‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 77 sur 148 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

LES ÉLECTIOHS A PARIS

SoiKAItE. — Le ptrti républicain à Pari». — Ses divisions. — L'atMleoIion. — Les isBennenlàs et les rérrsctaires. — Le parti du Siècle. — Le parti de 1818.

— Le parti des tiommos nouveaux. — Le parti des Cinq. — Rivalités entra les candidats de la b' circonscription. — H. Havin et H. Ernest Picard. — Le comité ceoiral. — Réunion chet H.Carnot. — Le comité central ne parvient pas i te ronder. — Le eouvernenient s'oppose aux réunioni. — Note du Moni~ leur. — Ui candidature de M. Thiera. — Le Siècle ne i'accaple pas. — Première Hsie des candidats de l'opposition. — H. Havin. — M. Edouard Laboulaje.

— M. Emile 01 livier. — M. Ernest Picard. — M. Jules Fsvre. —H. Adolpbe CuirottU. — M. Alfred Dsrimen. — H. Jules Simon. — M. Eugène Pelletaii.

— M. Edouard LabDuUje se désiste an Tnvcur de U. Thiers. — LeSiéch se décide â soutenir U. Thiers — Maladresse de M. de Persrgnj à combattre celte candidature. — Sa circulaire aui préfelt. — ' S.n lettre au préfet de la Seine- — Paris noninie loua les candidats de l'oppasition, — Effet du vote du 31 mn -sur l'Europe. — U. de Persignj est obligé de donner sa démission.

— Changement de mioisiére. — M. Billault ministre d'Ela.t. — Sa mort. — ■ Il est remplacé par M. Routier. — Vojage de l'Impératrice en'Eepagne. — Napoléon 111 propose nn Coufrés aux puissances. — Emprunt de. 300 millions. — Avortement du Congrès. — Fin de l'année 1863,

Les rëpublicains qui continuaient à vivre dans l'exil, et qui considéraient comme un crime de haute trahison à l'égard de la République la pensée seule de se niôler à la vie politique, prêchaient l'abstention et trouvaient de l'écho , sinon dans les masses, du moins dans les rangs toujours assez nombreux des membres du parti républicain qui sont plus accessibles aux raisons de sentiment qu'aux calculs politiques. Un écrivain, ami de la contradiction éloi^uenle et de l'isolement orgueilleux, fertile en thèses paradoxales qu'il défendait avec la passion du jour et qu'il laissait volontiers tomber dans l'oubli du lendemain, se donna le plaisir, après avoir soutenu déjû une fois que les républicains devaieut prêter serment sous peine de lâcheté, de déclarer dans

ÏS8 L-EMPIRE.

une brochure ou plutdl dans un livre, car toute idée devenait bientôt livre sous sa plume ardente mais prolixe, qu'un démocrate ne pouvait entrer au (!i)rps législatif sans commettre un parjure. Il partagea donc les démocrates en deux catégories : les assermentés et les réfractaîres ; les uns consentant à choisir des députés, et au besoin à l'être, les autres résolus à attendre pour voter d'avoir toutes les garanties qui rendent le suffrage universel libre. Proudhon avait inventé à l'usage de ces derniers une sorte d'abstention constitutionnelle qui n'était « ni une déclaration » de guerre, ni une sécession, ni un déO, ni un acte » boslile, mais une protestation respectueuse par laquelle » le pouvoir est informé de l'impuissance morale oi!i -le 0 peuple est de voter, et mis en demeure d'y pourvoir ». A l'esprit de personnalité et d'indiscipline représenté par Proudbon venait se Joindre l'esprit de pessimisme qui compte toujours un grand nombre d'interprètes. Les pessimistes disaient : « A quoi bon tenter lu lutte contre un » ennemi stir d'avance de la victoire? Paris n'est plus Paris, » mais un amalgame de quartiers inconnus les uns aux » autres, formant des circonscriptions fantastiques où Picpus » vote avec Clamart, Belleville avec Puteaux, le faubourg » Saint-Denis avec le faubourg Saint-Germain. La loi veut » que chaque département nomme un nombre de députés » proportionnel au chiffre de sa population, or, tandis que » la population du département de la Seine a augmenté de » six cent mille âmes depuis la dernière élection du Corps )i législatif, le nombre des électeurs a diminué de telle » façon que ce département élira un dépulé de moins à » la prochaine législature. Restons donc chez nous et ne e devenons pas les dupes du gouvernement en uous faisant » ses complices. »

Page 1