‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 48 sur 148 · A,ooglc · texte numérisé non relu

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CONTRADICTIONS nNAHCIËRES. 2«T

comme rendant la justice plus coûteuse. Quant à la taxe (lu sucre, elle était une preuve nouvelle de la déplorable mobilité du gouvernement en matière commerciale et financière. « Chaque année, dit l'orateur aux ministres, •> vous changez de langage et de projets ; vous préconisez » les virements, puis vous les abandonnez, puis vous les ré- » tablissea. Vous rétablissez l'amortissement en 1858, * l'année suivante vous le supprimez; vous nous présentez » les obligations trentenaires comme une merveille finaniicière, l'année suivante vous les biffez. Vous dégrevez » l'impM sur le sucre en 1860, vous relevez les droits en i> 1862. Et, pour que ces contradictions soientpermanentes, » nous avons toujours en présence deux ministres des fl- » nances : le ministre tant mevx et le ministre tant pis ; » l'honorable M. Magne, avec un talent qui me convainc o toujours, me prouve que les finances sont dans le meilleur «état, et l' honorable M. Fould,avec une conviction qui » m'émeut, établit qu'elles sont dans un étal pitoyable. »

M. Ollivier raconta comment les négociants et les armateurs, plus effrayés encore de Tinconstance financière del'administration que de ses exigences, avaient demandé en grâce à la commission de placer la taxe sur les sucres non au budget extraordinaire, c'est-à-dire parmi les ressources iBwnenlanées, mais au budget ordinaire, c'esl^-dire parmi les ressources permanentes. « Frappez-nous, pourvu que nous soyons sûrs que vous nous frapperez toujours de même, n M. Hagne répondit à l'orateur en lui reprochant de prendre le rôle Irès-aisé de critiquer les impôts nouveaux, sans en proposer d'autres. Quels moyens avez-vous de les remplacer? « Les économies > , répondit M. Picard, — M. iaval ajouta: «La réduction de l'armée, et un., meilleur emploi des ressources. »

308 L'EHPIRE.

La discussion sur la taxe sur les chevaux et les voitures (le luxe doQua le spectacle inattendu d'un assaut livré par la majorité à un projet de loi présenté par le gouTernement. Le rejet de l'article A, renfermant toute l'économie de ta .loi, rendait impossible la discussion sur les neuf articles suivants. La réglementation à laquelle la Chambre était soumise empêchait non-seulement le débat sur Timpôt des voitures, mais encore enlevait au rapporteur tout moyen de connattre dans quel sens il devait interpréter le vole du Corps législatif. Comment sortir d'embarras? La Chambre finit par renvoyer à l'examen de la commissîou tous les articles du projet, depuis l'article !i jusqu'à l'article 13 inclusivement.

La dernière grande question abordée par le Corps législatif fut la question mexicaine. Le gouvernement, après avoir d'abord présenté l'expédition comme une démonstration comminatoire plutôt que comme une guerre, et affiché ensuite la plus entière conOance dans le peu de durée de la campagne, se décida enQn à avouer la gravité des embarras dans lesquels il s'était engagé. Cette gradalioD peut être établie par des textes. Le rapport de M. I^roux disait : « Nos espérances et celles du gouvernement sont que l'année 1862 verra finir Texpédilion du Mexique.» Le rapport de M. O'Quin déclarait un peu plus tard que kS millions seraient affectés à l'expédition du Mexique et aux stations de l'Iodo-Chine dans le service de la marine, et 11 millions pour le Mexique seul dans le service de la guerre. Le même rapporteur venait quelques jours après réclamer un supplément de 15 millioosL Le gouvernement confessait en même temps que l'effectif de l'expédition qui, au début, était de 2000 soldats, venait d'atteindre le chiffre de 33 000 hommes. La guerre avecle

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