‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 83 sur 148 · L'AHENDEMENT SCR LE'BÉGIUE DE LA PRESSE. U · texte numérisé non relu

L'AHENDEMENT SCR LE'BÉGIUE DE LA PRESSE. U

M. Jules Favre dit : o Vous nous reprochez notre petit nooï- » bre; nous ne sommes que six ici, mais la France est' » derrière nous. » A3 votx se proooneèrenl pour l'amendement.

L'ameodemeot de la gauche sur le r^înie de la presse, défendu par M. Jules Simon, fut retiré pour faire place à UD amendement plus modéré de forme, mais le même au fond, signé d'Aadelarre, Thiers, Plichoo, de Le^nit, Brame, Pléron-Leroy, .\ocel, de Cbambrun, Martel, Kolb- Bernard, Malézieux, Lambrecht.

M. Jules Simon s'était élevé contre un système <■ qui per- » metiait à l'administration de défendre à un homme de » cœur, à un homme d'un talent incomparable, comme » M. Prévost-Paradol , qui jette sur la presse presque de a h gloire, le bulletin du Journal des Débais » .

Cet éloge si éclatant d'un écrivain orléaniste et cet oubli <b tant d'autres écrivains qui luttaient avec nop motas de talent et depuis plus longtemps que M. Prévost'Parad<d contre les dangers journaliers que le régime impérial suscitait à la presse, blessa, non sans raison, les journaux démocratiques. Hs reprochèrent à M. Jules Sin:on d'oublier ses amis, de s'être trop appesanti sur les pertes d'argent que. la suppression d'un journal peut causer aux proprié*taires et aux ouvrière, au lieu de s'appuyer uniquement sur des raisons morales, telles que le respect dû «nx principes' de 89, d'avoir élevé contre l'influence électorale et oonU^ le monopole de quelques journaux des plaintes mal placées dans sa bouéfae, de ne pas oublier assez sa personnalité, de se livrer i de trop fréquentes déclaratioQs de Ioyauté«t de stiicéiité dont personoe ue doutait, de s'entoui^er «n un mol d'un luxe de précautions oratoires qui ap^artenïiient plus au sennoiiaire qu'au député. Ces reproches n'atteignaient

pas, il faut bien le dire, M. Iules Simon tout seul. Les députés, dans leurs rapports entre eux et avec les commissaires du gouvernement, dépassaient souvent les limites de cette politesse naturelle qui doit exister entre les membres d'uoe assemblée politique et les représentants du pouvoir. Un conseiller d'État rournit-il des explications nécessaires sur un article de loi en discussion, aussitôt un orateur de l'opposition s'écrie qu'il s'est acquitté de ce soin « arec, ooe clarté de langage qui a vivement frappé la tiuimbre. » M. de Morny essaye-t-il d'expliquer un vote, un député de la majorité profite de l'occasloa pour admirer « notre bo- « norable président improvisant avec sa haute intell^ence » ce que je ne compreuds qu'à l'aide d'une longue prati- » que »• Les journaux de l'opposition eux-mêmes ne se seraient point hasardés à louer un orateur de la gauche sans couvrir éf^lement de louanges l'orateur officiel qui lui répondait, précaution nécessaire peut-être, mais qui peu à peu finissait par grandir singulièrement les hommes les plus médiocres de l'Empire.

La discussion sur la politique étrangère s'engagea le 25 et dura jusqu'au 39. M. Tbiers parla sur l'expédition du Mexique qui coûtait 1& millions par mois au budget et qui retenait au delà des mers, sans utilité pour la France, àO 000 hommes dont elle pouvait à chaque instant avoir besoin. H posa nettement la question : « L'honneur militaire est sauf, l'archiduc n'est pas parti, » il ne faut pas s'engager davantage et traiter avec Juarez. » \a majorité convaincue qu'il avait raison crut cepeadanl devoir protester contre toute idée de n^ociation avec Juarez. U. Berrjer proposa de s'entendre avec Almoote. M. Jules Favre joignit ses eflbrts à ceux de ses deux collègues. M. Rouber leur répondit par un discours plein d'un

N. ROUHER ET LE HEXIQIE. t»;

feint eolbousiasme que la majorité fit semblant de partager : « La peosée du poursuivre au Mexique la réparation de nos B griefs et de laisser-au pays le soin d'y faire son œuvre, » lorsque les passions seront éteintes, lorsque le souvenir des » questions d'ai^eot aura disparu dans le résultat général D de la prospérité publique, cette pensée sera reconnue » grande, et, plus tard, si quelqu'un jette les yeux sur nos » débats vieillis et sur nos querelles surannées, s'il prend la B plume de l'historien, il dira : Celui-là fut un homme de » génie qui, à travers les obstacles, les défaillances el les o résistances eut le courage d'ouvrir des sources de prosn périlé nouvelle à la nation dont il était le chef {appîau- B dissements). Il eut le sentiment d'une grande situation r> politique en comprenant qu'il n'est pas un intérêt qui ne » doive être l'objet de la sollicitude de ia France. Oui, celte » page sera glorieuse, et l'écrivain qui ta tracera dira : Les D expéditions lointaines commencées pour la réparation de s notre honneur se sont terminées par le triomphe de nos D intérêts. »

M, Thiers veut monter à la tribune, et invoque vainement le droit qu'où a toujours de répondre à un ministre. La Cbannbre, tout entière aux applaudissements et ans féli- <»tations dont elle couvre M. Rouher, refuse de l'entendre. M. Emile Pereire s'écrie : ■ On a assez parlé ici eu faveur de l'étranger. »

M. Rouber, interpellé par un député de la majorité sur la question desavoir jusqu'à quel point les finances et les soldatsdelaFranceétaientengagésau Mexique, le renvoya au rapport deM.Larrabure sur les crédits supplémentaires, qui constate que le gouvernement n'est eog^é envers personne ni à laisser des troupes françaises au Mexique, ni à garantir aucun emprunt.

TAXILE DEUHD. U[ — 32

M9 L-EUPIRE.

T^s affaires de Pologne occupèrenl les deux dernièresséances consacrées à la discussion de l'adresse. M. Jérôme David demanda vainement la reconnaissance des Polonais en qualilé de belligérants, et M. Eugène Pellelan le rappel de l'ambassadenr français de Pélersbourg. M. de Momy prit la parole comme président de la commission del'adresse; il défendit le czar et la Russie, et, dans un discours patelin, il s'efTorça de prouver que le désaccord sur les questions extérieures de même que sur les questions de liberté reposait sur un malentendu, qu'il ne s'agissait au fond, entre l'opposition et la majorité, que d'une affaire de temps, que tous étaient fils de 69, que constituer l'indépendance des peuples, l'Italie, la Hongrie, la Polt^e, était une politique qui avait sa grandeur, mais que ta paix avait bien son charme. La paix seule pouvait, selon lui, donner des adoucissemenis à la Pologne ; si l'on ne veut pas faire la guerre pour elle, il faut le dire carrément. M. Guéroull était de cet avis : rappeler l'ambassadeur lui semblait illusoire. Si te pays, disait-il, ne veut pas la guerre,. comme on le prétend, pourquoi le gouvernement a-t-il ^ comme s'il la voulait ; il a fait une émeute diplomatique ; il est brouillé avec la Russie, l'Autriche, la Prusse, l'Angleterre, et il n'est bien avec personne. M. Guéroult termina son discours par ces mots : « Si nous sommes impuissants» je ne connais rien de plus digne que le silence. »

La Prusse et l'Autriche occupaient te Holstein pendant que le Corps législatif discutait l'adresse. Al. Jules Favre s'éleva contre celte violation des traités qui plaçait le gouvernement impérial dans une position si fâcheuse en présence de la violation du principe des nationalités dont il se disait le représentant. M. Rouher rejeta la responsabilité des embarras du gouvernement sur rAnglelei:re et sur son

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