MARCSE DES FRANÇAIS SUR ORIZABA
très-vive eut lieu entre sir Charles Wike el M. Dubois de Saligny, protecteur de Miramoo, qui ne put cependant pas débarquer.
Les membres de la commission revinrent le 28 janvier de ' Mexico, très-satisfaits de l'accueil qui leur avait été fait partout eldes dispositions du gouvernement mexicain, qui -paraissait pr£t à donner toutes les satisfactions demandées. H. Zacomana, ministre de Juarez, les accompaguait, portant une dépécbe du général Doblado, invitant les plénipotenliaires à se rendre avec une garde Jborineur de 2000 hommesàOrizaba,otides commissaires oiexicainsles attendaient pourenlamerdes n^ocialions, peadutit lesquelles le restant des forces étrangères seraient embarquées pour que rien ne parât gêner la liberté des délibérations. Les alliés répondirent par un refus d'embarquer les troupes et par l'avertissenient qu'elles allaient faire un pas en avant vers une zone plus salubre el qu'elles se mettraient en marcbe, du 1 8 au âO février, sur Orizaba, ou Jalapa. Comme il était impossible de faire sortir les troupes de leur campement actuel avant une vingtaine de jours, terme nécessaire pour rassembler les approvisionnements et les moyens de transport, l'annonce anticipée de ce départ inquiétait Juarez,. qui «hat^a le général Doblado de demander aux représentants des puissances de vouloir bien préciser l'objet de leur misàoD. Le général Doblado adressa donc, le 6 février 186*2, «ux plénipotentiaires une lettre qui se terminait ainsi :
« Comme le gouTerDemenl d« \t République ignore quelle peut
'Aire ta mi-sion qui cendait au Uexiqoe les eoiiimig'«iîres des pui-ïancea .alliées, d autant plus que, jusqu'à prisent, les conmissaires n'ont donné que drs assurances amicales, mais vaf^ires, dont rien ne l'ail conaaltre l^objet ré«l, Il ne peut permettre aui forces envahi ssaoles d'avancer, i OHÙni que l'on ne de d'une fa^on (iréci-e les inlentions des alliés, par soile desqui^llts des négociations ultérieures poiirronl avoir lieu a*ec la (aranlie due aux inléréit lupcotanli qui doiTent être discutés.
sas L'EMPIRE.
» Le citoyen président me donne l'ordre de fournir, de plus, k to» Excellences l'explication q>ie si Vos Excellences entoienl promplement uocommissaire à CordoTs pour discuter avec un autre commii<Eaire du gouvernement mexicain les bases ci-dessus mentionnées, aranl le présent mois de février, l'ordre sera donné i cet forces d'afaocer vers les pointssur lesquels on sera tombé d'accord, h
Cette lettre contenait une véritable injonction aux allîé»de ne pas faire un pas en avant. Il fallait s'y soumettre faute de forces suffisantes pour la braver. Les plénipotentiairesréunis à Vera-Cruz décidèrent dune, le 9 févner, que des pleins pouvoirs seraient donnés au comte de Reuss pour s'entendre avec le commissaire mexicain. Un incident faillit le lendemain rendre toute n^^iation inutile. Le général- Zaragoza venait de remplacer le général Uraga dans le commandement de l'armée ; jeune, ardent, ignorant tesn^ciations engagées entre son gouvernement et les plénipotentiaires, le général Zaragoza entendant parler d'un mouvement en avant des alliés, n'hésita pas à signifier aux plénipotentiaires qu'il considérait ce mouvement comme une déclaration de guerre. Les plénipotentiaires, dans l'impuissance où ils se trouvaient de recourir aux armes, se plaignirent au gouvernement, qui donnadesin5lr^ctionspaci6■~ ques au général Zaragoza. Il ne restait plus qu'à fixer le jour et le lieu d'une entrevue. Ce double choix ne souleva point de difiicultés, et le 19 février le comte de Reuss et le général Doblado se réunirent dans une maison du villt^e de la Soledad. Le général Prim, mari d'une Mexicaine, était arrivé au Mexique avec les projets que la situation de ce pays pouvait faire nattredansl'àme ardente et inquièted'un ambitieux comme lui. La volonté secrète de Napoléon 111, eu s' opposant à la haute fortone qu'il rêvait, le désintéressement fwcé auquel il était réduit lui rendirent son impartialité. R fut frapi;^ de l'unanimité avec laquelle dans chaque Ëtat,.
n,.::A.OOglC
PRBLIHINAIRES de IK SOLKDiD. ^7
ditDs chaque district, dans chaque ville, village, hameau, bourgade, on obéissait aux autorité établies par la constitoUoD ; si quelques bandes de dissidents survivaient à trois ans de guwre civile, elles étaient commandées par des bandits avérés comme Marquez ou par des Espagnols. Le gouvernement espagnol n'avait plus de son côté ancun intérêt à s'associer à une guerre pour installer un archiduc sur le trône d'un pays dont il regrettait la possession. Le général Prim était donc résolu à borner le résultat de l'intervention à la réparation des ofiénses faites aux puissances et au payement des dommages causés à leurs nationaux. Le gouvernement mexicain se montrait très-disposé à donner toutes tes satisfactions désirables pour les outrages, les exactions, les actes arbitraires, dont se plaignaient avec raison les étrangers et dont la fin de la guerre civile et la pacification de la République par la consolidation de l'œuvre constitutionnelle, élevée avec tant de peine sur les débris du passé, pouvaient seules empêcher le retour.
Le général Prim elle général Doblado se réunirent, le 19 février 1862, à la Soledad et signèrent ces préliminaires de paix.
I Atlenda que le gouTernemenI cons'iluttoDnel qui régit actuellement Il itépoMique mexicaiDe a manifesié aux commisuirea des puissances alliées qu'il n'a pas besoin des secours qu'ool offeris ces derniers avec tant de bienfeillaDCC au peuple mexicain, ot qu'il possède en lui-même les iUments de force tt d'opiiwm néixssaifes pour se mainlenir contre toulf rioolU ialesliae, les alliés entrent de suite sur le terrain des traités et sent prêts à rorniuler toutes tes réclamations qu'ils ont à faire au nom de ieon natieBS resfieoliTee.
> I. — A cet effet, les représenlauts des putssaoces alliées protestant, comme ils protestent, qu'ils n'ont l'intention de rien intenter contre l'indéjMRdince, la aeuvenÛBeté et l'iniégrilé iu territoire de la R<^publique, les nè^odatiooB s'ouvriront à Orizaba , Tilla dans laquelle se rendront les coniaâBsnres et deui ministres du gouvernement de la: République, satlf
.A,OOglC
le eu oà, d'un commuD accord, od coofiendrait de ooDuner des npréseolants Jéh-gués par les deux partirez.
> 11. — PeDdaol Ips négocialions, les forces des (luissancrs alliées orcuperoDl les trois c<;nires de population de Cordova, Oriiaba et Tebuaca», avec leurs rayons nalurels.
» III. — Pour qu'on De puisse supposer, même d'une maniéreéloignée, que l«8 alliés ont signé ces prëliminvires pour se procurer le pissage des positions fortiliée» qu'occupe l'arnire mexicaine, il est stipulé qu'au cas malheuri'ux où ' .s négociations Tiendraient à se rompre, ki forces des alliés abando'. diront les centres de population ci-deesus mentionnés, el retourneront su placer sur la ligne qui est en avant du ces fo ri ilîca lions dans la direciion de Vera-Cruz, en désignant comme poiuts eilrâmes principaux, celui de Paso Anclio, sur la route de Cordova, et celui de Pasto de Ovi-Jas sur celle de Jalaps.
» IV. — Si te cas malbeurrux de la rupture des hostilité venait à se priisenier, et fi les troupes alliées se reliraient sur la li;>ne indiquée dans l'article qui précède, les tiSpilaux alliés dans ces trois villes seraient sous la sauvegarde de la nation meùcaine.
11 V. — Le jour où leslrqupcs alliées entreprendront leur marche pour occuper les points désignés dans l'article deuxième, on aiborera te drapeau mexicain sur la ville de Vera-Cruz et sur le ctiAteau de SvintJeaad'Ulloia.
a Signé Le comte de Beuss, Hanubl Doblado.
» Approuvé :
» Signé Ctf, Lehnox Wike, HtiCH Dunlop. » Approuvé les préliniinairet ci-dessus :
» Signé A. DE Saugny, E. JoniEN.
n J'approuve ces préliminaires en vertu des amples facultés dont je B Signé Bekito Juarez.
■ Htiieo. 13 «TTin- 1861. •
Les plénipotentiaires avaient iafortné leurs gouveroenientsrespeclifsdu désaccord survenu entre eux dans laquatriètne conférence etde la décision qui en avait été la suite. M. Thouvenel 6t connaître au cabinet de Saint-James la surprise que lui causait la conduite de sir Charles Wike. II n'admettait pas que chaque plénipotentiaire exerçât un contrôle sur les domaudes de ses collègues el qu'on réglât les réclamations en vertu de traités ou de conventions. Lord Russell, quoiqu'il reconnût que son représentant s'était
n,..:A.OOglC
OI-IKIOK Dt LOIID RtSSELL SUR U BÈCLAMATIOB JŒCKEBl 329
écarté des prescriptions de la convention de Londres, n'en approuva pas moins sa conduite. 11 ne crut pas devoir caclier au ministre de Napoléon 111 qu'il était de l'avis de sir Charles Wike : « Que Taffaire Jœcker ne devait donner lieu à une protection telle qu'on pût en faire l'objet d'un u/iimaittm, el qu'il comprenait que sir Charles Wlke eAI trouvé cette réclamation c:itra vantante. »
La nouvelle de la stf^nature des préliminaires do la Soledad, arrivée sur ces entrefaites, lit éprouver au gouvernement impérial une irritation qu'il ne put cacher, comme le prouve la note insérée au Monileiir du 3 avril :
1 Les journaux efpsgaals prélendent que le gotiveraerncnt de l'Empereor a demandé an cabinet de Uadrid le rappel itii tjénéral Prim. Celle demande esi enkièreuient CoDirouvée. Le gonverDemeol de l'Emperew l'esl borné à H^sapprouTcr la comrenliDn conclue avvc le gênOral. Ifoblado par le «{éo^ral ['riiu et accejili'e eosuile par les plâniiiolenlJaires deé pniaaances aînées, parce que celle cooTentioa lui a semblé cootraire à la dignité de la Fi'ance,
» En conséquence, M. dcSatignj a été feul cliar^ des pleini pouvoirs potiliitnri doiil le vice-amiral Jm^o de la Gravière était revêtu, et cet oflîcier g>''Déral a reçu l'ordre de reprendre kimplemeol le commandeinenl de I* diibîoD navale. »
M. Billault vint encore aggraver celle note en la commentant devant ie Corps législatif : « 11 est, messieurs, > dans la vie des nations, comme dans celle des hommes, » des situations impérieuses, où, quoi qu'il arrive, il v ne faut transiger ni avec l'bonneur, ni avec le devoir, » M. Jurien de la Gravière avait donc forfait à tous les deux?
L'Angleterre et l'Espagne, sauf quelques détails de forme, approuvèrent leurs représeDlanls.
Le général Lorencez, accompagné par Almonte, cet ancien républicain devenu l'agfuit principal des inlrigucs monarchiques à Paris, à Madrid et à Miramar, «lébarqua le S mars à Vera-Gruz, [Hrécédé des articles de la presse
330 LlnPIEE.
officieuse impc^riale, annonçant ouvertement que le but de l'expédilion était le renversetnentdeJuarez et l'élévation de Maximilien au trône du Mexique.
Le gouverDement mexicain s'inquiéta des menées d'Atmonte, du Père Miraoda el de quelques émigrés qui l'accompagnaient, et M. Doblado adressa, le Z avril, une note aux plénipotentiuires alliés pour les prier « de donner l'ordre n que CCS personnes soient réembarquées et transportées » sans retard hors de la République ».
La mésintelligence entre les commissaires des trois puissances alliées avait commentié dès le lendemain de leur réunion, à la suite du refus de M. de Sallgny de communiquer à ses collègues des renseignements précis au sujet de la créance introduite au nom d« la France contre le Mexique. Cette mésintelligence parut un instant se calmer, mais l'arrivée du général Almonte, ses prétentions et la protecIJOD dont il était l'objet de la part des commissaires impériaux, la ravivèrent au point qu'il devint désormais impossible aux commissaires alliés de poursuivre en commun le but de l'expédition. Chacun d'eux le comprenait, mais personne n'avait encore osé l'avouer franchement. It fallait pouriant sortir de cette étrange situation avant I9 15 avril, jour Oxé pour l'ouverture des négociatioas avee les plénipotentiaires mexicains. Les commissaires se réunirent le 9 du mois susdit, à Orizaba.
La discussion s'engagea entre tes commissaires des gouvernements d'Angleterre et d'Espace, et les commissaires du gouvernement français. Les premiers, le général Prim surtout, s'efforc«>reDt de démontrer que la convention de Londres n'autorisait pas l'attitude prise, depais l'arrivée du général Almonle, par les commissaires dU gouvememeal français ; que les alliés ne pouvaient imposer aux Mexicains
LES CONP£]tEnC£S D'ORIZABi. 3»1
uoe forme de gouvernement sans abandonner la pensée primitive de l'expédition et sans violer les préliminaires conclus avec le gouvernement de la République; pour . rester fidèles à ces préliminaires, il ne fallait pas seulement se maintenir dans les termes de la convention, mais s'abstenir rigoureusement de protéger les enfants perdus d'uD pays qui venaient conspirer, à l'ombre des drapeaux alliés, contre l'ordi'e de cboses actuellement existant. Le général Prim raconta ensuite comment Almoote, dans une entrevue qu'ils eurent ensemble quelques jours après son arrivée, lui avait dévoilé ses plans.
f Dans une visile que me Qt le gùnéral Almonie peu de jours après son arrÏTée, il m'> déclaré rranchement qu'il romptait mr rap];'it des trois puissances alliées pour opérer un ekangement rndical dam le gouvernement du Métrique, y i-emplacer lu Héfiblique par la monarckie et appeler au trÙTie l'archiduc Maaàmilien d'Autriche. Puis, il a ajouté qu'il avait des nolirs pour croire que son projet serait racorablement accueilli par les Mexicains eui-mSmes, et qu'avant àeux mois il serait peut-être réalisé.
- Je lui ai répondu que mon opinion à cet égard était diamétrale ment opposée i la sienne, ei que, pour l'exécution de ce plan, il ne devait pas compter sur l'appui des forces espagnoles, parce que le Mexique, constitué en République depuis quarante ans, repousierait la forme monarchique, et refuserait des institutions si différentes de celles qui l'ont régi jusqu'à notre époque.
> l.e général Almonte m'a confessé de plus qu'il comptait nvr fapptii des troupe» françaises, et je ne lui ai pas caché que je regrettais de voir le gouvernement français adopter au Mexique une politique si différente de celle que l'Empereur avait suivie dans plusieurs occasions. Je lui ai même dit que, dans le cas, ponr moi peu probable, où les forces de la France se compromettraient dans une pi reille entreprise, s'il leur arrivait tm échec, je regretterais autant ce malheur que s'il m'était arrivé h moimême «u à mon- pays. J'ai Qni par l'engager Ane paspersévérerdansnne conduite où, s'il agissait seul, il trouverait infailliblemant sa ruine, taodis qne, s'il comptait sur l'appui de quelques-unes des Torces alliées, il ferait naître dans le pays des snsceplibililés qui pourraient compromeilfe l'avenir des né^ocialions pendantes, dont la politique tonte conciliante suivie Jusqu'à ce jour par les commissaires alKés espérait, non sans raifoo, obtenir un bon résultat, ii
Les représentants français répondirent eo termes clairs et explicites « qu'ils étaient résolus à ne pas traiter avec le
gouvernement delà République; que, loin dereth'erleur proteclioD aux émigrés mexicains qui l'avaient invoquée, ils contioueraieul, au contraire, à la leur accorder. «La protection accordée au général Almonte, — dit l'amiral de la Graviëre, — ne diffère en rien de celle que la France accordeaux proscrits de tous les pays, elle n'implique par ellemême aucune intervention dans les affaires intérieures de la République, et, une fois concédée, il n'y a pas d'exemple qu'elle ait jamais été retirée. »
Le commissaire espagnol fit observer que cette protection s'accordait ordinairement aux vaincus dont I existence était en péril, et non aux individus qui venaient tout expiés de l'étranger avec des intentions hostiles contre un gouvernement établi, surtout contre un gouvernement avec lequel les alliés avaient déjà ouvert des négociations.
L'amiral Jurien lui répondit :
tiLe général Almonle, de mËnmqiie lout lo monde en Europe, croyaiï la guerre iMèvilable, ei, loin d'Ëire animé de sentimtnls luwiiks envers son pays, il arrive au contraire avec une tnission — on ne ni^ail pas de ()ui — paci/Uiiie et concHialrice, afin de r^lalilir la concorde entre les dilTfrenls panis-, — il est digne, pir ses anlèc^denis, d'Acre écoulé par ses compatriotes, ei c'est à lui, ea reclilianl l'S i^rrrurs répandues k a sujei, qu'il appartient de leur fa^r» comprendre les inienlions bienl'aisantes des gouvernemenis européens à l'égard du Mexique ; — ce général est le plus capable de reuif'lir cette mission, tant à cause drs Emplois lionorables qu'il avait si dignement remi'lis dans son pajs, que par l'estime de l'Empereur pour sa persoiuie et l'infUtetice doiit il joutseuî/ auprès de lid; — les raisons données par le couiie de Iteuss pour Jiislilkr son opmion relativement i l'impossibilité d'établir une monarcliie au Hrxiqne ne lui paraissent pas concl'tanles ; cl, du niument ol; il est prouvé que les inslitulions EOiis lesquelles le pays a vécu pendant quaiinte ans n'ont produit que des révolutions et amené la situation déplorable oà il est aujourd'hui, il est probable qu'uu diangi-mcot radical dans ses insiilulioni sera reçu favorablement par tous les liabiunls de la République, a
Sir Charles Wike ût remarquer à ses collègues qu'à son arrivée à Vera-Cru!;, Almonte s'était donné publiquement comme le fondé de pouvoirs des trois gouvernements alliés.
LES CONFÉIIEMCKS D'ORIZABA. 333
quand il était évident qu'il n'avait reçu aucune mission, ni de l'Angleterre, ni de l'Espagne, au nom desquelles cependant il prétendailinterpréteràsa manière laconvention de IxHidres; l'amiral Jurien se contenta de répondre «qu'il ne croyait pas quele général Almonte eût jamais manifesté de semblables prétentions. B Puis, sur une affirmation nouvelle du général Prim et du commodoreDunlop, M. de Saligny se h&la de couper court à l'incident en passant à une autre question.
s 11 dit que lebul vfrilable do l'acte de Londres ilaUd'ohlenir salisfaclîon de:i oulra|[es commis par le gouvernetoent mexicain contre les «Annfen, et que le système de temporisaion et de conciliation laivi jusqu'i ce jour ètiii condameé pnr i'éprcuvit qu'on en avait Taiie, puir^qu'il recevait h chaque insiant dei lellres dins k'sqiielles les signataires se plaigniieQt â liii àe la lenieur des alliés «t lui disaient que celle atiilude avait eu pour conséquence naturelle d'ai^menter l'audace du gouvernement mexicain; — que, quant ù lui, il déclarait formclUment qu'il ne h'aiteraU jamais avec re youeernement, et qu'après a*oii' mûremeat rCÙéelii sur la ilétermination qu'il conrenail d'adopter, il croyait niocssaire de marcher immÉdiiteaient sur la capitale. »
Le commissaire anglais demanda à M. de Saligny s'il était vrai, comme on le répétait de tous côtés, r/ti'il n'attachât aucune valeur avx préliminaires de la Soledad?
M. de Saligny répondit : « Qu'il n'avait jamais eu la moindre confiance dans aucun des actes du gouvernement mexicain, et que cette opinion s'appliquait non-seulemenl aux préliminaires dont on parlait, mais à toutes lesconveotioos qu'on pourrait dans la suite conclure avec lui... j>
A cette iiiterpelliition du commodore Dunlop ; Pourquoi, s'il n'avait aucune confiance dans la parole du goitvergémwt mexicain, il avait signé les préliminaires en ques- IfOQΗ et pourquoi, après les avoir volontairement signés, il ne se croyait pas lié par sa signature ? M. de Saligny répondit encore : « Qu'il ne devait compte à personne des
molifs qui l'avaient engagé à signer ces préliminaires. » Mais s'apercevanl aussitôt de l'effet produit par ces paroles brutales, il ajouta d'un ton un peu radouci : « Qae oéannioîns, si le gouvernement mexicain ne les avait pas laiuiéme enfreints de mille manières, il se serait cru compromis par sa s^nature. »
Les représentants anglais allaient sommer H. de Saligny de fournir les preuves de ce qu'il avançait, quand le général PrimBtlire par son secrétaire une note dans laquelle le minisire des affaires étrangères de la République réclamait au nom de son gouvernement l'expulsion du général Almonteetde ses compagnons. Les commissaires français se refusèrent l'un et l'autre, de la manière la plus positive,à cette demande. L'amiral Jurien, pour donner un semblant de justice à ses raisons, déclara que dans aucun pays il n'avait vu inaugurer un système de terreur pareil à celui qui pesait en ce moment sur les populations du Mexique.
M. de Saligny appuya fortement l'opinion de son collègue, et sir Charles Wike la combattit en déclarant que, selon lui, la grande majorité du peuple mexicain soutiendrait le gouvern«nent actuel, tandis qu'au contraire la monarchie rencontrerait peu de partisans.
M. Jurien répliqua « que la partie intelligente et modérée de la nation était aussi la seule qui méritàt les sympathies des puissances alliées ; que celte fraction du tout mexicain désirHit sincèrement le retour à l'ordre et à la tranquillité ; qu'elle souhaitait surtout l'appui des alliés, et qu'elle prouverait elle-même ses sentiments le jour (^, libre eiiBn de toute oppression, elle pourrait formuler son opinion.» lllermioaen disant «qu'il fallaitmarcher immédiatement sur Mexiro. »
LES CONFERENCES D'ORIZADi. 335
M. (le Saligny ajouta : « que ses compatriotes gémissaient sous la plus atroce tyrannie; qu'il avait reçu un grand nombre de pétitions dans lesquelles on lui detnandait que tes troupes françaises marchassent sur la capitale , seul moyen de les préserver d'une ruine complète. »
Ces pétitions étaient vraies. Mais ce que M. de Saligny ne di^it pas, c'est la manière dont s'y était prise la légation de France pour les obtenir.
I^ population française do Mexico s'était trouvée compromise, pour une somme assez ronde, dans le passif du bilan que le banquier Jœcker avait été obligé de déposer huit mois avant la rentrée du gouvernement coustitulionnel dans la capitale de la République, et M. de Saligny avait proQlé de cette circonstance pour poser cette alternative aux intéressés : «Si l'intervention a lieu, M. Jœcker sera payé, et » vous le serez également; dans le cas contraire, il est » probable que vous perdrez tout. Choisissez maintenant.* Les négociants, placés ainsi entre les nécessités de leur situation et leur conscience qui leur disait que l'interventioD serait une faute irréparable, signèrent les pétitions dictées par M. de Saligny.
Le Commodore Duulop se contente de lui répondre que les Français résidant à Mexico verraient la marche des troupes sur cette capitale avec déplaisir. Sir Charles Wtke ajouta que, quant à lui, sachant par expérience combien parmi ceux qui dirigeaient les affaires du Mexique il y avait de personnes distinguées, appartenant au parti modéré, il pensait que la ligne de conduite suivie jusqu'ici par les commissaires alliés était la seule digne et convenable.
L'amiral jurien répliqua qu'il n'éprouvait aucune sym^palhîe poiir un gouvernement à qui on avait offert la pai^
et la récoaciliation des partis et qui avait répondu a cette offre en ordonnant des supplices (4).
Les commissaires des ji^ouvernemenls d'Angleterre et d'Espagne déclarèrent, aprèsavoir entendu lesplénipoleuliaires français, qu'ils ne trouvaient aucun motif qui pût justifier leur rtîsolulion de rompre avec le gouvernement mexicain ; qu'ils ne pouvaient approuver ni signer la réponse que les susdits plénipotentiaires voûtaient faire à la note de M. Doblado; et que, dans le cas où ils continueraient à s'opposer au rembarquement du sieur Almonte et de ses compagnons, et oij ils se refuseraient à prendre paft aux conférencps (jut devaient s'ouvrir six jours plus lard, dans cette môme ville d'Orizaba, avec les plénipotentiaires du gouvernement local, ils se retireraient du territoire du Mexique avec leurs troupes, et regarderaient la conduite des commissaires français comme une violation de l'acte de Londres et des préliminaires de la Soledad.
Ainsi se termina la conférence.
Les commissaires alliés, avant de se séparer définitivement, rédigèrent une note collective adressée au gouvernement mexicain, pour lui annoncer «qu'ilss'élaient trouvés » dans l'impossibilité de se mettre d'accord sur l'interprén tation de la convention du 31 octobre lâ6l . »
Les commissaires français ne tardèrent pas à profiter de
(1) L'amiral Jurlen rutsait ici nllulion à la mort du ginèral Roblet FezueU.
H. Rolilct, ooinptoraitdtiit iMèitnriBeaUquia'élaictit paHèadBpuia IroiianB, l'était iFiiu ckIiA pendant |iluaieurs muis, après la priae tlii Mexicu, dam l'bOlei même de H. de Sulignj. De \i, il t'éUA rendu h tiuaiiagualD, oi il vivait tranqiiillciiinit «OUI la proiretii'O de N. D>iblado, gouverneur conililuiionnel de cet Eut. Ouuiid M. DubiailD fui iiamiiri niinislio dei alTainn ètrangërea, Robin obtint de lui l'autoriuiliun de revenir i Ueiuco, Mut la condition eXjire'^ae de ne s'jr poiul mèii-r de politique. Hallieureuiemenl il ae mit en relation avec Almunleel le ppre Hirunda, et un lui unlouna de le rpndre, tur parait, h Sombrerele, dani l'Etal de Zocatec» llublei, au. lieu de prendre la route du Hurd prit celle d« rOueat qui etmduitail an cain|i dee allii*. Il tut arrtlè prAi d'Or^iaba, traduit en jugeiiK-nt pour crime de Iruhimn, eondamoé et paiit par lei arme», le 33maralS62.
|.,....A,OOglC
RUPTURE DES CONPÊREHCBS. 337
la liberté d'atlure que leur laissait le départ des commissaires anglais et espagnols. Ils Brent fiarvenir le 9 avril, par un message particulier au gouvernement mexicain, leur refus à la demande d'expulsion d'Àlmonte et de ses i^Dls. Il était impossible, disaient-ils, d'acquiescer à cette demande relative à un bomme « étranger aux passions des partis, et investi de la confiance du gouvernement de TEnipereur. * Ce message parlait en termes vagues de nouvelles persécutions contre les Français, qui forçaient les représentants de la France d'abandonner a lu voie où le désir d'éviter Teffusion du sang les avait engagés... »
H. Billautt, défendant Almonte devant le Corps législatif, a soutenu que ce dernier n'étant ni proscrit ni condamné, se trouvait placé sous 'la protection du droit commun. M. Billaull savait mieux que personne que le litre de proscrit ne défend pas toujours contre les demandes d'expulsion ou d'internement de la part du gouvernement proscripleur; était-il possible d'ailleurs d'invoquer le droit commun en faveur d'un homme qui, après avoir prêté sermeotà la Constitution de 1857, en qualité de ministre du Mexique à Paris, nommé par Comonforl, avait violé son serment pour servir la réaction, et qui, destitué par Juarez, non content de se faire l'agent actif des intrigues destinées à appeler l'étranger dans son pays, y nouait, à peine débarqué, de nouvelles intrigues pour renverser le gouvernement?
Le comte Hussell était loin de partager l'opinion de JA. BilUuIt sur Almonte, car le 21 avril 1862, à ces trois questions posées par son représentant au Mexique : i" H. de ^aligny a-t-il eu raison de permettre à des émigrés tels que le général Almonte et le Père Miranda de pénétrera l'intérieur sous le pavillon français, ou bien le général Prim et
tAXlLt VCLORD. lU — 23
i..i-,.. :,Googlc
le représentant de S. M. Britanoique ont-ils eu raison de protester contre cet acte? 2" Le général Prim a-t-il eu raison, dans le cas oîi le commissaire Français persisterait dans ses exigences, de se décider à retirer ses troupes du territoire mexicain? 3' Dans le cas également où te commissaire français persisterait dans ses exigences, la convention du 31 octobre doit-elle être considérée comme rompue ou seulement comme suspendue? Le ministre de la reioo Vicloria répondit que le général Prim et le représentaul du gouvernement britannique étaient parfaitement fondés à protester contre le permis en quelque sorte donné par M. Dubois de Saligny au général Almonte et au Père Miranda pour pénétrer dans l'intérieur du Mexique sous la protection du pavillon français; que ie générai Prim avait eu grandement raison de se décider à retirer ses troupex pour le cas où le représentant français persisterait dans ses exigences, enfln que dans ce cas la convention du 31 octobre ne devrait pas pour cela être considérée comme rompue ou terminée, mais seulement comme suspendue.
Le message des commissaires français ne permettait pas au gouvernement mexicain de se faire illusion sur la situation, et, quoiqu'il n'eût reçu encore aucune déclaration de guerre, il comprenait que la paix était impossible. Le message contenait en effet les phrases suivantes, qui ne peuvent guère laisser de doutes sur le parti pris des commissaires impériaux de rendre une rupture inévitable. • C'est le gouvernement mexicain qui, de ses propres » mains, a déchiré les préliminaires de la Soledad, en persis- » tant à se livrer chaque jour aux mêmes actes coupables «contre les personnfts et les propriétés des sujets do S. M. L » etcontrelesprincipes les plus sacrésdu droit des gens
» Les soussignés regrettent d'avoir à ajouter que certains