‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 84 sur 148 · RESULTAT DE U DISCDSSION DE L'ADRESSE. 19V · texte numérisé non relu

RESULTAT DE U DISCDSSION DE L'ADRESSE. 19V

refus de consentir au congrès. M. Guéroult avait propesé sur tes affaires de Rome un amendemeDl que la fin dos débats ne lui permit pas de développer. M. de JAomy salua Fadopr tiOD de l'adi'esse à l'unanimité moioa douze voix par une allocutioQ dans laquelle it complimentait le Corps législatif de l'éloquence dont sas membres avaient fait preuve pendant les débats.

Lorsque la lîbwté de la parole est supprimée en France, un cûté du génie national est, en efiet, voilé. La discussion de l'adresse, en éclairant le pays sur ses affiiires, lui ren:dait en quelque sorte un art Dational ; mais cette revue encyclopédique de toutes les questions était loin de remplacer pour les députés l'initiaUve des lois. Une assemblée . où l'on parle beaucoup sans que la parole soit suivie d'aucun efTets'affaiblit par l'éloquence même. Le cootrûleexercé sur les actes du gouvernement au moyen de l'adresse aurait eu besoin d'ailleurs d'être secondé par la liberté de la presse : à quoi servait au Corps législatif d'exprimer librement sa pensée s'il n'avait pas de porte-voix pour la répandre dans le pays? L'adresse, par suite de l'absence des ministres, n'était en réalité qu'un vain colloque entre les députés et le souverain.

La discussion de l'adresse n'avait rendu à la France que des orateurs ; c'était quelque chose, à défaut de liberté réelle. M. Thiers s'était montré tel que dans ses plus beaux jours, composant son discours comme un scénario, n'improvisant que ce qu'il sait, marchant vers le fait au pas gymnastique, se servant de la phrase comme d'un filtre d'où la pensée sort claire et transparente, infatigable sans fatiguer les autres, mesurant les étapes par des anecdotes, mettant le bon sens au service de la raison, masquant i'épigramme par la bonhomie, piquant sans blesser,

capable de s'élever assez haut, incapable de descendre jamais trop bas, restant enfio dans un milieu où il ust exceileot. M. Berryer, ample, majestueux, semblait moins fait pour le genre de lutte qu'exigeai! (e Corps l^i^atif; mais on voyait à la vigueur du vieil athlète que, s'il se présentait quelque question de haut vol, il saurait encore la saisir. M. Jules Favre, assis non loin de M. Tbiers et de M. Berryer, ne paraissait pas d'une lailfe inférieure à la leur, et complétait un trio d'orateurs comme peu d'assemblées en ont TU.

L'Empereur en recevant, le 1" février, l'adresse du Corps législatif le remercia de l'appui qu'il donnait à sa politique, et, résumant l'histoirede France dans l'annulation intermittente du pouvoir par la liberté et de la liberté par l'anarchie, il déclara qu'il n'en serait plus ainsi, et que l'exemple des dernières années prouvait qu'il n'était nullement impossible de concilier ces deux principes inconciliables, a Le premier besoin du pays est la stabilité, et ce n'est pas sur un terrain sans consistance et toujours remué qu'on petit fonder quelque chose de durable. »

L'Empereur, le lendemain du 2 févriei-, prorogea par un décret, au h avril, la session qui devait être close le 5 février,

M, Bravay avait été réélu à Nîmes. Le rapport sur son élection devait être lu dans la séance du 17. M. Eugène Pelletan se proposait de l'attaquer. M. de Momy !e pria confidentiellement de vouloir bien laisser de côté dans son discours ce qui pouvait avoir trait à. la moralité personnelle de l'élu. L'orateur de l'opposition se contenta donc de tracer le tableau de cette élection singulière oîi l'on voit surgir, àcôté du candidat officiel agnSé par l'administration.M.Chabanon , un nouveau genre de candidat, le candidat agréable, M. Bravay. Le préfet ne combat pas M. Chabanon, mais il ■

DecUnATIOH INATTBRDtlE DE H. DE HORflY. sai

exalte M. Bravay. La preoiière pierre d'un canal de déri^ vallon des eaux du Rhône entrepris aux frais d'une société fondée par M. Bravay est posée par ses soins quatre jours .avant t'électlon. Ijs préfet assiste à la cérémonie, l'évèque bénit les premiers travaux. Les habitants de Nîmes qui manquent d'eau pendant six mois de l'année sont dans la joie. Le préfet cependant eût été fort embarrassé pour montrer les statuts de la conrpaf^nie approuvés par le Conseil d'Ëtat, le tracé du canal, l'aete d'at^t du terrain sar lequel la cérémonie venait d'avoir lieu. Ija compap^ie n'existait pas, le tracé n'était pas sorti du cerveau des ingénieurs, et l'inauguration n'était qu'une parade électorale.

M. Nogent Saint-Laurens essaya de détruire l'effet du discours mordant et spirituel de M. Eugène Pelletan. La nullité, si elle existait, ne lui paraissait pas « une de ces nullités fortes, précises, énergiques, qui en traînent tes consciences, mais une nullité en quelque sorte problématique qu'on ne prouve qu'à force d'effort et de passion » .

M. de Morny, pendant le discours de M. Pelletan, lui avwt adressé quelques observations un peu vives auxquelles l'orateur avait répondu avec une égale vivacité. M. Pelletan, en quittant la salle à la fin de la séance, sentit une main se poser sur son épaule. Il se relourna. Cette main était celle de M. de Morny:

— Monsieur Pelletan, lui dit-il d'une voix assez forte pour obliger les députés à s'arrêter dans la salle des Pas- Perdus, vous ne me rendez pas justice.

M. Pelletan le r^rde d'un air étonné.

— Vous me considérez comme un ennemi de la liberté, vous vous trompez. J'ai voulu montrer, au 2 décembre, que j'avais de l'énei^ie au cœur (il rendit cette idée par une expression obscène); mais je sais que l'Empire ne peut vivre

saos )a liberté, et, s'il le comprend un jour,-c'e9t à moi que le pays le devra.

• M. de Morny se retira laissant tons les assistants stapéfaits de cette sortie.

Le président du Corps législatif comptait depuis longemps en effet sur M. Emile Ollivier pour opérer une fu^oo entre le parti libéral et l'Empire triuisformé. Le député de Paris se prêtait volontiers à ce rôle. Ses collées de l'opposition n'en pouvaient plus douter. Les relations étaient gênées entre lui et les membres de la gauche. 1^ douceur de caractère de M. Jules Favre, la crainte d'initier le public à ces discordes, empêchaient seules la rupture d'éclater. La loi sur les coalitions, dont M. Emile Ollivier avait été nommé rapporteur grâce à l'appui de M. de Morny, fit éclater la crise.

Le projet de loi autorisait les grèves sans reconnaître les associations, et permettait par conséquent de poursuivre comme membre d'une a^ociation l'ouvrier laiffîé libre comme gréviste. Une association a toujours intérêt a donner un motif raisonnable à nue grève puisqu'elle la décrète et qu'elle en accepte la responsabilité, mais Timpossibilité de créer des associations laissait à quelques meneurs la faculté de créer à chaque instant des grèves absurdes. La loi trouva ses deux premiers advefsaires dans MM. Seydoux et Kolb-Beruard : M. Seydoux, son adversaire absolu, opposait à la liberté des coalitions les objections familières à certains conservateurs contre toutes les autres libertés. Son raisonnement se réduisait à ceci : La liberté de coalition peut eotratoer de graves abus, il faut la supprimer. M. Kolb-Bernard envisagea la question au point de vue catholique : la liberté du travail proclamée par la Révolution française jette l'ouvrier, selon lui, dans l'isole-

LA LOI SUR LES COALITEOnS. 503

ment et dans rindividunlisme qui mènent au socialisme. t.'associatioD ne neutralise les effets de l'isoleaient et de rindi^idualisnie que si elle est dominée par le principe religieux; mais ce pi-iiicipe combattu, par une littérature malsaine et par une presse «qui a résolu le problt^me, non pas de la vie, mais de l'immortalité à bon marché » , laisse un vide au milieu duquel l'associatîOD ne peut se constituer. M. Kolb-Bernard reprochait de plus à la loi, et cette fois avec raison, de donner trop ou trop peu aux ouvriers. N'étail-ce pas une anomalie choquante que de leur accorder le droit de se concerter et non celui de se réunir? M. Kolb-Bernard proposait, pour améliorer l'oi^anisation industrielle « un système de relations familiales entre les maîtres el les ouvriers » , c'est-à-dire quelque chose qui ressemblât aux anciennes corporations.

Les membres de la gauche, partisans du droit commun en matière d'association, n'avaient point approuvé que M. Emile Ollivier eût accepté les fonctions de rapporteur d'une loi qui méconnaissait ce principe. M. Ollivier se trouvait donc dans une situation délicate entre ses anciens amis de l'opposition et ses nouveaux amis de la majorité. Tenir la balance égale entre les premiers et les seconds ■n'était pas chose possible; il rompit avec les premiers par une allusion directe à « cette maladie qui lorsqu'on se trouve en présence d'un gouvernement qu'on n'approuve pas, consiste, au lieu de prendre ce qui est bien et de blâmer ce qui est mal, à tout attaquer, à tout critiquer, surtout le bien, parce qu'il proSle à ceux qui te font » ; cette imaladie, ajoute l'orateur, s'appelle s pessimisme », c'est un mot de Maltet du Pan.

M. Ollivier tenait essentiellement à ne pas être confondu avec les pessimistes; car, en écoulant tant de beaux dis-

sot L'EMPIItK.

cours et en voyant tant de ruines à côté de si peu d'iuslitutioDs libérales, il ne pouvait s'empêcber de faire cette rtSflexion qu'on attaque les pouvoirs à outi-ance, et que plus tard, «tous, sans exception, nous en sommes à regretter

■ de n'avoir pas, au lieu de nous abandonner à des que-

■ relies stériles, soutenu, à un certain moment, un ministre > comme Rolland, à une autre époque, un ministre comme » Martignac ou un autre encore, et d'avoir sacrifié le déve- » loppement successif des institutions libérales à l'impla- » cable salisfactioD de nos rancunes personnelles » .

Ces paroles, qui retombaient de tout leur poids sur les membres de l'opposition, ne pouvaient être considéréos que comme une déclaration de rupture. Les journaux démocratiques ne s'y trompèrent pas; mais ilscnirei)t devoir garder le silence : le Siècle, pour n'avoir pas à poilcr sur la conduite de M. Emile Ollivier un arrêt dont le gouvernement pourrait lui faire cbèremeiit payer les frais; l'Opinion nationale, parce que la conduite de M. Ollivier était conforme à ses propres vues. Les journaux dévoués au gouvernement ne tarissaient point en éloges, et la JPresse reconnaissait dans M. Ollivier le chef du tiersparti ou plutôt du « parti des hommes nouveaux*.

M. Emile Ollivier n'était point parvenu cependant à donner plus de consistance au projet de loi qu'il était chaîné de défendre. M. Jules Simon en Cl ressortir toutes les inconséquences, en développant un amendement pour demander, en remplacement de la loi, la suppression pure et simple des articles kik, /il5 et k\6 du Code pénal. Son discours, qui finit à une heure très-avancée, produisit une très-vive impression. M. Jules Favre sollicita la remise de la discussion au lendemain; mais la Chambre, qui lui coniaiandait de parler, refusait cependant de l'enleodre.

REPONISE D£ m. ËUILE OLLlVtEH. SOS

« Écoutez ! » s'écria M. Glais-Bizoïn de toute la force de sa voix impuissante, u M. Gluts-Bizoin a raison, répoodait » M. de Moroy; cela vous étonne!... d ajoutait-il, et la Chambre de rire.

M. Jules Favre repnt le lendeoiain la discussiou des articles de La loi. 11 démontra clairement que le premier article proclame l'abolitioD de toutes les lois restrictives des coalitions, en punissant les actes qui précèdent et accompagnent nécessairement toute coalition, qu'il retire d'une main et qu'il donne de l'autre. Le droit commun lui semblait préférable à celle « loi équivoque et inconsistante» , et, comme il a l'équivoque en borreur, il proposait de l'ajourner, « sans craindre le reproche de retarder des » améliorations désirables ni celui de faire partie de ces » gens exclusifs qui, en politique, veulent tout ou rien, » comme dit ce Mallet du Pan que le rapjiorteur a cité, w mais que, quant à lui, il n'admire pas. Il n'y a, quoi » qu'en dise Mallet du Pan, que deux écoles en politique, » celle des principes et celle des expédients. Je suis pour a ia première. »

M. Emile Ollivier ne pouvait se méprendre sur le sens de ces paroles ; il essaya d'abord de répondre au reproche de duphcité adressé à la loi, et il commença par déclarer qu'il lui semblait inutile d'afBrmer son honneur. — Personne, répond M. Jules Favre, ne l'attaque. — Le rapporteur reprit emphatiquement qu'il avait l'orgueil, lorsqu'il se sentait en paix avec lui-même, de n'être effleuré par aucune parole; mais que les ouvriei-s pouvaient croire d'après son langage que les auteurs du projet de loi étaient des coquins ou des idiots. Telle n'était pas sans doute la pensée de « celui qu'il veut persister à nommer son éloquent ami 9, mais il serait bien heureux d'en recevoir la

ItOS L-EUP1RE.

preuve en le voyant « ne pas refuserMe pn^rès à cause de la main qui le donne».

L'article â15: < Lorsque les faits punis par Tarticle précédent auront été commis par suite d'un plan concerté, les coupables pourront être mis par Tarrët ou le jugement sous la surveillance de la haute police pendant deux ans AU moins et cinq ans au plus » , fut de la part de M. Jules Favre l'objet d'une vive critique; l'orateur rappela que la surveillance était inconnue de l'ancienne société, que plusieurs nations nela connaissaient pas, qu'appliquée aux forçats, entrée dans le droit commun par le code en 1810, aj^ravée en 1851, elle permet d'envoyer tout individu en rupture à Cayenne ou en Algérie par mesure de sûreté générale. «Il faut que cfaacun ait le courage de son opinion, s dit-il en terminant; nous rejetons l'équivoque; on a fait » appel à des amitiés qui restent aux personnes, mais qui » ne sauraient rien changer aux opinions qui ne cessent » pas d'être les nôtres. Il faut qu'on nous dise comment » on a abandonné d'anciennes opinions en proposant aun jourd'hui ce qui les contredit absolument. »

M. de Morny vint en aide à M. Ollivier et lui sauva l'embarras d'une réponse, en le priant de se renfermer dans la loi. Rien n'était plus contraire, selon le président du Corps législatif, à la liberté et au droit que de demander compte à un membre de cette Chambre de son opinion passée. M. Ollivier, couvert par M. de Morny, se contenta de répondre que « quelque étonnement douloureux <> que lui eût causé la parole qu'on venait d'entendre, il se bornerait à prouver qu'il avait raison.

Le caractère particulier de la discussion n'avait pas échappé aux membres de la Chambre. Ils comprenaient tous que ce n'était pas seulement une loi qui était en jeu,

RUf^DRB ENTRE H, J. FAVRE ET H. E. 0LL1VIER. 507

mais une politique, et que les deux adversaires représeotaieut non pas' une opinion mais un parti. Jamais débat n'avait causé une pareille émotion. On sentait qu'une grande séparation était imminente, sinon accomplie. M. Jules Favre le comprenait lui-même ainsi; mais, se laissant aller à la pente d'une nature sans fiel, quoi qu'on en ait dit, il s'approcha de M. Emile Ollivier au moment de la sortie et par un mourement presque involontaire, il lui tendit la main. M. Ollivier fit quelques pas en avant sanB la prendre, puis, se ravisant, il se retourna pour lui offrir la main à son tour ; mais M. Favre retira la sienne en disant : Il est trop lard.

M. Roufaer demanda purement et simplement au Corps législatif de voter la loi. Elle réunit pourtant trente-six vois contre elle.

Ijt discussion du budget de 1865 et des dispositions additionnelles commença le 6 mai par un discours de M. Thiers, dans lequel, après avoir présenté les détails de chaque budget de ministère, il traçait le tableau saisissant de l'augmentation des dépenses, montant de 1500 millions en 1852 à 3 milliards 3 millions en 186&. M. Thiers voulait la paix et pourtant il repoussait la réduction de l'armée. Il lui fallait 400000 hommes pouvant être portés instantanément par les cadres à 700000. Les autres membres de l'opposition demandaient le désarmement et M. Berryer essaya de prouver qu'il n'était ni, impossible ni contraire à nos intérêts; mais, en esquissant les principaux traits de la situation extérieure et intérieure, il n'faésila pas à se ranger à l'avis de M. Thiers que « si la liberté a tous les torts que » l'on veut bien dire, il faut avouer qu'il en coâte bien » cher pour la remplacer » .

Le discours de M. Berrjer, simple, net, méthodique,

a08 L'BUPIRE.

précis, d'un ton de modéralion Dièlé d'ironie, rappelait les meilleurs temps de l'illustre orateur. H inoutra que les Snances depuis 1853 ont véou d'expédients : traité avec la Banque de France, conversion de la rente, coaversion des bons du Trésor, autant d'expédients pour obtenir lYquilibre entre tes recettes et les dépenses, auxquels il faut ajouter les emprunts de guerre. M. Berryer, après avoir attaqué Ifô virements, signalait plusieurs milliards de découvert et trouvait qtie la France payait cher sa gloire et qu'il était temps de lui rendre sa liberté. Adversaire des expéditions lointaines sous l'Empire, on lui reprocha de les avoir approuvées sous la Restauration, comme si l'affranchissement de la Grèce et la conquête d'Alj;er avaient quelque chose de commun avec l'expédition du Meiiique.

M. Berryer, en demandant l'équilibre du budget, passa en revue les 6nances des divers gouvernements. Une voix rappela ce qu'avait coûté à la France la Restauiaiion rentrant dans les fourgons de l'élranger. — C'est l'Empire, s'écria M. Eugène Pelletan, qui nous a coûté l'invasion et deux milliards. — M. Rouher lui répondit : Soyons toujours libéraux, monsieur Pelletan, rappelons-nous l'invasion. M. Rouber oubliait que le système qui avait attiré l'invasion sur la France n'était guère uu r^ine libéral.

Les pei turbalioiis causées dans le commercii et l'industrie par le régime parlementaire ne pouvaient être oubliées dans cette discussion. Un membre de la majorité se chargea de les rappeler à M. Berryer. « Ces prétendues perturba- » lions, lui répondit l'orateur, n'ont jamais coûté à la » France aussi cher que les désastres appelés sur elle par » l'omnipotence d'un seul. » Ici M. de Morny se crut Torcé de l'interrompre : « C'est une théorie vE^ue, cela mérite » explication, a M. Berryer, sans s'aiTéter à celte inler-

D■r2Br.t■X^OO•■'i\C

H. BtRKÏEH ET L'EMPRUNT MEXICAIN. 309

ruptioD, répondit à M. Uouher qui venait de prononcer le mot d'invasion qu'il rougirait « de rappeler ce teuipe sous lequel il a vécu, et l'état de la France souillée par la présence de l'eoDenii appelé deux foissur la France. » M. Granier de Cassagnac crie : Par vous, h la suite des coalitions nouées par vos amis! — M. Berryer réplique avec dédain que ces accusations surannées ne sont plus de mise.

M. de Horny intervint de nouveau, mais cette fois pour empêcher, comme il a toujours fait, drt-il, ces discussions amenées par la présence à la Chambre des représentants des anciens gouvernements.

H. Berryer, reprenant alors la question de l'expéditioo duMexique, constata que, outre les fondsdel'amortissemeDt, on faisait figurer comme ressource au budget l'indemnité mexicaine de -XJd millions. Un emprunt, dit-il, a étécontraclésurces270 millions paruue création de rentesdécrétée à Miramar. Deux sections de rentes ont été créées, l'une do 12 millions, l'autre de G millions 600 mille francs, comme à-compte sur l'indemnité due à la France, el les négociateurs de l'emprunt ont annoncé l'émission de 18 millions de rentes. Les prospectus lancés par eux portent : « Em- ' prunt anglais, emprunt français. » L'Angleterre et la France ont-elles donc emprunté? Sont-eltes garantes de l'emprunt? Le gouvernement impérial n'a rien négligé en tous cas pour sou succès : intérêt à 10 pour 100, émission à 63 francs, remboursement à 80, à raison de chaque 10 francs de rente, comité de Bnnnces anglais et français présidé par un sénateur, ancien gouverneur de la Banque, que de motifs pour allécher le souscripteur! Qu'est devenu cet emprunt? est-il négocié? — « Eh bien non, répond » M.Berryer,iInerest pas pour 12 millions, à peine pour 8. » Et nos rentes que sont-elles devenui^iî La compe^nie

M» L'EHPIBE.

» GIynavaitanDOQcélaDé^iali(m de 18600 000 TraDcs, et B l'oD alteiuiatt les conditionsque M. le miaistre d'Ëlat avait u promis de faire coanaître; mais la maison Glyn, à qui ona » (^ert à 60 laoégociation des rentes qu'elle pouvait ensuite u D^ocier à 63, n'a pas voulu du narché malgré la commis- » sion de 3 francs. Nous garderons donc, ajoutait l'orateurt » les rentes me>^icaines qu'on c'a pas le droit de porter au D budget au chiffre de 66 mitHons, eu* on ne les négociera T> pas sans perte. »

M. Rouher répondit à M. Berryer et à tons les orateurs qui avaient critiqué l'expédition du Mexique par son procédé habituel, la montée au Capitole : La France, selon lui, tient la paix dans sa main ; le général Bazaine se promène triomphalement sur /iDO lieues de territoire, l'archiduc est au Mexique, quoiqu'on l'ait traité de fou ; il a ' trouvé 9 millions de rentes quand les vieux gouveroemenls n'en trouvent pas ; l'entrée prochaine de Maximilien à Mexico sous (tes arcs de triomphe améliorera encore le crédit de son gouvernement; et la France réalisera les rentes mexicaines qui lui ont été remises, sinon sans perte, au moins de manière à justifier les prévisions du budget de 1865.

La conclusion de oe dithyrambe semblait devoir être le rappel de l'armée. H. Rouher n'en parla pas, et pourtant quel danger pouvait donc courir Maximilien après les assurances qu'il venait de donner relativement à la solidité de son empire. L'Amérique du Nord, depuis l'avénement de Maximilien, était en proie, il est vrai, à un mouvement d'exaltation patriotique assez semblable à celui qui s'était manifesté tors de l'aiTestation de MM. Masson et Slidêll sur le Trent; mais ce mouvement l'avait-il empêcliée de les rendre ? L'exaltation du Nord se

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