‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 70 sur 148 · LES ÉLECTIONS GËNËRALES DANS LES DEPARTEMENTS · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS GËNËRALES DANS LES DEPARTEMENTS

SOKHMBE. — Début) de l'atmée 1S63. — La criia colonnière. — Diilrtbution des réeompenies aui expoianlsfrançaii à Londrei, — InierdicUou des lecturec publiques au bènéJlcedes ouvriGndela Seine-lnt£rieure. — Saisie de Vffisloire delà maison de Conrfrf,— N'oledujtfoiiiïeur surle iotnple rendu des Chambre».

— Ëlection à l'Acodémie. — H'' Dupanloup, év£qu« d'Orléans, et M. Littré.

— Préparatifs pour les élections da 1HS3. — Vojrage de H. Garnier-Pa^ dam les dëpartemenls. — L'abilention. — Etat de l'opinion dans les pendes villes. — Formation de quelquei comités. — Candidature de H. Thiers. — Question du serment. — L'Union libérale. — Dttllculté qu'elle éprouve à se former. — Le parti catholique. — La légitimité. — L'orléanUme. — Le suffrage anivertel el l'administratiao. •- Itésultat des ëlecUons dam les dépar-

te coton n'arrivait plus en Europe depuis la guerre d'Amérique. Les ouvriers de la Seine-Inférieure êodaraient, par suite de cette disette, des souffrauces qui exigeaient un prampt soulagement. Les journaux firent un pressant appel à la charité publique; le Siècle proposa de placer des troues destinés à recevoir les dons pour soulager les ouvriers cotouniers dans tous les lieux publics, musées, théâtres, concerts, bals, et de leur consacrer le le produit de la journée de travail, de solde, de traitement ou de revenu de chaque citoyen. Une souscription ouverte dans ses bureaux produisit une somme de deux cent mille francs ; M*' Dupauluup, bientôt imité par ses collègues de l'épiscopat, sollicita, dans un mandement éloquent, la charité publique. M. Emile Ollivier demanda, sans l'obtenir, l'autorisation de convoquer une réunion publique consacrée à recueillir des offrandes; l'élan charitable était unanime, mais il s'agissait de nourrir trois cent mille êtres humains.

UORT D'HORACE VEBNET. 3S3

La charité privée n'y pouvait suffire, car même eu tenaut compte des secours du gouvernement et des travaux publics oi^anisés dans la Seine-Iaférieure, elle aurait eu à fournir des millions, et c'est à peine si en dehors de ce département où le spectacle de tant de misères stimulait la bienfaisance, on recueillit quelques centaines de mille francs.

Les produits si abondants de la quête pour le denier de saint Pierre, mis en regard des maigres résultats de la souscription pour les ouvriers cotonniers, donnaient lieu à des quemlles d'autant plus déplorables entre les journaux que les circonstances rendaient l'entente plus nécessaire. C'est • au milieu de ces discussions bruyantes que disparut de la scène du monde qu'il avait longtemps occupée avec éclat un peintredont le talent, inférieur peut-être àla renommée, ne contribua pas moins que celui de Casimir Delavigne et de Béranger à relever la popularité du premier empire, pour lequel il combattait à la barrière de Clichy. Horace Vernet mourut le 17 janvier, à 1'^ de soixante-quatorze ans, presque oublié de la génération qu'il avait charmée par son esprit, quelques jours avant la distribution des récompenses accordées aux fabricants dont les produits avaient figuré avec le plus d'éclat à l'Exposition de Londres en 1862.

Celte cérémonie eut lieu le 25 janvier avec une trèsgrande solennité dans la salle des États au Louvre. L'Empereur prit la parole après avoir entendu le rapport du prince Napoléon et développa un prt^ramme répondant à certaines préoccupations politiques entrées, depuis quelque temps, dans beaucoup d'esprits.

« Si les étrangers, dil-il, peuvent nous envier bien des cliosea utiles, nous avons aussi beaucoup è apprendre chez eai. Vous avez dû, en effet, 9lre frappas en Angleterre de cette liberté sans restriction laissée k la minifeslaiion de toutes les opinions, comme au développement de tous les

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inlérfis. Vous avez remarqué l'ordre parfait maintenu au milieu de la vivacité des discussions et des périls de la concurrence. C'est que la libené / anglaise respecte toujours les bases sur lesquelles reposeut la Eociété et le pouvoir. Par cela même, elle ne détruit pas, elle améliore ; elle porte à la main dod la torche qui incendie , mais le tlambeati qui éclaire, et, dans les entreprises particulières, riaitialive individuelle, s'exertant Itoc une infatigable ardeur, dispense le gouTernement d'être le seul promoteur des forces vitales d'une nation ; aussi, au lieu de tout régler, laisse-l-il i chacun la responsabilité de ses actes.

>i Voilà i quelles conditions eiisle en Angleterre cette merveilleuse activité, celle indépendance absolue. La France y parviendra aussi le jour où nous aurons consolidé les bases indispensables k l'établissement d'une entière liberté. Travaillons donc è imiter de si profitables exemples; pénétrez-vous sans cesse des saines doctrines politiques et commerciales, onissez-vous dans une même pensée de conversion, et stimulez cbez les individus une spontanéité énergique pour tout ce qui est beau et utile. Telle est votre tâche. La mienne sera constamment de prendre le sage privés de l'opinion publique pour mesure des améliorations, et de débarrasser des entraves administratives le chemin que vous devez parrourir. »

L'Empereur, après avoir approuvé l'usage qu'on avait fait de la liberté tians l'élection des délégués ouvriers envoyés à l'Exposition, rappela tes craintes dont dos voisin<i étaient saisis. «La voilà donc réalisée, cette redoutable » invasion depuis si longtemps prédite, » s'éciia-t-il en parlant de l'Exposition.

M. Ferdinand do Lasteyrie, trois semaines après ce discours où l'Empereur disait : « Stimulez chez les individus une spontanéité énergique pour ce qui est beau el utile », ayant eu l'idée de réunir un certain nombre de gens de lettres et d'organiser avec leur concours des lectures publiques au profit des ouvriers de la Seine-Inférieurcj dans le genre de celles que le romancier anglais, Charles Dickens, avait faites à Londres au bénéBce des ouvriers du Lancashire, le préfet de police trouva dangereux pour le gouvernement d'autoriser des prefesseursdu Collège de France, des académiciens, des journalistes, à communiquer au public, entre deux bougies el à côté d'un verre d 'eau sucrée.

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HEStlRKS RESTRICTIVES DE LA L1BERT& DE LA PRESSE. SM

leurs impressions de voyage, ou leurs vubs sur la lillérature et les arts, voire même d'analyser une scène de Tartufe ou du Misanthrope.

La saisie du liTrç du duc d'Âumale, \' Histoire de la maison de Condé, au moment de sa mise en vente chez l'éditeur Lévy, et la note du Moniteur du 9 février, pouvaient dbnner à réfléchir sur le libéralisme du gouvernement. Cette note rappelait avec menace aux journaux qu'en vertu de la Constitution, les comptes rendus des séances du Sénat el du Corps législatif par les journaux ou par tout autre moyen de publicité ne pouvaient consister que dans la reproduction des débats in extenso dans le Journal officiel ou du compte rendu rédigé sous l'autorité du Président.

Le public semblait prendre à la lecture des débats des Chambres un goût de plus en plus vif, que le gouvernement ne jugeait pas prudent de favoriser en aucun temps et surtout à la veille des élections. La note du Moniteur répondait à cette intention.

Le sort de la Pologne touchait fort la jeunesse française. Le 13 février, douze ou quinze cents étudiants en droit et en médecine, au sortir dn cours de M. Saint-Marc Girardin, se dirigèrent vers l'bâtél du prince Czartoriski au cri de ; Vive la Pologne! Les sergents de ville dispersèrent cette manifestation, et Qrent même quelques arrestations. La Pologne fut à la même époque pour le prince Napoléon l'occasion d'un incident assez désagréable. Il avait, dans son discours du 17 mars au Sénat, fort maltraité le comte Wielopolski. M. Sigismond Wielopolski lui écrivit : « Vous » vous êtes exprimé à l'égard de mon père d'une manière » outrageante. Je viens comme fils demander à Votre B Altesse Impériale, pour cette indigne offense, la satisfac-

lAxiui DtLon. ni — 35

X tioD qu'un homme d'honneur ne refuse jamais. » Cette provocation ne fut pas acceptée.

La passion religieuse, chose étranjçe dans un temps d'incréduitté oa de scepticisme comme celui-ci, se mêlait chaque jour davantage à toutes les manifestations de la vie sociaie. Le Théâtre-Français avait représenté une comédie de M. Emile Augier; te Fils de Giboyer, dont le principal personnage, comme Tartufe^ était copié, disait-on, sur un personnage réel, dont on citait le nom, et qui figurait tu premier rang des repi'ésenlanls de la presse religieuse. La première représentation de cette pièce avait occasionné au parterre du Théâtre-Français quelques protestations qui se montrèrent assez persistantes dans quelques départements pour ohliger les maires à l'interdire. Chaque électioQ à l'Académie française devenait, d'un autre côté, une dSkite de religion. La salle du palais des Quatre-Nations s'était ouverte deux fois an public depuis le commencement de l'année pour la réception de deux académiciens, iMM. Albert de Brogtic et Octave Feuillet, l'un connu par son dévouement à l'élise, l'autre par le caractère catholique de ses principaux romans. L'Académie avait deux membres à remplacer, MM. Biot et le duc Pasquier : quels seraient leurs successeurs? L'élection du père Lacordaire ayant été saluée comme le. triomphe de l'esprit de liberté et la preuve de l'alliance déûnilive entre la religion et la philosophie, plusieurs académiciens crurent qu'il convenait de sceller cette alliance par l'élection du représentant le plus illustre de la philosophie positiviste en France. Ils crurent que M*' Dupanloup, sans s'associer à l'élection de M. Littré, ne ferait rien cependant pour la combattre; mais ils furent bien vite détrompés. « J'ai parmi vous un titre que je porte seul : je suis prêtre. Je ne puis pas plus quitter

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tna mission que mon titre, et vous m'avez nommé tout entier. » Tel fut le langage de M** Dupanloup dans l'avanlpropos d'un Avertissement à ta Jeunesse et aux pères de famille, véritable déclaration de guerre non-seulement contre M. Liltré, mais encore contre les académiciens dont « les théories détruisent Dieu, l'âme, la vie future ».

M*' Dupanloup, prévoyant qu'on lui reprocherait d'attai]uer des hommes à côté desquels il avait sollicité l'honocur de s'asseoir, cherchait à se justifier d'avance par ce sophisme : « Sans doute ils sont mes confrères, mais je suis » le leur ; et si cette qualité no les a pas empêchés d'attaw quer mes croyances, elle ne saurait m'empécber de les » défendre contre eux. > L'Académie avait toujours admis parmi ses membres des hommes d'opinions et de croyances diverses, sans avoir jamais eu la prétention de leur interdire de les exposer, sous peine de considérer la défense de leurs opinions comme des attaques personnelles contre -celles de leurs collègues. M" l'évéque d'Orléans ne connaissait-il pas d'ailleurs les œuvres des académiciens qu'il soumettait à sa censure, quand il était allé leur solliciter leur voixî

L'Académie voulait-elle accepter un Credo qui l'eût j-endue impossible dans le passé, et qui la transformait •dans l'avenir en une assemblée religieuse imposant l'orthodoxie à la littérature? La question se vida te 2â avril. M. Liltré fut battu, après trois tours de scrutin, par M. de <^rné. L'orthodoxie triomphait à l'Académie, plus d'un siècle après qu'elle avait nommé Voltaire et choisi d'Alembert pour secrétaire perpiHuel. MM. Sainte-Beuve, Mérimée, Augier, de Sacy, de Rémusal, te duc de Broglie, Thiers, Mignet, Ampère votèrent pour M. Littré. IM. Dufaure rem{daça M. Pasquier sans lutte;

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Les avertissements, chaque jour plus nombreux, adressés aux journaux de l'opposition, les attaques directes des journaux officieux coutre certains hommes politiques, l'activité des préfets, annonçaicot l'approche des élections. Le gouvernement s'y préparait depuis le commencemeDt de l'année. Mais pour donner une idée exacte de ses préparatifs pour soutenir la lutte, il faut remonter aux premiers jours de l'anuée 1863.

Le bruit que le Corps législatif ne serait point appelé à ! épuiser son mandat, et que le gouvernement renoncerait I aux candidatures officielles, s'était fort répandu dans les derniersjoursde l'année précédente. La réponse de l'Empereur auxdéputés chairs de lui transmettre l'adresse, apprit au public que les députés élus en 1857 accompliraient leur sixième et dernière session. Le décret de convocation des électeurs, qui parut le 7 mai dans le Moniieiir, rassura les intéressés sur le maintien des candidatures officielles.

Les chefs du parti républicain, avertis par le bruit do la dissolution du Corps législatif, résolurent de faire un grand effort pour amener le parti tout entier à renoncer à l'abstention. Un homme d'un entier dévouement à sesopinions, d'une réputation sans tache, d'un caractère très-conciliant, estimé et honoré même de ses adversaires, avait fait en France, en 1851, une grande tournée électorale que lecoupd'Ëtat rendit inutile. M. Garnier-Pagès résolut de la renouveler. Il partit dans les dernières semaines de l'hiver, et il parcourut les déparlements depuis le Nord jusqu'aux Alpes maritimes, s'arrétanl dans plus de soixante villes. 11 trouva le parti républicain encore sous le coup de la seconde transportation opérée par le ministère du général Ëspinasse. M. Garnier-Pagès prévenait d'avance ses amis de son arrivée^ il trouvait ordinairement une ou deux

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personnes à la gare ou au bureau de la diligence ; cinq ou six autres personnes s'enbardissant arrivaient à l'heure du déjeuner; au momeat du dtoer, i) y en avait une vingtaine; ta réunion était presque doublée dans la soirée ; le lendemain on le priait de rester un jour de plus, et quand il pouvait se rendre à ce désir, il ne tardait pas à voir tous les principaux chefs du parti, rassurés les uns par les autres, se grouper autour de lui. Les plus courageux étaient toujours ceux qui avaient le plus souffert. Trente-cinq personnes se trouvaient réunies à Toulouse sous la présidence de M. Garnier-Pagès : « Mon cher ancien collègue, » lui dit le républicain chez qui la réunion avait lieu, B vous vojez ces fenêtres en face des miennes, elles sont X presque toujours occupées par des mouchards qui, ca- » chés derrière tes rideaux, surveillent tout ce qui se X passe ici, et j'offre mou appartement à des gens qui ne » sont pas moins surveillés que moi-même , car nous B sommes tous ici d'anciens transportés. »

Les abstentionnistes cependant étaient nombreux et tenaces parmi les républicains. Ce ne fut pas sans peine que M. Garnier-Pagès parvint à les tirer de leur système d'inaction ; de vraies batailles turent livrées par lui contre l'abstention à Saint-Quentin, à Dijon, à Bordeaux, h Lyon, dans toutes les villes importantes. M. Héiion avait réuni à Lyon soixante-quatre contre-mattres autour de ^ H. Garnier-Pagès ; on ne s'occupa pas seulement des / élections dans cette réunion, la politique générale y tint une grande place. H. Garnier-Pagès parla de l'affaire du Trent M du conseil qu'il avait donné au nom de tous les républicains à M. Bigelow, ministre des Ëtats-Unis, d'engager son gouvernement à la terminer. « Puisque vous connaissez le N ministre américain, s'écria un des contre-maîtres en s'a-

» dressant à Gamier-Pagès, dites-lui que la crise coton- » nière nous fait cruellement souffrir , mais que nous » sommes prêts a. souffrir jusqu'à ce que nos frères de- 1- l'Amérique aient détruit l'esclavage. » Marseille était la ville où le système de l'abstention avait fait !e moins de prosélytes. Les républicains marseillais s'étaient jetés dans l'action politique dès 1857. La terreur régnait encore à cette époque : aucune réunion n'était tolérée, tous les journaux républicains avaient été supprimés. Ils présentèrent cependant un candidat (1) qui obtint près de six mille voix, chiffre considérable si l'on se repoite au temps et aux circonstances. Ijcs Marseillais étaient donc d'avance disposés à agir lorsque M. Garnier-Pagès arriva à Marseille. Une députation d'une trentaine d'ouvriers se rendit dans la soirée à son hôtel : « Vous voyez ici, lui dit l'un » de ces ouvriers, d'anciens amis qui ne se saluent plus M depuis plusieurs années parce qu'ils sont divisés sur trois » questions. Les uns, fidèles aux traditions de l'alliance » carlo-républicaine du temps de la monarchie de Juillet, » veulent s'unir aux légitimistes et aux cléricaux contre- » l'Empire ; les autres seraient plutôt disposés à voter pour » les candidats bonapartistes contre les candidats légili- » mistes et cléricaux ; les derniers enfin demandent qu'on' • relève le drapeau républicain, et que le parti se reforme B sur le champ de bataille. Vous nous mettrez d'accord. * M. Garnier-Pagès prêcha l'union et la concorde à ces trois fractions, et le résultat de la réunion fut que le parti républicain essayerait ses forces et soutiendrait des candidats républicains. M. Garnier-Pagès continua son voyage dan» le Var, et, à son retour, on peut dire que le parti de l'ab-

(1) L'anteuT de ce Irire.

LES LISTES ËLECTORALI^ SONT À.rVKBtK<r. 391

steatioi) avait perdu la plus grande partie de ses adhérents. Une question importante avait été posée dans \e Siècle par M. André-Pa.squet. Le nombre des députés à élire, conformément au décret organique du 2 février 1852, doit-il être calculé d'après le nombre des électeurs inscrits sur les listes électorales, comme le voulait le gouvernement, ainsi que nous l'avons vu dans les débats du Corps législatif, ou d'après le cbitTre des électeurs dont l'existence est constatée par le dernier recensement quinquennal? La question fut résolue dans ce dernier sens par M. André- Pasquet et par le^ membres les plus importants du barreau de Paris, dans une consultation fortement motivée; le gouvernement crut devoir couper court à toute polémique àce sujet par un avertissement ministériel donné au Siècle: a Attendu qu'en persévérant avec une obstination systé- » niatique dans des attaques dénuées de fondement, et » malgré les rectifications officielles, il porte atteinte au V respect qui est dû à la Constitution et aux lois. »

Les listes électorales, révisées d'après le principe repoussé par la consultation, furent affichées le 15 Janvier, conformément à la loi, dans toutes les mairies de l'Kmpire. Les électeurs avaient dix jours pour les vérifier. De jeunes jurisconsultes, MM. Jules Ferry, Maillard, Puthod, Charles Floquet, Spuller, Emile Durier, Uérold, Ëmest Hamel, Rousselle, Colfavru, Laurier, Delorme, Gustave Cbaudey, Hérisson, L.éon Renault, Âudoy, de Barthélémy, Delprat, Delestre, Gambetta, Clami^^eran, André-Pasquet, Albert Fermé se mirent à la disposition des citoyens pour leur indiquer la marche à suivre dans le cas où ils auraient à réclamer leur inscription (1).

.A.OCV^IC

L'administration multiplia les obstacles autour de cette formalité: les listes ' électorales u'étaieut cotnmuuiquées qu'après sommation d'huissier; encore les maires ne cédaient-ils pas toujours. M. Léon Gambetta et Emmanuel Durand se virent obligés de se munir d'une ordonnance de M. Benott-Cbampy, président du tribunal civil, pour traduire en justice le maire du 13' arrondissement, afin d'obtenir communication de la liste électorale. MM. Jules Grévy et Clément Laurier plaidèrent sans succès pour les demandeurs.

L'état des esprits présageait une lutte beaucoup plus vive qu'en 1857. Les citoyens semblaient peu à peu reprendre courage. Les comités électoraux essayaient de se former; dès le mois de mars, ou mettait même déjà quelques noms célèbres en avant comme candidats dans diverses circonscriptions.

. Un membre du conseil général du Nord fut chargé par ses collègues de demander à M. Thiers s'il accepterait la candidature dans la circonscription de Valenciennes. M. Thiers répondit que « sous toutes les formes de gouver- » nement les bons citoyens ont à remplir des devoirs aux- » quels il ne leur est pas permis de se soustraire, et que » depuis le décret du "ili novembre, la Constitution ayant M été raodiQée et reconnue modiOablo, le serment n'était

puté •!« Paris démiuionnaire, est concilier municipal da Paris; H. SpuUer a èlé prdfot M BtUcM au cabinet de H. Gambetta ; il est auiourd'bui un d«* ridacleurt de la République frax.çaise; M. Ëraite Durier est secrétaire général du minitlère de la juttice et conseiller d'Stal en service extraordinaire ; H. Herald a rempli également ces fonctions et celles de minitire intérimaire de t'iniérieur soua le gouTernemcnt de la Défenie nationale et, >oua U présidence de H. Thiers, de membre de la coniniisiion remplaçant le Conseil d'Ëtat; H. ColbTru a été jufe de paii a Paris ; H. Laurier, clief du penonnel du ministère de l'intérieur de la délégaiion de Tours; H. Delorme, préfet; K. Gustave Ctaaude;, adioiat au maire de Paris, tusitlé par ordre de Raault Rigault, procureur de la Commune ; H. BérJtion, maire de Paris; H. Gambetta, membre de U délégation de Toun, miaiitre de l'inlérieur et miniilre de la guerre ; H. Léon Renault eit préfet de poliee.

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