‹ Histoire du second empire (1848-69) (volume 2)Chapitre 90 sur 148 · H. DE PERSECNY REÇOIT UN AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

H. DE PERSECNY REÇOIT UN AVERTISSEMENT

L'impératrice Eugénie s'était arrêtée à Baden au retour des eaux de Schwalbach ; elle rentra vers le milieu d'octobre à Saiot-Cloud. L'Empereur, qui venait de rendre visite à l'empereur et à rimpéralrice de Russie, à Nice, s'amusait, en revenant, à passer des revues à Toulon, à Marseille et à Lyon. M. de Persigiiy, pendant ce temps-là, attirait sur sa tête les foudres du Constitutionnel, à propos d'une lettre adressée par lui à M. Emile de Girardin, qui venait de lui envoyer son livre les Droits de lapensêe. M. de Persigny assurait dans celte lettre que sans aller, comme M. de Girardin, jusqu'à demander l'impunité de la presse, il était néanmoins disposé à lui faire des concessions : « Cette question me préoccupe beaucoup, et je me sentirais peu disposé aujourd'hui à maintenir le régime actuel sans de sérieuses modifications. » Le Constitutionnel tança vertement, le lendemain, M. de Persigny au sujet de cette lettre qui avait excité le mécontentement de l'Empereur. M. de Persigny recevant à son tour un avertissement, comme un simple journaliste, cela fit rire uu moment.

La cour de Rome, cependant, préparait silencieusement sa revanche de la convention du 15 septembre. Ce fut la fameuse encyclique adressée le 8 décembre au clergé catholique pour signaler et condamner les « principales erreurs de notre temps». Le cœur de Voltaire fut transporté, quelques jours après l'apparition de l'encyclique, à la Bibliothèque impériale par ordre des héritiers du marquis de Villetle. M. Duruy, ministre de l'insiruclion publique, en prit possession au nom de l'Etat.

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