LES GR1£F£ DE L'ESPAGNE
ta ratificatiuD explicite du traité Moii-AJmonte par le pa^^ment des sommes échues à partir du jour où M. Comonforl eo avait suspendu l'exécution, et enSn à l'indemnité pour la capture pendant la guerre civile du b&timenl marchand ta Concepcion. L'expulsion de M. Pacheco, causée par sa conduite personnelle, n'était qu'un prétexte de rupture avidement saisi par l'Espagne ^ le ministre des atTaires étrangères du Mexique, se flattant d'arranger directement cette affaire avec M. Pacheco, lui avait demandé une entrevue avant son départ. M. Pacheco répondit : II est trop lardl Le gouvernement espagnol lui-même n avait pasdaigné accuser réception d'une note dans laquelle M. Zarco répudiait toute intention d'insulte contre l'Espagne.
M. Antonio de la Fuente, ministre de la répubhque du Mexique à Paris, avait reçu l'ordre de se mettre en rapport avec le cabinet de Madrid pour régler le différend, en le soumettant à l'arbitrage du gouvernement impérial, offre que l'Espagne s'était bâtée de repousser. Elle faisait preuve en même temps de son peu de bonne volonté à rradre une entente possible en exigeant ta rntiûcalion au traité Mon-Almonte et le payemeut d'une indemnité aux propriétaires de la Concepcion. Le négociateur de ce traité, M. Mon, en avait lui-même condamné les exigences, en stipulant (1) que « cet acte ne pourrait jamais servir de base ni de précédent, dans des cas de même nature, pour obtenir de semblables concessions. » Le gouvernement actuel du Mexique, en reconnaissanlàM. Almonte, représentant d'un gouvernement sorti d'un coup d'État, le droit do l'engager par un traité, aurait admis par cela même la l^itimité de ce gouvernement. Le payement de l'indemnité
(1) Article A.
aux propriétaires du navire la Concepdon, capluré au moment où il essayait d'introduire dans Vera-Cruz un chargement d'armes et de munitions de guerre pour le compte de l'insurrection, aurait entraîné la même conséquence. Le gouvernement d'Isabelle il se serait-il donc cru obligé de céder aux exigences d'une puissauce lui réclamant la reconnaissance d'un traité signé avec don Carlos, et le payement d'armes Fournies aux carlistes t
Le gouvernement Impérial profitait, comme le gouvernement espagnol, de la loi du 17 juillet pour résumer ses griefs contre le Mexique. Ils consistaient, à l'en croire, surtout en violences commises contre la personne des résidenls français a obligés de chercher leur salut dans la Tuile B après le pillage et l'incendie de leurs propriétés (1 }. » Les violences dont se plaignait le gouveriieoient impérial avaient eu lieu sous le gouvernement insurrectionnel, qu'il s'était empressé de reconnaître contrairement aux principes du droit interuational. Par quel singulier mépris de la justice et de l'équité un pouvoir régulier, réduit à lutter pendant trois ans contre un pouvoir insurrectionnel, devenait-il responsable d'excès commis par ce pouvoir?
(1) Note du Moniteur, novembre 18S1.