PIN DE LA SESSION
La. session, une des plus longues du régime impérial, âoit le 28 mai 186ft, après avoir commencé le 5 novembre 1863. Elle avait été prorogée cinq fois. M. de Morny la clôtura par un discours de remerclments à tous les députés, a sans distinction aucune » , pour l'obligeance et la bienveillance amicale qu'il avait toujours rencontrées dans ses rapports avec eux. M. de Morny assura qu'il avait toujours compris son rôle « comme un rôle d'apaisement » , et il revint sur cette idée que dans un pays labouré par les révolutions, personne n'avait le droit de reprocher à un de ses collègues d'avoir changé d'opinion. Les hommes varient de la meilleure foi du monde dans leurs jugements, et.suivantM. de Morny, qui dit parti, dit parlialité.o Quand » le maréchal Soult n'était pas au pouvoir, tout le monde » reconnaissait qu'il avait gagné la bataille de Toulouse ; » quand il devenait ministre, bien des gens assuraient qu'il » l'avait perdue. » Le Constitutionnel ajoute en répétant ce trait : <« L'esprit de M. de Morny et le génie de la France ne sont qu'une seule et même chose. »
Pendant que les Chambres votaient leurs adresses à l'Empereur, M. Duruy avait refusé d'autoriser des lectures publiques à Montpellier, au proQt des Polonais, sous prétexte qu'il ne devait pas permettre l'ouverture de cours ayant une signification politique ; mais quel intérêt le gouvernement pouvait-il avoir à interdire, à Paris, le banquet pour fêter le 300° anniversaire de Shakespeare? cette solennité littéraire fut remplacée par la réception de M. Dufaure à l'Académie française. La séance fut brillante par le nombre et la qualité des assistants, mais insigniQanfe au point de vue littéraire. M. Dufaure est, en effet, un dis cuteur plutôt qu'un orateur, et, en tout cas, le moins académique des orateurs.
L'Empereur qui, depuis le commeDcemeut de l'été, habitait Fonlainebleau, quitta cette résideuce pour se rendre à Vichy ; le roi des Belges vint l'y rejoindre. Léopold I"', beau-père de l'archiduc Maximilien, avait montré pour les vues de sou gendre sur la couronne du Mexique une complaisance fort opposée à sa raison et à sa prévoyance habituelles. Le désir de satisfaire l'ambition et le besoin d'activité de sa QUe Charlotte, pour laquelle il s'était toujours senti une affection particulière, l'avaient aveuglé sur les dangers de l'entreprise qu'elle allait tenter. La présence du roi des Belges à Vichy était motivée par la nécessité de s'entendre avec l'empereur des Français sur certaines questions relatives à la part que des forces belges pourraien prendre à l'expédition du Mexique, et d'en régler les conditions.
L'Empereur élait de retour à Saint-Cloud dans les premiers jours d'août. Pendant qu'on faisait dans celte résidence les préparatifs pour y recevoir le roi d'Espagne, l'attention publique élait vivement excitée à Paris par le procès des Treize.
Dans ta soirée du 13 mars I86/1, buit jours avant l'ouverture du scrutin pour l'élection de deux députés dans la )" et la 5* circonscriptions de la Seine, une réunion électorale tenue chez M. Garnier-Pagès fut dissoute par la police. Une perquisition eut lieu en même temps chez M. Dréo, gendre de M. Garnier-Pagès, et habitant la même maison. La police mit la main sur un grand nombre de lettres, notamment sur la con-espondance entre son beau-père et lui, et jusqu'à des lettres de sa femme À sa mère, tout simplement parce qu'il y avait ajouté un mol en mai^e.
Des perquisitions eurent également tien plus lard chez