I.^ négociations relatives à la convention du SI octobre
L'OPINION PUBLIQUE S'ALiRHB EN FRANCE. 3A9
n'avaient été connues en France nuo le 24 septembre, par un article du Morning-Post. La Patrie déclara que les renseignements du journal anglais manquaient d'exactitude, et que le gouvernement n'avait encore pris aucune décision sur la façon de régler son différend avec le Mexique. Les autres journaux demandèrent timidement au gCHiTomemenl de s'expliquer. Une note insérée dans le Moniteur ne leur apprit pas grand'chose. L'opinion publique s'était sentie soulagée en apprenant la signature des préliminaires de la Soledad. Ou crut généralement que les renforts en route pour le Mexique ne débarqueraient pas ; mais on apprit bientôt avec tristesse que le gouvernement hnpérial désavouait celte convention et qu'il allait continuer seul l'œuvre commencée à trois. M. Michel Chevalier, membre du Sénat, en annonçant, dans un recueil important, le cboix de l'archiduc Maximilien, «désigné pour la lourde tâche d'inaugurer la couronne mexicaine » ,- déclarait que r«xpédilion du Mexique avait pour but d'assurer la prépondérance de la France sur les races latines et d'augmenter l'influence de ces dernières en Amérique. La grandeur d'un tel but et les efforts qu'il exigeait n'avaient rien à** rassurant. Si la pensée de protéger sur le continent américain l'existence et les intérêts des populations de race latine était élevée et jusqu'à un certain point politique, on n'en pouvait dire autant de celle de s'opposer à l'extension de la ttépuUique des Ëtats-Unis, chimère dont les journaux du gouvemements'élaientfaitslesdét'enseurs. La menace d'un Ëoaflit plus ou moins lointain avec cette puissance pesait donc sur l'expédition du Mexique. I^a presse impérialiste essayait vainement de la justifier par la nécessité de défen ~ dre les intérêts du commerce et l'honneur du drapeau franuais. Pourquoi, leur demandait-on, les associer à une ten-
' tative de restauration n)ODarcbique?$'iniBgitie^t-on qu'il soit aisé de trouver dans une mauvaise république les éléments d'une bonne monarchie? L'élat de ses finaoees permet-il d'ailleurs à l'Empire de tenter des essais de ce genre ? la France a-t-elle de l'argent de reste pour subven* tiouner une monarchie mexicaine et pour entretenir un archiduc sur le trône? Les serviteurs les plus compromis de l'Empire déploraient dans l'intimité cette funeste expédition. M. Rouher, qui ne devait pas tarder à la présenter comme une des conceptions les plus hautes du génie do l'Empereur, la criblait de ses sarcasmes. Les journaux officieux, il est vrai, ne tari»saienl pas d'articles élogteux en l'honneur de cette grande idée, et la Patrie célébrait tous les soirs la candidature de Maximilien, qui « fournissait un moyen d'offrir à l'Autriche, en échange de la cesaon volontaire de la Vénétie, des dédommagements territoriaux satisfaisants ». Les journaux allemands, intéressés, il est vrai, dans l'affaire, mettaient vainement en doute cette candidature; la Patrie maintenait ses affirmations, en les appuyant sur l'adhésion de vingt et un Ëtats — le Mexique eu compte vingt-deux en tout— à l'établissement d'une monarchie avec un archiduc pour roi, et sur l'enthousiasme des Mexicains à la vue des troupes françaises. Les plus brillants récits de leur marche à travers le Mexique saivaient ces nouvelles fantastiques. Les populations venaient de tous c6tés au-devant de nos compatriotes. Le voiâinage des Anglais leur avait un peu nui dans les (Hreœiers moments ; mais, depuisqu'on savaitqueies Français ne sont pas hérétiques, la satisfaction populaire n'avait pas de bornes, et le Mexique appelait de tous ses vœux le m^tre que Napoléon 111 lui avait choisi. Les journaux démoeratiques, peu touchés de l'idée dont on essayait de les learrer.