‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 60 sur 148 · LES PREMIERES CONFÉRENCES · texte numérisé non relu

LES PREMIERES CONFÉRENCES

terre 1000 environ. Ijt direction de l'expédition était confiée au commissaire fttpagnot, le général Prim.

MM. de Satigny et Jurien de la Gravière, conmiissaires français ; Dunlop et sir Charles Wike, commissaires anglais; le général Prim, commissaire espagnol, adressèrent le 10 janvier, à la nation mexicaine, un manifeste dont voici les principaux passages :

« ...Ils vous trompent ceux qui prétendent que, derrière de justes réclamations, les alliés cachent des plans de conquête, de restauration ou d'intervention dans votre administration.

» Trois nations qui acceptent loyalement, et qui reconnaissent votre iodépendance , méritent qu'on les croie animées de sentiments nobles et généreux, et non de pensées qui ne sont pas de notre époque

• Telle est la vérité... El nous ne vous la disons pas en » vous déclarant la guerre. H vous appartient à vous, uui- » quement à vous, sans aucune intervention élraugère, de 7> vous constituer d'une façon durable et solide... •

Les représentants des puissances alliées se réunirent le lendemain de leur arrivée. Les deux premières conférences se passèrent à merveille. Le général Prîm exprima, dans la seconde, l'opinion qu'il serait bon de savoir à quoi chaque cornmissïùre s'engageait en appuyant les réclamations de ses collègues. La conférence du IS fut tout entière consacrée à la lecture de ces réclamations.

Le gouvernement impérial avait formulé les siennes dans la note suivante, adressée sous forme d'ultimatumau gouvernement mexicain :

t Les sonsaiiCDés, représenlaoli de la France, ooirhonneur, canEunné' hmhI k ce qui e>l dit dans la note collective adrewJtt sous celle d«ie au. gOUTernemenl mexicain |iar les pténipoienliaii-es de France, d Angleierre «{d'Espagne, de formuler ainsi qu'il suit l'u/fimahim dont ili ont l'ordre,

TÀXILK DELOB». III — '>t, i

au nom du goiiverDenent français, d'euger l'acceplation simplt et complet'' de celui du Itlexique.

» Art. f". — Le Mexique a'oblÎKera è payer i la France la lomme de itouze millions île piastres [60 000 000 de francs) h laquelle est évalué le total des réclamations françaises pour les faits commis jusqu'au 3t juillet dernier, sauf les eicep^oos comprises dans tes articles 2 et i, et dont il sera parlé ci-aprùs.

> Quant aux faits qui ont en lieu depuis le 31 juillet dernier, faits pour lesquels ils introduiientune réserve expresse, le'monlantdesréclamatioDs auxquelles ils pourront donner lieu sci'a /Ui- ullnieurement par les plfnipotentiatifs français.

> Art. 2. — Le reliquat des sommes dues en vertu de ta conTenlion de 1S53, reliquat quï n'a point été compris dans l'article l" ci-dessus, devra £tre payé aux ayant droit, conformément aux obligations stipulées dans la susdite convention de 1863.

1 Art, 3. — le Mexique s'obliijera à l'tœ^ution pleine, loi&le et IHIÉDIATE ifii central passé au mois de féa-iiTt%59, entre le gtHOjememe»! mexicain et lu maison Jucher.

» AriT. 4. — Le Mexique s'obligera au payement immédiat de < 1 000 piastres (5S 000 francs) reste de l'indemnité stipulée en faveur de la veuve et des enfants de M. Ricbe, vice-consul de France i Tepic, assassiné au mois d'octobre 1 859.

» Le gouvernement mexicain devra en outre, ainsi qu'il s'y est déjà engagé, destituer de ses grades et emplois et punir d'une manière exemplaire le colonel Rojas, un des assassins de M. Riche, avec la condition expresse que le susdit Rojis ne pourra, dans l'avenir, exercer aucun emploi, aucun commandement, aucune fonction publique.

n Art. 5. — Le gouvernement mexicain s'obligera également à rechercher les nombreux assassinais commis contre lea Français, spécialement contre U. Daresne, etk punir les assassins (<).

n \ki. 6. — Les ailleurs des allentati commis le (i aoAt dernier contre le ministre de l'Empereur et des insultes «dressées au représentant de la France dans les premiers jours du mois de novembre 4861 seront soumb à un châtiment exemplaire, et le gouvernement mexicain devra donner i la France et k son représentant toutes les réparations et satisfactions dues pour de pareils excès (2).

1 Art. 7. — Pour assurer l'exécution des articles 5 et 6 relatés cidessus et le châtiment de tous les attentats qui ont été commis ou qui pourraient être commis dans la suite coutre tes Français qui résident dans la République, te ministre de France aura toujours le droit d'assister personnellement ou par l'inlermMiaire d'im délégué qu'il désignera à cet pffet, à toutes les inslnietions qui seront faites par la justice crimmeUe du pays.

n II sera investi du même dvoit dans touta les instructions criminelles intentées contre le* nofenaujiï.

(1) M. de Salign; a tenu depuiiBoni m miin le GhetUen connu d'une de «as bandes. Marques. Mon-ieuleoient ce dernier n'a pat été puni en vertu de cet iiltimalum, mais encore il a rofu )i croix de commandeur du la Légion d'honneur.

[2) Lm recherches avaient été faites en présence de H. de Salign; hii-mtnie et avaient abouti il une ordonnance de n«n-lie(i.

ULTIHATIIH DU GOUVEHKEMKNT IHPEUIAU 323

> Art. 8. — Les iodemoilés stipulée! dans te présent '(ffirnaturnbéné- ^derool, depuis le 17 juil kl dernier et jusqu'à leur payemeot ialégral, •d'un inlërét annuel de 6 pour 1 00.

» AnT. 9. — Pour garantir l'accomplissement des conditions pécuniaires et autres énoncées dans le présent altimatum, la France aura le droit d'occuper les ports de Vera-GruE et de Tampico, ainsi que tous ceux qu'elle croira nécessaire et d'y établir des commissaires nommés par le gouTememenl impérial La mission ie ces derniers sera d'asswer aux ptuMonces qui y auront droit la dévolution des fonds qui devront être xéptirés à lewprofii sur tous les revenus des douanes maritimes, conformément aux conventions, et la remise aux agents français des sommes dues <i la France.

» Les commissaires dont il est ici question auront en ouLre le droit de .réduire de moitié, oit en moindre proportion, selon qu'ils le jugeront <x)menable, les droits que la loi perçoit aetuellement lims les jwrts de la

» U i«ra établi d'une manière expresse que les marchandises qui auront déji payé les droits d'importation, ne pourront en aucun cas, ni sous aucun prétexte, être soumises par le gouvernement suprême ou par les autorités des États & des charges additionnelles excédant de 1 5 pour 1 00 4e montant des sommes payées pour droits d'importation.

N Art. 40. — Toutes les mesures qui seront jugées nécessaires pour régler la répartition entre les parties intéressées des sommes prélevées sur le produit des douanes, déGnir le mode et les termes des payements et garantir l'exècutiou des clauses contenues dans le présent •dtimatum, seront arrêtées de concert entre les plénipotentiaires de France, <i'ADglMerre et d'Espagne.

» Signé E. Jdbien, A. de SAur.m'.

• Venons, lliuniv 1B63. •

La lecture de cet ultimatum excita rélonnemenl des plénipotentiaires; sir Charles Wike témoigna très-vivement *a désapprobation de l'arlicle relatif à la créance Jœcker. n connaissait, en sa qualité de résident à Mexico, tous les détails de cette affaire, dans laquelle 750 000 piastres avaient été échangées contre I h millions en bons du trésor. M. Dubois de Saligny n'assistait pas à la réunion. L'amiral -lurien de la Gravière, fort embarrassé, demanda l'ajour- Dément de la discussion au lendemain ; M. de Saligny était présent cette fois. Les plénipotentiaires anglais et espagnols, Ibi ayant demandé communication des titres sur lesquels reposait sa réclamation, il reconnut qu'il n'avait pas de

piècesjusttfîcativesàproduireot qu'il avaitfixéà60 millions de francs le montant des somaies dues aus sujets do l'empire, parce que ce chiffre lui semblait le plus voisin de la vérité ; personne, ajouta-t-il, n'avait d'ailleurs le droit d'examiner le plus on moins de valeur de sa réclamation. Les plénipotentiaires ne pouvant admettre une si étrange façon d'agir dans nno entreprise commune, décidèrent que chaque commissaire ferait valoir isolément les réclamations de son gouvernement', sans engager l'action de ses collèjfues. C'était ce que voulait M. Dubois de Saligny. Il connaissait trop bien le Mexique pour le croire en état de satisfaire à ses exigences, mais il voulait, en le forçant à les repousser, rendre la guerre inévitable.

Les plénipotentiaires avaient formé une commission chargée de porter à Mexico la noie collective contenant les explicatioiisdemandées par le gouvernement mexicain, et de le prévenir que pendanlles négociations les troupesalliées, (wur échapper il l'influence meurtrière du climat du littoral s'installeraient à l'intérieur dans des campements sains. La commission partit le lu avec la note dont voici le résumé :

« Les plénipotentiaires sont chargés d'exiger pleine B réparation des griefs et préjudices soufferts, mais en dén clarant que la première chose à fiure est de procurer à » la République les moyens de se constituer d'une manière » stable et qui la mette dans la possibilité de remplir ses » engagements. »

I^ cinquième conférence eut lieu le 25. Les représentants de l'Angleterre dt^larèrent à leurs collègues, qu'ayant appris l'arrivée prochaine de Miramon à Vcra-Cruz, ils étaient décidés à s'opposer au débarquement de celui qui avait pillé la caisse de la légation anglaise. Une discussion

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