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leur reprocha de se conduire en mauvais citoyeus en révélant ies souffrances du pays. M. Brame répliqua qu'il remplissait, au contraii'e, le plus sacré des devoirs, et qu'il aurait élé coupable de garder le silence en « député obéissant » .
M. de Morny : Que voulez-vous dire par làî
Une voix : Il n'y a pas ici de député obéissant.
La discussion arrivait à son terme.
M. de Pierre, dont l'ironie fine et mordante se faisait jour dans des discours écrits qui n'étaient probablement pas étrangers à l'ostracisme parlementaire que M. de Momy voulait infliger à ce mode d'éloquence, clôtura les débats en remerciant l'Kmperour de la reslilution du droit d'adresse ; il fit pourtant remarquer que cette liberté qui consistait à remplacer brusquement six mois d'admiration par vingt jours de critique ne valait pas une liberté continue ; les vérités qui s'écbappent une à une en temps opportun ne sont-elles pas préférables à une masse de vérités venant trop tôt ou trop tard?
M. de Morny, avant de procéder au scrutin sur l'easemble de l'adresse, remercia les députés a du concours et de l'appui qu'ils lui avaient prêté pendant cette longue et laborieuse discussion »; il crut devoir, en même temps, rendre compte « d'une manière toute spontanée, des.impressioBS que cette discussion lui avait laissées ». M. de Morny établit d'abord que le décret du 24 novembre, en « accordant le droit d'adresse », — o en le restituant, » interrompit M. Picard; — en l'accordant, insista M. de Morny, je maintiens mon mot, — n'avait pas voulu donner xax députés une liberté plus grande de discussion. Cette liberté existait déjà. Mais l'adresse était devenue l'occasion de récriminations, d'accusations, d'attaques direc^'Vi et