressa de constater que M. le ministre était contraint de déclarer que la France ne restait à Rome qu'en vertu de la .suppression momentanée d'un des plus grands principes dit droit public; M. Billault en faisait l'aveu, mais il s'excusait en ajoutant que l'armée française ne pouvait quitter Rome sans la livrer à la révolution ou à une autre puis- .sjince protectrice, et que le gouvernement n'y consentirait jamais. A ces mots la majorité couvrit de ses applaudissements l'orateur officiel, qui se retournant vers M. Keller, reprocha vertement aux catholiques de pousser le pape à résister aux conseils d'un gouvernement qui le soutenait depuis quinze ans, et de rendre toute conciliation impossible, il comptait à l'avenir sur une meilleure conduite des catholiques et sur la Providence « pour placer sur une base
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désormais inébranlable la liberté du Saiiit-Père el l'indépendance de l'Italie » . C'était encor« le statu quo.
La séance du 13 fut consacrée à la discussion du paragraphe sur la guerre d'Amérique et sur les affaires du Mexique. L'opposition proposa d'ajouter à ce paragraphe l'article additionnel suivant : « Nous faisons des vœux pour u que le grand principe de l'abolition de l'esclavage sorte a victorieux de la lutte dont il est la cause. » M. BillauU repoussa cet article, sous prétexte qu'il engageait le gouvernciuent dans la voie de l'intervention dans les affaires intérieures d'un gouvernement étranger.
M. Jules Favre mit à nu les inconvénients, les dangers et même les impossibilités du plan d'invasion et de réorganisation du Mexique, prêté au gouvernement et faiblement répudié par M. BillauU. L'orateur officiel, après avoir demandé si une discussion sur une expédition déjà commencée était bien opportune et bien patriotique, parla de la convention conclue entre los trois puissances et de leur accord parfait, juste au moment oij un membre de la Chambre des communes, demandant au gouvernement .si l'Angleterre était en guerre ou en paix avec le Mexique, venait de recevoir de M. Layard, sous -secrétaire d'État des affaires étrangères, cette réponse : « La guerre n'est ni » déclarée ni commencée, et il est extrêmement probable » qu'un arrangement à l'amiable va se conclure. »
M. Favrp avait parlé de la candidature de l'arehiduc Maximilien au trône. M. BillauU prétendit que c'était là un simple propos d'officier, et la preuve c'est que l'ambassadeur d'Angleterre s'en étant ému, « il est allé chez notre » ministre des affaires étrangères, qui lui a répondu : Cela » n'est pas. Voilà lus faits. » Cette déclaration cat^rique fit un sensible plaisir à la Chambre, peu enthousiaste
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d'une DouTelle guerre lointaine entreprise sans son concours.
Le Corps législatif, après cette excursion à l'étranger, fut ramené aux affaires intérieures, soit par les amendements des Cinq, soil par les observations de divers membres do la majorité. M. Devinck opposa quelques teintes sombres au riant tableau de la situation Boancière présenté par M. Magne, ministre sans portefeuille, et finit en émettant lioiidement de légers doutes sur l'efficacité du sénatusconsulte modifiant les conditions de la présentation du budget; M. Picard réclama pour Paris et Lyon le droit d'élire leurs conseils municipaux. La Société de Saint- Vincent de Paul trouva dans M. A. Lemercier uu défenseur intrépide, et le libre-échange d'ardents adversaires daus MM. Brame et Pouyer-Quertier,
M. Pouyer-Quertier, député de la Seine-Inférieure, orateur chez qui la prolixité et l'incorrection du langage n'excluaient pas une certaine vigueur d'argumentation que semblaient encore tripler sa haute taille, son torse robusto et son infatigable larynx, remplit presque toute la séance du 19, par un discours dans lequel il signalait, avec une complaisance passionnée, les résultats désastreux que les traités de commerce conclus avec l'Angleterre avaient eus, selon lui, pour l'industrie française. M. Granier de Cassagnac se déclara profondément offensé dans son patriotisme par une discussion qui ne pouvait plaire qu'à ceux que la grandeur du pays offusque. « Il est temps, s'écriat-il, que cette campagne fînissel » M. Brame, ne tenant nul compte de ce vœu, vint appuyer les accusations de M. Pouyer-Quertier et se joindre à lui pour demander uoe enquête sur les résultats du libre-échange. M. Baroche, dans sa longue réponse aux deux députés protectionnistes.