LA CONVENTION EBTBE LES TROIS PUISSANCES
<c que l'Espagne ne renoDcerajt jamais à sa pleine liberté u d'action, pour traiter en la forme convenable Itis ques- » tiens avec cette république. »
Le gouTernement espagnol aiosi lancé ne pouvait plus reculer, mais il ne voulait pas non plus renoncer à l'accord avec l'Angleterre et avec Napoléon III; il cherchait à a couper court à la lutte barbare engagée au Mexique •>, par la prompte cooclusion d'une convention conclue entre les trois puissances qui, après l'avoir signée, dirigeraient leurs forces vers le Mexique sans attendre la décision des Ëtats- Unis. Napoléon III ne répugnait nullement à l'idée d'une convention, mais a sans s'obliger d'avance, ignorant l'ave- ■ nir« ; les mois de septembre et d'octobre furent remplis par lesnégociationsrelativosàcelte convention; négociations d'autant plus délicates et d'autant plus difficiles que l'une despartiescontractantestie voulait pas aller trop loin dans ses engagements, et que les deux autres poursuivant un but semblable nu fond, mais fort différent dans la former cherchaient à se tromper mutellement sur leurs intentions, quoiqu'elles les connussent fort bien.
Le gouvernement anglais ne se dissimulai! point les difficultés de l'entreprise à laquelle on lui proposait de s'associer. Le comte Russell déclaraiiencorele 27 septembre 1861, au ministre dos États-Unis, à Londres, qu'il «craignait > aulaut que lui de voir s'élever sur la base des sommes dues p et des dommagas causés, la prétention d'organiser un uou- » veaugouvernementauMexique; qu'il était convaincu que » ce dernier était de tous les pays celui où une intervention » dans lesalTaires intérieures causerai t le désappointement le » plus vif à ses auteurs. « Le comte Russell, dans d'autre circonslancos, avait exprimé la même opinion. Les course Tuileries et de Madrid, sentant la nécessité de le rassurer
sur kurs intenlionsen lui laissant la faculté de poser luimême ta limite desesengagemetifs, le ciiargèreut de rédiger le projet de la convention qui devait lier les trois puissances. L'Espagne n'avait pas obtenu sans peine d'être admise ù ces négociations. L'impression défavorable causée par ses prétentions au gouvernement impérial et au gouvernement anglais, est visible dans la réponse adressée par H. Tbou-' vend à la commission des porteurs de bons mexicaius, qui s'était depuis quelque temps mise en campagne el qui poussait vivement à l'intervention. L'Espagne, payant d'audace, parla d'agir seule. 1^ ministre du Mexique près les cours des Tuileries et de Saiut-James et le ministre des États-Unis à Paris n'ignoraient pas, — ce dernier en avait été prévenu par son coilègue de Madrid, — que le plan des Espagnols était de se faire demander par leurs amis du Mexique un prince de la famille royale pour roi, et d'envoyer au Mexique un corps de troupes pour soutenir la nouvelle monarchie. Les États-Unis, informés de cette intention et connaissant l'accord existant entre la France et l'Angleterre, offraient aux puissances de garantir pendant cinq ans l'intérêt des dettes contractées par le Mexique à leur égard. Le représentant de ce pays à Londres espérait que lord Russell accepterait cette offre et que l'Angleterre ne refuserait pas au Mexique le temps nécessaire pour se constituer en gouvernement régulier ; mais lord Russell lui répondit, avec une sévérité inattendue, que le Mexique avait manqué à toutes ses obligations, qu'il ne pouvait se contenter de la garantie des Etats-Unis pour la dette extérieure^ attendu qu'il avaitd'autresrevendicationsàexercer; la France, ajouta-l-il, la refuse également, l'Espagne et TADgleterre vont s'unir pour présenter au Mexique leurs conditions, et il espère que celui-ci les acceptera. Lord