LE UAMFESTE DES SOIXANTE
6* circoDscription. MM. Garnier-Pî^ès, Baiicel, Théodore Bac, anciens membres de la Constituante delSàS, Ftenan, Vautrain, Frédéric Morin, Htigelniani , Jules Allîx, Jules Ferry, s'offraient aux suffrages des électeurs. M. Jules Ferrj disait en agitant l'étendard des générations nouvelles : « Ma candidature répond à un besoin qui éclate de toutes » parts. Va grand parli ne doit-il pas, à côté des illustra- «tionsdu passé, préparer les combatlants de l'avenir?» Il ajoutait qu'il « aurait l'ambition d'unir sa voix à celle B des députés de l'oppositiou pour revendiquer avec eux » nos libertés, et marcher ensuite avec décision et avec » maturité dans la voie des réformes sociales » :
Le groupe des travailleurs qui, aux élections do mai, avait soutenu- le principe des candidatures ouvrières, nullement découragé par son insuccès, était décidé à tenter de nouveau les chances du scrutin. Un manifeste signé par soixante ouvriers parut le 1& février. Les signataires, après avoir déclaré qu'ils étaient d'accord avec les députés de Paris sur le terrain des questions politiques, signalaient un désaccord sur le terrain des questions sociales. Us demandaient l'instruclion primaire gratuite et obligatoire, la fondation de nouvelles chambres syndicales composées uniquement d'ouvriers nommés par le suffrage universel, la révision de la loi sur les cotilitions, l'extension des sociétés de crédit pour le peuple, une participation de jour en jour plus grande des populations aux bienfaits de la liberté, réclamations justes pour la plupart, mais que plus d'uo député non-ouvrier avait également formulées dans sa profession de foi. I.e comité des soixante, faute de ressources suffisantes pour subvenir aux frais de deux candidatures, se contetituit d'appuyer dans le 5" arrondissement celle de M. Tolain , ouvrier ciseleur, ex-secrétaire adjoint de la
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commission pour l'ExposItioD de Londres en 1862 et membre du. Crédit mutuel du bronze. La circulaire de ce candidat fut publiée avec l'appui des signatures de M. Delescluze, ancien commissaire général de la République, Noël Parfait, ancien représentant du peuple, el l^urent- Pichat.
Les adversaires des candidatures ouvrières, sans contester aux ouvriers, sous le régime du suffrage universel. le droit de siéger au Corps législatif comme tous les autres citoyens, faisaient seulement remarquer que, la Révolution ayant eu pour résultat de supprimer les classes de la société, c'était chercher à les rétablir que d'invoquer le principe de la reprêsenlation spéciale.
La multiplicité des candidats aurait pu nuire au succès de l'opposition ; il fallait faire un choix. M. André Pasquet.dans la 1" circonscription, se retira devant M. Carnot qui resta seul candidat du parti démocratique. Le choix était plus difficile dans la 5" circonscription. M. Gamiér- Pagès se présentait aux électeurs avec l'appui de sa vieille renommée, de ses services récents, et celui de M. iules Favre. L'ancien élu de la 5' circonscription, député de Lyon, alors dans tout l'éclat de sa popularité, recommandait, dans une lettre rendue publique, l'ancien membre du gouvernement provisoire à ses amis. Le Siècle, «craignant D que la prise de possession de deux circonscriptions par » deux membres du gouveroemeut provisoire donnât uo » cachet exclusif à l'élection, et voulant élargir les rangs » et faire sortir de l'abstention un homme éprouvé par » l'exil, et orateur » , soutenait la candidature de M. Bancel, que les électeurs du département de la Drôme avaient envoyé à l'âge de vingt-six ans siéger à l'Assemblée l^slalive de 18â0. La République, alors attaquée par