PLÉBISCITE POOR H[CE ET LA SAVOIE
il pût sérieusement compter. L'interveotioD des puissances dans une question résolue d'avance n'élait.qu'un rêve. Il se résigna. Le traité dressé en quarante-huit heures, et signé le 3il mars dans le cabinet de M. de Cavour, ne porte pas les mots d'annexion ou de cession, mais celui de réunion de la Savoie et de Nice à la France. Ce fut la seule concession qu'il obtint.
Le plébiscite fut fixé au 15 avril pour Nice et au 22 pour la Savoie. M. Thouvenel se ehai^ea d'en faire accepter le résultat aux puissances signataires des traités de 1615. La Suisse seule présenta des observations. Le Conseil fédéral soutint que les traités de 1815 en rendant la Savoie à la Sardaigne avaient établi par une disposition spéciale qu'en cas de guerre entre les puissances voisines, une portion du territoire de la Savoie, le Faucigny et le Cbablais participeraient à la neutralité de la Suisse. Le traité de Turin du 2/[ mars constatait cette neutralité, mais le Conseil fédéral exigea qu'elle fût de nouveau sanctionnée par les puissances signataires des traités de 1815.
Le nouveau royaume d'Italie ne devait pas tarder à compenser par des annexions plus qu'équivalentes la diminution du territoire qu'il subissait par suite de la perte de la Savoie et de Nice.
Le gouveroemeut pontifical, qui recrutait depuis longtemps des soldats en Autriche, se flattait d'avoir une armée. Il ne lui manquait plus qu'un chef capable de la conduire k la victoire. Le général Lamoricière avait, comme on l'a vu , accepté le commandement en chef de l'armée pontificale à condition qu'il n'aurait pas à solliciter lui-même du gou- . vemementimpérial l'autorisation officielle qui seule pouvait lui permettre de l'exercer sans cesser d'appartenir à-l'armée française. Le gouvernement romain s'était chargé de la de-
maDder. Le cardinal Antonelli ne pouvait douter de l'empressement, du moins apparent, de Napoléon m à donner au général Lamoricière l'autorisation de servir à l'élranger ; il délivra cependant la commission avant d'avoir reçu la réponse de Paris, comme pour indiquer qu'il saurait s'en passer au besoin. Le général Lamoricière, à peine en règle avec le gouvernement impérial, accourt à Rome où sa présence devient le signal de bruyantes manifestations. Des députations légitimistes se font présenter avec pompe à Sa Sainteté. I^urs orateurs tiennent aux pieds du trône pontifical un langage empreint de la plus grande exaltation royaliste. M. de Gramont écrit au ministre des affaires étrangères' le 11 avril : « Hier un air de mystère régnait au Vatican : on arrêtait les visiteurs en leur demandant : n Ëtes-vous Bretons? » et on leur expliquait que les salles étaient momentanément fermées, parce que le Saint-Père y recevait l'hommage de la Bretagne qui venait prolester contre l'Empereur. Samedi dernier, c'était le tour des Lyonnais. Un Français, qui, bien que catholique fervent, n'a pas cru devoir répudier des sentiments conformes à sa nationalité, fut interpellé vivement en ces termes : « Monsieur, on est sujet du pape avant d'être sujet de son souverain; si voas n'êtes pas dans ces idées, que venez-vous faire ici?»
M. de Gramont ajoutait : «Tout ce que je vois ne fait que conGrmer mon opinion sur l'opportunité du départ des troupes. »
I^s amis les plus ardents du pape ne contestaient point ses torts et btàmaientsa conduite provocante. Ils comptaient sur le temps pour l'adoucir, mais le temps et les changements qu'il apporte avec lui semblent ne pas exister pour la cour de Rome. On pouvait en dire autant^e la cour de