‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 66 sur 148 · DISCUSSION DE L'ADRESSE AU CORPS LËCISUTIF. 3S · texte numérisé non relu

DISCUSSION DE L'ADRESSE AU CORPS LËCISUTIF. 3S

projet. Il différait peu de celui du Sénat : même approba' tion de la politique du gouvernement en Italie, et de l'expédition du Mexique, dont cependant « on espérait la fin heureuse et prochaine ; » remercînients au chef de l'État d'avoir « forliûé les institutions par la liberté, et assuré l'économie dans les finances. » — L'auteur du projet ajoutait, en s'adressant à l'Empereur : « Vous nous accordez ainsi un reflet de votre popularité. »

La discussion commença le 4 février; MM. Plichon, Kolb-Bernard, deNesIe, Anatole Lemercier, Emile Ollivier, prirent part au débat. M. Plichon signala les détestables effets des candidatures ofticieltes. Un siège de député vientil il vaquer, dit-il, les candidats ne songent point à s'adresser aux populations, mais au gouvernement; l'assentiment du pays n'est plus que secondaire ; le point important, c'est l'attache de l'autorité. M. Plichon affirma que plusieurs députés, autrefois patronnés par le gouverne- Dient, étaient devenus l'objet des attaques administratives par le seul motif que l'un d'eux avait contribué à faire rejeter le projet du chemin de fer de Graissessac et que l'autre avait présenté un rapport défavorable dans l'affaire de la dotation du comte do Pa-li-kao.

t Le pays est las de l'arbitraire, dit M. Plichon en concluanl; il demande i éire gouverné régulièrement, sous le contrôle de pouvoirs publics iadépendanis et dont l'indépendance soit respectée par chacun de leurs membres. Il demande que la presse, soustraite au bon plaisir et'au monopole administratif, redevienne lilire sous la garantie des lois et des tribunaux ; il demande que la liberté électorale cesse d'être un lain mot, et a pense que de toutes les affaires ie la France, il n'en est pas une qui ne soit plus particulièrement sienne, u

M. Anatole Lemercier reprit le thème de M. Plichon, et dénonça le pouvoir discrétionnaire exercé par les préfets et le ministre sur les journaux. Il nia que la nécessité de ré-

primer les attaques contre ta Constitution et la dynastie eût été, ainsi que le prétendait V Exposé de la situation de f Empire, Tunique cause des avertissements distribués à la presse en 1852. M. Lcmercier compléta les renseignements fournis par l'orateur précédent sur les remaniements des circonscriptions électorales, ctsur les difficultésqu'onoppose à la réélection des membres de la majorité qui, en un point quelconque,se séparent momentanément du gouvernement; son discours n'était en résumé qu'une longue et pressante interpellation à t'adresse des ministres sans portefeuille. JjË gouvernement méditait sans doute sa réponse; personne ne se leva pour répliquer à l'orateur.

M. PHckon (se tournant vers le banc de MM. les commissaires du goilvernement) : Ainsi, on ne répond pas.

M. Baroche : Pas aujourd'hui.

Les Cinq avaient présenté, sur le second par^rapbe de l'adresse relatif au calme parfait dont jouit la France, et à la force incontestée des pouvoirs publics, l'amendemeol suivant :

« Le droit d'élire implique le droit de conaalire, de discuter, de juger, par conséquent la liberté.

u Depuis le décret du Si novembre, le mot de liberté est sans cesse prononcé dans les discours orUciels, mais en réalité, les pratiques du gou- Ternemeut n'ont pas changé. Il cootioue i interdire toute initiative iotellectuelle, toute diicusaion libre, toute vie municipale indépendante. Il prod^ue aux journaux des aveniascmenlg, mâme lorsque le principe du gouvernement n'est pas attaqué, et il ne cesse d'exercer sur eux ime pression clandestine.

u La dignité de la Dation exige que celte contradiclion entre la parole et l'acte ait un terme. Qu'on ne nous em;)&che pas de jouir de la liberté, ou qu'on cesse de nous en vanter les bienÉaits, et de nous imposer l'iuimi* liatiôn de nous entendre déclarer seuls iodignei de posséder un bien que, depuis notre grande Révolution, nous avons si souvent assuré sux autres. »

M. Ollivier, ctiargé de soutenir l'amendement, divisa l'histoire du gouvernement actuel en deux périodes : l'unCf

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