‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 7 sur 148 · LES FRANÇAIS PËHËTREKT DANS LK LIBAN · texte numérisé non relu

LES FRANÇAIS PËHËTREKT DANS LK LIBAN

ainsi l'Europe, sans porter un coup trop sensible à l'influencedu parti musulman en Syrie, mais, sur t'iDsistaoce de la commission européenne, il dut se résigner à aiettre en jugement les membres du grand conseil de Damas.

Les chefs druses, principaux auteurs du* massacre, s'étaient réfugiés dans le Liban; le général d'HautpouU Beaufort, décidé à s'en emparer, avait manifesté l'intention formelle de pénétrer dans la montagne ; l'occupation de Damas, la ville sainte, par les infidèles devait être la suite de ce mouvement. Fuad-Pacha, pour l'empêcher, se ré-* signa enQn à faire fusiller Achmet-Pacha, gouverneur intérimaire de Damas, le colonel Ali-Bey, qui avait livré au poignard des Druses les chrétiens confiés à sa garde» te lieutenaut-colonel Osman- Bey, gouverneur de Hasbeya,. et le chef de bataillon chargé de défendre Rhasbeya. Le 18 septembre, huit misérables de la populace furent également exécutés, pendantquelesmembresdu grand conseil comparaissaient devant leurs juges. Le principal accusé fut condamné à une détention perpétuelle, et sa famille aa bannissement. Des condamnations à dix, à cinq années de détention et à sept ans d'exil frappèrent douze de ses coliques. Les autres condamnés transportés à Beyroutfa y restaient pendant ce temps-là en pleine liberté; les énergiques réclamations de la commission internationale mirent un terme à ce scandale.

Le général d'HautpouI, résolu malgré tout à poursuivre son expédition, se mit en marche à la tète d'une colonne^ à laquelle Fuad-Pacha fut obligé de joindre ses troupes. La petite armée partit dans les derniers jours du mois de septembre 1860. Le plan consistait à combiner les opérations militaires de façon à attaquer les Druses par Beyrouth et à inlercepler en même temps leur retraite sur

MXILE DGLOU. ni — 3

It; Haurao. Le général d'Hautpoul eut l'imprudeDce de confier aux Turcs i'eiécution du principal mouvcDient : les Druses passèrent entre leurs lignes complices, et IVxpéditioneut pour tout résultat la capture de quelques ceotaiues d'individus obscurs qui passèrent devant un tribunal spécial au nombre de 290, sur lesquels 20 furent condamnés à mort, les autres acquittés.

Les coupables de Damas étaient seuls punis, encore des doutes subsistaient-ils sur l'exécution des plus importants d'entre eux; beaucoup de gens niaient celle d'Acbmet- Pacha (i).

La commission internationale exigeait, comme indemnité pour les victimes, fiO millions de piastres ; mais ta Porte, prétendant que te droit de fixer le montant des indemnités n'appartenait qu'à elle seule, ne voulait accorder que 10 millions de piastres payés par les habitants de Damas, et 10 millions payés par elle. Le gouvernement impérial repoussait celte ofi're, quoiqu'elle fût appuyée trèsvivement par l'Angleterre ; ta commission, en attendant le règlement de l'indemnité pécuniaire, exigeait des Druses, dans le délai de cinq jours, une contribution en objets mobiliers et en grains au profit des chrétiens. L'Angleterre, non contente de s'y opposer, demandait que le corps d'occupation français quittât la montagne et se concentrât sur le littoral.

Tel était l'élat des choses en Syrie à la fin de l'année 1Ô60.

(1) Ditcoura de H. da la Rocbqaaquelein au Sioat, léanw du lA mai.

SUITES DE U CUKItRE D'ITALIE

Sonuiu. — Impuisunee de la coaTcation de VilUfraaca. — SM'csniei. — La (OBveTuemeat impériil modlfle sa politique dam un aens bvorabla à l'Italie. — La brochure Le Pape et le Congrès. — DifUcuUés loulevées par la propeiKisn da Congre*. — !•«■ quatre propsiitioai. — Anoexion de U Savoie et de Hic* 1 la France. — Eipédition de Sicile. — Eolrevue de Chambèry. — ?réparBtfb d'uBe gmire. — Le» troupe* piémontaise* pénètrent sur le territoire pontiScal.

— Bataille de CastelOdardo. — Le royauina de naplea. — Sa lituation iutériflure. — Tentative* pour amener une aJllaace, entre Kiplea et le Pidoioat, — Garibaldi pa**e le détroit. — Cooqufite du rojaucge de Naple* par GaritMldU

— Fraotoia II i Gaite.

La convention da Villafranca n'était qu'un expédient dont les événements démontrèrent bientôt la fragilité. Son exécution loyale exigeait que l'empereur d'Autriche fit de ta Vénétie une province italienne, et du quadrilatère un moyen d'attaque et de défense contre lui-même ; que les princes absolus de l'Italie centrale consentissent à devenir des souverains constitutionnels, et surtout des souverains italiens; que le roi de Naples leur donnât. l'exemple de cette transformation, et enSn que le Pape se mtt à la tête du mouvement libéral dans ses Ëtats et dans la Péninsule.

Les illusions sur la possibilité de tels changements se dissipèrent bientôt» et la question italienne resta posée de la façon suivante : reconstituer l'ilatie ancienne d'avant Hagenla ou Soiférino, ou permettre à l'Italie nouvelle de naître et de se développer. Les Italiens commençaient à désespérer de devoir jamais ce résultat à leur sdlîé de Magenta et de Soiférino, lorsque la politique du gouvernement impérial à l'égard de l'Italie subit un changement annoncé dans la brochure Le Pape et le Congrès. Le rem-

se L'EMPIRE.

placement de M. Walewski par H. Thouvenel au ministère des affaires étrangères donnait plus d'importance à ce revirement qui eut pour première conséquence la rentrée de M. de Cavour aux affaires. La Chambre fut dissoute, et pendant qu'on dressait les listes électorales dans le Piémont et dans la Lombardie, M. de Cavour hâtait l'annexion de l'Italie centrale.

L'Autriche pourtant ne perdait pas tout espoir de refaire l'Italie ancienne; elle comptait sur le congrès proposé par Napoléon III, mais ce congrès se réunirait-il 7 La Russie et la Prusse ne consentaient à s'y faire représenter qu'à la condition de garder leur liberté d'action; l'Angleterredemandait qu'il fùtconvenu d'avance que les princes italiens dépossédés ne pourraient être rétablis par la force ; la cour de Rome exigeait au contraire que les décisions du Congrès fussent exécutoires par les armes.

Le gouvernement impérial sentait de plus en plus le poids des difficultés soulevées par sa proposition de congrès. L'Angleterre, pour le remercier de la signature du traité de commerce, lui vint en aide, en soumettant à son acceptation et à celle du cabinet de Vienne les propositions suivantes : i' renonciation de la France et de l'Autriche à toute intervention en Italie sans l'autorisation des puissances ; 2' rappel de l'armée française du nord de l'Italie et de Rome dans un délai convenable ; 3° organisation intérieure de la Vénétie laissée en dehonj des négociations entre les puissances; ft" invitation au roi de Sardaigne par l'intermédiaire de l'Angleterre et de la France de ne pas envoyer de troupes dans les États de l'Italie centrale, jusqu'au jour où tes populations auraient fait connaître leurs vœux par un nouveau vole.

Le gouvernement impérial modifia ces propositions et en

AHHEXION DB U TOSCANE ET DE L'£HILIE. S7

réduisit le nombre aux trois suivantes : aonexioa des duchés do Parme et de Modène au Piémont ; administration temporelle des légations, de Ferrare et de Bologne sous la Forme d'un vicariat exercé par te roi de Sardaigne au nom du Saint-Siège; rétablissement du grand-duché de Toscane dans son autonomie politique et territoriale. Le gouvernement impérial déclarait en môme temps que si la Sardaigne repoussait ces propositions, il revendiquerait riudépendonce de sa politique et la liberté de ses résolutions.

Un refus de Viclor-Emmanuel pouvait lui enlever l'appui de Napoléon IH, et le discours de l'Empereur à l'ouverture des Chambres confirmait cette appréhension. M. de Cavour ne craignit pas cependant de laisser aller les choses en ce qui concerne le vote de l'Italie centrale, persuadé que la politique secrète du gouvernement impérial était bien différente de celle que les circonstaDces lui commandaient de suivre publiquement, et qu'il ne méconnat- Irait pas les arrêts du suffrage universel- Quant au vicariat, il y consentait d'autant plus aisément qu'il était bien sûr du refus du Pape.

Le suffrage universel dans la Toscane et l'Emilie se prononça pour l'annexion à une immense majorité. Le Pape menaça Victor-Emmanuel d'excommunication ; l'Autriche et les princes dépossédés protestèrent ; la Russie el la Prusse témoignèrent leur mécontentement. L'Angleterre parut tout approuver jusqu'au jour oîi l'anoexion de l'Italie centrale au Piémont détermina le gouvernement français à presser l'exécution des conventions relatives à l'annesioD de Nice et de la Savoie à la France. Le gouvernement anglais éleva tout à coup des réclamations contre ces conventions dont il connaissait cependant l'existence, car le

niéconteatement du parlemeot menaçait l'existence ministérielle de lord Palmerslon.

Le parti révolutionnaire italien de son côté protestait avec indignation contre toute pensée de cession de territoire. H. de Cavour aurait voulu, pour lui donner une fîche de consolation, garder Nice. Il essaya de traîner les choses en longueur el d'amener le gouvernement ioipérialàsoumettre la question des annexions aux puissances. L'Empereur feignit de prêler l'oreille à ces ouvertures, dans l'inlenlion de permettre à lord Palmerston de consolider sa position fortement ébranlée, et avec la volonlé de n'accepter aucune décision contraire à ses vues.

Les Italiens crurent un moment que Napoléon III se contenterait de la Savoie, et qu'il abandonnerait ses prétentions sur Nice en présence de la protestation du gouvernement anglais. M. de Cavour qui partageait cette illusion fut désagréablement détrompé lorsque en rentrant d'un bal offert au roi par les notables négociants de Milan, il reçut des mains même de M. de Talleyrand, minisire du gouvernement inapérial , un télégramme arrivé dans la nuit même avec l'ordre de le communiquer sans nul retard au chef du cabinet italien. Ce télégramme annonçait le rappel de l'armée d'occupation française, et donnait l'ordre dereprendre tout de suite les négociations au sujet de la cession de Nice et de la Savoie. « Il tient donc beaucoup à la Savoie et à cette malheureuse ville de Nice » , dit-il enfroissant entre ses mains ce télégramme qui contenait à la fois un ordre et une menace. M. de Cavour les braverait-ilî On assure qu'il y songea un moment, mais il avait besoin. d'un appui, et l'Angleterre, dont le ministre àTurin l'avait souvent encouragé dans ses velléités de résistance aux. TOlonlés de Napoléon m, n'était pas une alliée sur laquella

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