GARIBALDI A TURIN. A
nord-est la Scrivia. Le rappel de la divisioû d'Autemarro de Bobbio, roccupation de Veroeil par Itss Piémoutaisila coQceDtration de leur armée sur la droite de la Sesîa, le3 mouvemeuts incessants de Iroupes sur le cbeoiia de fer d'Alexandrie à Casale, et de Cas&le à Yerceil, enito Tex-^ pédition de Garibaldi étaient des mesures peu propres à persuader aux Autrichiens que les alliés voulaient atta-^ quer leur gauche; elles pouvaient tout au plus les faire hésiter sur la question de savoir si c'était leur droite pu leur gauche qui allait être débordée sur Novarê ou sur Mortara.
Le général Mac-Mabon reçut Tordre de feindre de jeter un pont sur le Pô pour foire croira à Tennemi que la ligne de Pavie était menacée. Les travaux comment cèrent le 27 mai. Deux ponts de chevalets furent bientôt construits, pendant que les oificiers du génie exploraient les passages de la Sesia» et choisissaient entre Prarolo et Pftleslro un point propre à rétablissement d'un pont îéritable auquel le gué d'Albano, à 10 kilomètres de Yerceil, devait servir d'auxiliaire.
Garibaldi , pendant que ces mouvemeutâ étaient en Irain de s'accomplir, surveillait le passage du Pô à Ponte^tura et la route de Casale à Turin , Il avait été appelé à Turin par Cavour, vers le miUeu d'avril 4650. Ces deux hommes, visant au même but, mais divisés sur les moyens de l'atteindre, séparés par la naissance, par le caractère, par l'éducation, avaient plus d'estime que de goût l'un pour l'autre. Garibaldi pourtant se rendit avec empressement à l'appel du ministre. Le jour commençait à peine à naître lorsqu'il entra sous la voûte du palais de Piazza^CasteUo. Le dief républicain, introduit
ft68 L'EHPIRE.
dans la chambre rouge où le roi l'avait déjà reçu plus d'une fois, se trouva en présence de Victor-Emmanuel, de Cavom* et de Farini*
Cavour entama le premier la conversation : « £h bien, n général, le jour si longtemps attendu est arrivé; la » patience du comte de Buol est presque épuisée, nous 1» avons besoin de vous I »
Garibaldi répondit : « Je suis toujours prêt à servir njon 0 pays, mais quel est votre plan 7 Allez-vous attaquer » rAutriche avec la force irrésistible d'une insurrectioa » nationale?
» — Je n'ai pas, reprit Cavour , nne foi aussi grande que p vous dans l'efficacité d'une insurrection populaire pour B vaincre les armées de rÀutricbe; notre armée r^uliëre n est trop faible pour lutter contre les 200 000 hommes » que nos ennemis ont à la frontière ; nous avons dû nous n ménager l'appui d'un allié puissant. Les paroles adres- » sées par l'empereur des Français à l'ambassadeur autrin chien, le 1"*' janvier, vous disent assez quel est cet » allié.» Garibaldi répliqua : «L'Italie se bat, mon premier » devoir est de lui offrir mon épée : mon cri de rallie- » ment sera désormais l'unité de l'Italie sous la royauté » constitutionnelle de Victor-Emmanuel ; mais n'oubliez D pas que l'aide de l'étranger coûte toujours très-cher. » Je souhaite que l'homme qui nous a promis son secours D puisse racheter le 2 décembre aux yeux de la posté- » rite en contribuant à rendre à l'Italie son indépen- » dance. »
Le roi répondit à Garibaldi : « Napoléon III a toujou» » eu le désir de s'associer à cette œuvre. Aurais-je cod- » senti, ajouta*t-il, au mariage de ma fille avec le prince
IfOUVEMEI^TS DE GARIBALDl. A6t
» Napoléon, si je n'étais certain des bonnes intentions de » FEmpereur. »
Garibaldi partit le lendemain pour Biella, où il prit le commandement des chasseurs des Alpes^ corps de volontaires composé de jeunes patriotes et de vétérans ayant pris part à la défense de Rome en 1 Sk9. Après avoir rejoint Cialdini à Casale, il quitta cette ville le 8 mai pour soulever les populations lombardes dans tout lé pays situé aux pieds de la partie méridionale des Alpes. A la tôte de ses volontaires, il se glisse le long des montagnes et arrive à Chivasso le 10; le 12, il est à San-Germano, où des renforts portent Teffectif de sa troupe à 3180 hommes formant six bataillons et un escadron de guides : ces forces réunies en deux colonnes partent de Borgomanco dans la nuit du 22 au 23, et se dirigent, l'une du côté du «nord par Orta, Tautre du côté du sud par Arona. Il entre à Castelletto le 23, franchit le Tessin sur un bac, surprend Sesto-Calende dans lequel il laisse une faible garnison, et, suivant la route de Côme, il entre dans Varëse avant la fin du jour; il organise sans perdre de temps la défense de cette ville : les rues sont barricadées et les maisons crénelées forment autant de forteresses prêtes à soutenir Tassaut.
Sur ces entrefaites, le général autrichien Urban s'avance avec deux bataillons et demi tirés de la brigade restée dans le Milanais, une demi-batterie xle 12 et deux che* valets de fusées ; le général Melzer lui amène plus tard des renforts avec lesquels il attaque résolument Varèse ; mais Garibaldi, dérobant sa marche derrière un rideau de collines, tombe sur le flanc des Autrichiens et les
oblige à se retirer en abandonnant trois canons sur le champ de bataille : il rentre à Varèse. Ce premier succès le décide à prendre TofFensive et à tenter une surprise sur CAme avant que Vonnemi puisse réunir sur ce point des forces considérables ; il prend donc la grande route de Benazi; puis, tout d'un coup, rebroussant chemin vt formant son corps en deux colonnes, il dirige la première sur Camerlata , la seconde de Brillo à Cbkso sur le territoire de la Suisse, le long d'un étroit sentier qui serpente entre les montagnes du lac de Côme. Les Autrichiens occupent l'extrémité de ce défilé; pendant qu'ils se préparent à recevoir les chasseurs des Alpes à Camerlata, ils sont attaqués à San Ferme : après une lutte acharnée, les Autrichiens sont poursuivis la baifonnette dans les reins jusqu'à l'entrée des faubourgs de Côme que Garibaldi finit par emporter.
Giulay, attaqué de front par l'armée alliée, voyait ainsi son flanc droit menacé par Garibaldi , et ses communications coupées par la population lombarde à moitié soulevée; k marche du T corps d'armée français faisait naître en lui de nouvelles inquiétudes sur la sécurité de son flanc gauche. Cependant, au lieu de laisser du monde en iMibardie pour couvrir sa droite, de s'opposer aux pn^ des chasseurs des Alpes et de contenir les montagnards de Varèse, il avait rappelé à l'armée centrale Urban et la autres généraux détachés. Garibaldi partit de Côme dans la matinée du âO mai et se dirigea par Varèse sur le fort de Laveno qu'il espérait surprendre. Ce fort, situé sur le lac Majeur, était armé de 22 pièces de gros calibre, et défendu par deux compagnies d'infanterie, un détadiement de sapeurs du génie, une section d'artillerie, m