CONDAMNATION DES PREVENUS. S
n II D'y aurtit plus à côiâ d'une casdi<t«(ure officielle soutenue par l'ad- DiiniBlralioD aucane aulre candidalure possible, si le leodemaio du Jour où le scrutin a prononcé, le gouverm-meut te croyait le pouvoir d'exercer des poursuiitw là où les faits démontreul jusqu'à l'évidence qu'il n'y a eu ni fraude ui corruplioa. i
Les débats de ce procès furent conduits par le président avec cette àpreté de langage et d'attitude doot la magistrature de l'Empire a si souvent donné la preuve dans les affaires où la question de liberté se trouvait engagée. Le gouvernement, frappé de l'efllcacité de la prop^ande électorale de l'opposition, et l'attribuant avec raison aux efforts du comité de Paris, avait résolu , pour couper court au danger que cette propagande pouvait lui susciter dans l'avenir, de recourir à l'intimidation judiciaire. Le désir de livrer à la publicité quelques lettres saisies par la police, et constatant l'existence de certaines luttes antérieures dans le parti démocratique, ne fut pas étranger non plus au procès des Treize. Le gouvernement espérait affaiblir l'opposition par l'étalage de ses petites misères; mais le public comprit que tous les partis ont leurs divisions intestines, et que le parti démocratique devait d'autant moins rougir des siennes qu'il en avait triompbé. M. Jules Favrc, l'un des défenseurs, prononça une plaidoirie admirable; ses collègues, les plas illustres avocats de Paris, renoncèrent à prendre la parole après lui; les termes dont M. Berrycr se servit pour annoncer cette détermination au tribunal durent profondément loucher M. Jules Favre. Ce fut un des grands jours de sa carrière professionnelle.
Les Treize furent condamnés cbacun sobdairement à 500 francs d'amende.
Le gouvernement, toujours en quèle de moyens pour mettre 6n aux embarras que lui causaient les affaires de Rome, crut enfin en avoir trouvé un. Le public apprit, au
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momeul où il s'y attendait )e moÎDS, que, le 15 septembre, une convention avait été conclue entre le gouvernement impérial et l'Italie pour le règlement de la question romaine. L'article 1" portail : « L'Italie s'engage à ne pas attaquer le territoire actuel du Saint-Père et à empécber, même par la force, toute attaque venant de l'extérieur contre ledit territoire. » D'après l'article 2 : « La France retirera ses troupes des Etats pontificaux graduellement, et à mesure que l'armée du Saint-Père sera organisée. L'évacuation devra néanmoins être acccomplie dans le délai d« deu:( ans. » L'armée papale, en vertu de l'article 3, pouT vait se recruter de catholiques étrangers. L'article k disait : « L'Italie se déclare prête à entrer en arrangement pour prendre à sa charge une part proportionnelle de la dette des anciens Ëtats de l'Église. » Un protocole annexé à la convention ajoutait enfin : « La convention n'aura de valeur exécutoire que lorsque S. M. le roi d'Italie aura décrété la translation de la capitale du royaume dans l'endroit qui sera ultérieurement déterminé par ladite Majesté. » Les journaux démocratiques qui avaient accueilli la convention du 153epteinbre avec une grande faveur, saluèrent quelques jours après, avec non moins de plaisir, l'oi^anisation définitive d'une association d'ouvriers dont la pensée remontait au grand festival donné à Londres en 1861, dans le Palais de cristal, par les orphéonistes français; cette fêle avait amené un certain rapprochement entre les classes populaires des deux pays. L'Exposition universelle de l'année suivante mit en présence les ouvriers délégués des différentes nations, non plus sur le terrain de l'art, mais sur celui de la production et de l'observation (1). Les
(1) L'ÀMOciation internationale liet travailleurs, par Fribaurg:,
L'ASSOCIATION INTERHATIOUALE. 523
ouvriers français furent frappés du contraste existant entre eux et les ouvriers anglais, produisant à un taux moins élevé, quoique travaillant moins d'heures par jour, et recevant un salaire plus élevé. Les ouvriers anglais attribuèrent cet avantage à leurs Trade's unions qui leur permettaient de traiter de puissance à puissance avec les fabricants et de s'assurer des salaires rémunérateurs.
Les délégués parisiens, rentrés en France, exposèrent, dans des mémoires professionnels, les changements que, selon eux, devaient subir les lois, les habitudes corporatives et les méthodes de travail pour mettre l'industrie française au niveau de celle de l'Angleterre; « ce furent les premiers cahiers du travail et du prolétariat» (1). Les auteurs d'un grand nombre de ces mémoires s'en remettaient à l'Empereur pour la réalisation de leurs vœux dont la mise en pratique aurait fait d'un seul coup reculer l'industrie françaisejusqu'en 1750{2). Parmi les rares délégués qui se prononçaient pour la liberté figurait un ouvrier ciseleur, M. Tolain, qui entrevit la possibilité d'étendre à toutes les nations ces institutions anglaises que les ouvriers anglais SH déclaraient impuissants à transformer en faits généraux. Il groupa quelques amis autour de lui, et ensemble ils s'occupèrent de donner une forme à l'idée d'une association universelle des travailleurs. Les agitations politiques auxquelles l'insurrection polonaise et les élections de i86/i donnèrent lieu retardèrent leur travail. La période électorale terminée, M. Tolain et ses amis se remirent immédiatement à l'œuvre. Les réunions électorales secrètes, les comités clandestins avaient mis en rapport un grand nombre de jeunes ouvriers avec les signataires de la liste des
(1) L'Assoeialion internationale des travailleurs, par Pribourg.
(2) Ihid.
52a L'EMPIRE.
soixante ; l'élément ancien et l'élément nouveau se fondirent (1), el vers le milieu de septembre MM. Tolain, Perrachon el A. Limousin se rendirent en Angleterre pour terminer l'étude du projet élaboré par M. Tolain et ses amis. 11 fut décidé, à Londres, qu'une commission anglaise se joindrait a. la commission française et que, ensemble, elles constitueraient définitivement l'association, et arrêteraient le pn^ramme et les conditions de la première session du congrès. Un meeting public i-éunit, le 28 septembre, dans Sainl-Martins' Hall, les représentants ouvriers de plusieurs nations européennes qui nommèrent un comité chargé de rédiger les statuts de la Sociélé internationale. Le pacte fondamental écrit en anglais arrivait à Paris un mois après; le groupe des internationaux nommait, au poste de secrétaires correspondants pour Paris, Tolain, ciseleur, Fribourg, graveur-décorateur, et Limousin, mai^ur, et l'Internationale était fondée.
IjB lendemain de ce meeting, une réorganisation du (k>nseil d'État eut lieu à Paris. Ce corps devait avoir désormais à sa tële un ministre pour le présider; six présidénis de section, dont trois cumuleraient ce litre avec celui de vice-présidents; les préadents de section et les viceprésidents exerceraient, auprès du Sénat et du Corps législatif, les attributions déterminées par l'article 5 de la constitution. En même temps un changement eut lieu parmi tes ministres de la parole. H. Rouland, ministre présidant le Conseil d'Ëlat, qui avait montré peu d'aptitude aux débats parlementaires, quitta la vie politique pour terminer sa carrière dans la place lucrative de gouverneur de la Banque de France. Il fut remplacé par M. Vuitrj'.
{() H. Fribourg, auteur du livre auquel noui empruntoai ces dftsil», faitail pariie de ces jeuoei gent.
1, .. A,OOglC