ÉTAT DE L'ITALIE
iemeot le vote du projet eut lieu par 221 voix contre It .
Le Corps législatif s'occupa ensuite de rannexion des communes renfermées dans l'enceinte des fortifications, et de la conversion en loi des décrets renduà en matière de douanes. Grand émoi parmi les partisans du régime protecteur; vives doléances au sein de la commission, rapport fougueux de M. Pouyer-Quertier. Les décrets qu'il s'agissait de sanctionner avaient produit leur effet; le rapport et la discussion ne pouvaient donc porter que sur la fixation de la limite assignée par la loi de 1814 aux droits du gouvernement en matière de règlements de douanes. M. d' Andelarre soutint que le gouvernement, en signant plusieurs décrets soumis en ce mo* ment au Corps législatif, en particulier celui relatif aux céréales, avait donné à cette loi une extension abusive. Réponse de M. Greterin, conseiller d'Ëtat; réplique de M. d' Andelarre. M. Barocbe demande la clôture d'un débat portant sur une question sans solution . Les protectionnistes seuls avaient parlé jusqu'ici; M. Curé prit la parole pour protester contre les doctrines formulées dans le rapport de M. Pouyer-Quertier, doctrines rétrogrades et entièrement contraires aux principes de 89. Cette discussion remplit la dernière séance de la session de 1859.
Les discussions du Corps législatif, peu faites dans ce temps pour passionner les esprits, perdaient encore de leur importance, en présence de la gravité des événements extérieurs. Le public ne songeait qu a la guerre.
Examinons maintenant la situation intérieure de
ritalie.
Quelle était la situation politique de l'Italie au moment où la guerre allait commencer? Le grand-duc de Tos-
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caue, Léopold II, redoutait non-seuleaient la liberté, mais encore la vie ; endormeur et endormi, son idéal eût été de régner dans les limbes. Les Toscans faisaient à son gouvernement une opposition littéraire en applaudissant les tragédies de Nicolini et en payant les amendes d'un imprimeur condamné pour avoir publié les Histoires de Fra Paolo Sarpi sans autorisation de la censure ecclésiastique. Le grand-duc avait choisi précisément le moment de Talgarade impériale à M. de Hubner pour se rendre à Naples, sous le prétexte d'assister au prochain mariage du duc de Caiabre, mais en réalité pour s'entendre avec Ferdinand YII el avec Pie IX, qu'il vit à Rome en passant. Le grand-duc, en rentrant dans ses États, le 19 février, trouva les ressorts du gouvernement un peu relâchés et essaya de les tendre, mais rien ne put empêcher les volontaires de s'enrôler en foule dans Tarmée du Piémont. Les fils des plus illustres familles partirent. La tentative d'un congrès provoqua la rédaction d'un Mémoire adressé par les notables Toscans aux futurs plénipotentiaires pour demander des institutions représentatives. Le congrès n'eut pas lieu, mais les espérances qu'il avait fait naître subsistèrent. La colère des Florentins fut grande, en apprenant, le 2& avril, que le grand-duc, invité à s'allier à la France et au Piémont, avait répondu qu'il voulait garder la neutralité. L'agitation grandissant, l'archiduc (Charles, second fils du grand-duc, commandant Tartillerie toscane, convoqua, le 27 avril, les officiers de ce corps, au fort du Belvédère, pour leur communiquer un plan de bombardenoent de Florence, Les officiers déclarèrent qu'ils ne pouvaient compter sur leurs soldats, ils refusèrent d'obéir et s em*
LES DUCHÉS. Aâd
parèrent de la forteresse. L'archiduc demanda s'il était prisonnier. «Nullement; partez, et conseillez à votre père de s allier avec le Piémont : il en est temps encore* » Le grand-duc, pendant ce temps, promettait à la population eotourant son palais de conclure cette alliance, et, pour gage de sa parole, il faisait arborer le drapeau tricolore au balcon du palais Pitti. Quelques joursplus lard, le peuple lui demanda son abdication. Il consentit à partir, à condition que le corps diplomatique garantirait sa sortie de Florence contre tout danger. Le grand-duc fit ses paquets, s^a une protestation contre les faits accomplis, et prit la route de Bologne. Le roi de Naples, alors fort malade, dit, en apprenant sa fuite : « C'est la seconde fois qu'il quitte Florence, il n'y rentrera plus. »
La ducbesse-régente de Parme, sœur du comte de Chambord, avait livré depuis longtemps son duché à rAutriche, qui, non contente d'augmenter la garnison de Parme et de la forteresse, fit de la ville une espèce de camp retranché.
François Y, duc de Modëne, régnait, mais un major autrichicD gouvernait. Carrare, capitale du duché, comptait' 18 000 habitants : 100 étaient aux galères, 800 en prison, k ou 500 en exil; les autres habitants vivaient sous la loi martiale ; cinq d'entre eux furent condamnés à mort pendant la durée de Tétat de siège. François Y était un idiot cruel : ni commerce, ni chemins dans ses États, mm des impôts écrasants et la bastonnade en permanence. François Y, revenu de Yienne avec le ^rade de lieutenant général autrichien, s'amusait à passer des revues, ce qui n'empêchait pas ses soldats de déserter tous les jours eu Piémont. Ceux qui lui restaient fide-
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les s'amusaient à faire feu dans les rues sur les gens qui chantaient des chansons patriotiques. Le grandduc avait pris d'ayance ses précautions pour s'enfuir au premier signal de danger, il emporta en Yénétie les richesses du Trésor, For, l'argent, les pierreries de la couronne, les pierres et médailles des musées, les maouscrits des bibliothèques. 11 se fît môme suivre de 80 pri<sonniers politiques, écroués par son ordre dans les cachots de Mantoue.
Le modèle et l'exemple de tous ces souverains, le Aot, était Ferdinand II de Naples ; né dans Texil, il n'entendit parler à son retour que de prison, de galères, de confiscation, d'exil, de vengeance. Son précepteur fut un prétro désigné par le prince de Canosa, le même qui, plus tard, chassé de Naples, vint fonder à Modène la yoce d$lk
Verità, journal ultra-catholique dont la polémique furieuse a été si bien imitée depuis. Il aimait les casernes, les parades, plus que la science et les lettres, mais soo instinct guerrier n'était que du caporalisme. 11 avait une haute idée de la puissance absolue de la royauté. Le testament de son père contenait des legs en grand nombre et des dispositions gênantes, il n'hésita pas à le déchirer. Une volonté sans scrupule jointe à un bonheur constant exerçait toujours une grande influence sur l'imagination du peuple. Ferdinand était un roi détesté mais populaire. Jamais prince ne montra un si grand mépris de la monarchie constitutionnelle : «Nous ne sommes pas du boisdoot » on fait les toupies. » Di chisto legno non se fanno strummoU^ dit*il dans le patois napolitain à ceux qui lui parlaient d'un de ses frères comme candidat au trtaede Belgique*