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LE PRÉFET D'IUE-ET-VILAIHE CONTRE H. AUDREN DE KERDREL. il9
le clergé se propose d'exercer avant et pendant le scrutin ; quant aux instituteurs, le préfet les invite r à aller de hameau en hameau, de maisoti en maison » , pour obtenir des voix au candidat du gouvernement : « Leur devoir en ce moment est de seconder l'administration de tous leurs efTorls, de travailler sans relâche au triomphe de la candidature qu'elle recommande. » Le préfet est informé, en ■outre, que les ecclésiastiques se.proposenl de se rendre un grand nombre dans la salle du scrutin au moment de l'élection a&n d'influencer tes électeurs. Les maires, dans ce cas, ne doivent pas héàter à requérir en son nom tous li's fonctionnaires et employés en résidence dans leur commune et dans leur canton d'avoir à leur prêter leui' ■concours « pour assurer la liberté du vote ». Que les maires de s'effrayent d'aucune menace. « Le gouverne- » ment connaît ses amis et ses ennemis. Vous serez «soutenu dans l'accomplissement de vos devoirs de t> loyal fonctionnaire. L'appui du gouvernement ne fera 11 défaut à aucun des amis de l'Empire. Le temps n'est » plus où les fonctionnaires dévoués à leurs devoirs pou- » vaient être exposés à ta persécuUon des ennemis du gou- D vemement. »
Les maires d'Ille-et-Vitaine reçurent du préfet Fearl quatorze circulaires non moins pressantes et non moins confidentielles dans le délai d'un mois.
Le préfet de Seine-el-Oîse avait reçu l'ordre de désigner le général HelHnet aux électeurs de ce département, a Devant un nom si éminent, dit-il, je devais croire que toute candidature s^effacerait ; j'apprends cependant que M. Ernest Baroche, donnant pour raison que le gouvernement aurait paru agréer sa candidature, refuse de se désister. M. Ernest Baroche se trompe. Le gouvernement, plein de
sympathie pour le caractère élevé et les services éniinents de son père, s'était montré disposé à adopter, sur sa demande, la neutralité dans cette circonscription, mais à une condition expresse. Après les circonstances pénibles qui avaient amené la résignation de ses fonctions au ministère du commerce, M. Ernest Bnroche ne devait se présenter devant les électeurs qu'en expliquant publiquement sa conduite. » C'était porter un conp sensible à une famille toul entière, et à la famille d'un serviteur de l'Empire, mais lés préfets, quand il s'agissait de combattre un candidat non officiel, fût-il bonapartiste, ne reculaient devant rien. Heureux celui que ces messieurs se contentaient de signaler h tous les maires comme « étranger à la circonscription électorale, n'ayant pas de titre pour prétendre à l'honneur de la représenter et faisant partie du petit nombre de ceux qui, regrettant une dynastie déchue, recherchent le mandat de député, non pour perfectionner nos institutions, mais pour les renverser, et pour nous livrer de nouveau à tous lés hasards des révolutions u . Le préfet de la Manche fait appel au patriotisme de chaque maire : a Ne perdez pas de temps. Le moment du scrutin est proche. L'Empereur et ta France comptent sur vous. » Il leur déclare ensuite que, « toute proportion gardée, la candidature de M. Havin, ancien commissaire de la République, directeur politique du S>èc/e, et celle d'un honmie d'Etat, éminent historien, offrent le même caradére d'iîostilité».
Le préfet de la Lozère n'avait pas à lutter contre un repn'senlant spécial du cle^îé, mais contre un candidat i[ue le gouvernement avait dégradé de la candidature officielle , et qui , ancien préfet de ce département , y avait conservé une grande inlluence. Son successeur, con-
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