COMBAT DE PALESTRO. A
compagoic do marins de la flottille. Garibaldi, mattre des bauiours, tenta d'enlever le fort par un coup de main à Taube du 1" juin, mais il fut repoussé avec perte.
Le général Urban, ayant reçu Tordre de reprendre roffensive avec Irois brigades et quatre batteries et de couper la retraite à Garibaldi sur le Tessin, était rentré le 31 mai à Yarèse. La position des chasseurs des Alpes devenait critique : il ne leur restait plus qu'à se jeter dans les montagnes pour gagner Côme par des routes qui pouvaient, à chaque instant, leur être fermées. Heureusement les alliés s'étant remis en mouvement, Urban abandonna brusquement Varèso et se replia sur Gallerata.
Les Autrichiens, à la suite de leurs opérations sur la Sesia et à Varèse, s'étaient rapprochés de la ligne du Tessin, resserrant leur front de bataille et reportant leur aile droite plus en arrière; il ne restait à Novare qu'un détachement du 7" corps qui couvrait la route de Milan, ayant ses avant-postes sur TAgogna. L'armée sarde, moins la 5' division laissée a la défense de la rive droite du Pô à Casale, s'ébranla le 30 mai pour se rendre de Yerceil à Palestro, et assurer le passage de la Sesia à l'armée française. Cette rivière est guéable, mais souvent les grandes pluies la font monter considérablement ; son étroite vallée, couverte de forêts, de saussaies, de canaux, de rivières barrées par des digues, de chemins, de fossés, forme un labyrinthe au milieu duquel s'élèvent les villages de Gasalina, Vinzoglio, Confienza et le gros bourg de Palestro, qui commande la plaine environnante. Les Autrichiens avaient concentré là de grands moyens de défense : les hauteurs étaient cx)uronnées d'un parapet garni de deux canons qui battaient le passage de la Sesia
et la route de Verceil. Des créneaux couronnaient les pre* mières maisons du villajçe ; une ligne de tirailleur se dissimulait derrière le rideau des arbres; les petits ponts servant de passage sur les canaux d'irrigation étaient gardés.
Les Piémontais commencent, le 30 mai, de grand matin, à franchir le fleuve sur deux ponts de chevalets près de Verceil; le passage est terminé à midi. Le roi Victor-Emmanuel marche avec la /indivision, commandée par le général Cialdini, sur Palestro, qui est la clef de la position ; les 3% 2* et 1" divisions ayant à leur tête les généraux Durando, Fanti et Castelborgo, se dirigent Tune sur Vinzaglio, les deux autres sur Confienza. I^ 4' division, malgi'é les tirailleurs embusqués derrière les arbres ou cachés dans les hautes herbes, franchit successivement les canaux, déloge les défenseurs des maisons et s'empare de la grande route de Palestro et de Téglise. Les Autrichiens, retranchés dans le cimetière, battent en retraite, après une longue défense, pas à pas, en combattant avec acharnement de maison en maison.
Pendant que la b* division piémontaise se battait à Palestro, une colonne ennemie forte de trois compagnies et 2 pièces d'artillerie, avait été détachée de Robbio pour soutenir les défenseurs de Palestro, en attaquant le flanc gauche des assaillants. Cette colonne, parvenue à Vinzaglio, est subitement attaquée par les troupes de la division Durando, qui vient de chasser les Autrichiens du ' village; le commandant de la colonne autrichienne, après une lutte très-vive, se retire en bon ordre vers Palestro qu'il croit encore au pouvoir des siens; arrivé à proximité du village, il est entouré par les Piémontais; il parvient à se dégager et à s*ouvrir une retraite sur
DÉFAITE DES ACTRIGHIENS. 473
Robbio, en abandonnant ses deux pièces de canon et un grand nombre de prisonniers.
La 2* division piémontaise avait aussi passé la Sesia et traversait Borgo-Verceil, lorsqu'elle se trouve en face d'un corps de cavalerie autrichienne arrivant en reconnaissance d'Orfengo par la route de Novare. L'artillerie piémontaise tire quelques volées de mitraille sur l'ennemi qui disparait; la ^'^ division continue sa marche en deux colonnes sur les hauteurs de Catalina : l'une prenant la direction de Vinzaglio pour se relier à la S* division, et l'autre se portant sur le village de Confienza que l'ennemi vient d'abandonner.
Giulav, à la suite de ces combats, porta son quartier général à Mortera ; il se rendit le 31 mai, dans la soirée, à Robbio aCn de se concerter avec le général Zobbel sur les moyens de reprendre les positions perdues. Le général Zobbel n'avait que quatre brigades formant un total de 18 000 hommes environ à mettre en ligne contre un ennemi supérieur en nombre, car l'armée piémontaise se trouvait déjà réunie sur la rive gauche de la Sesia. Palestro, défendu par la h^ division piémontaise forte de 11 à 12000 hommes appuyés à des retranchements et couverts par le 3* régiment des zouaves français, était capable de résister à des forces plus imposantes; le S* et le 4* corps de l'armée française, qui se préparaient à franchir la Sesia, formaient derrière elle une seconde ligne. Les alliés occupaient donc Yerceil et les environs avec ili divisions d'infanterie et 7 brigades de cavalerie.
Les Autrichiens commencent l'attaque à six heures du matin ; leur avant-garde enlève les avant-postes piémon-
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tais et atteint les promiëres maisons de Palestre; là, elle est obligée de reculer jusqu'au cimetière, entraînant dans ce reflux la colonne qui s'avance derrière elle. Les Piémontais, lancés sur l'ennemi, sont arrêtés par la réserve. Une brigade autrichienne venant do Confieuza sans rencontrer d'obstacle tourne à gaucho vers Palestre; Tartillerie des alliés Tarrôte. Une aulro brigade, accourue en suivant la berge étroite de la rivière, traverse le canal, passe a gué la Sesia et ouvre bientôt le feu sur Paleslro. Les boulets autrichiens atteignent un pont de bateaux construit par les Français.
Les chasseurs autrichiens poussent.hardiment en avant et chassent les Piéraontais de la Cascina di San Pietro. Enhardis par ce premier succès, ils s'avancent vers Palestre par le pont du canal, mais ils sont canonnës par une batterie française établie sur la rive gauche de la Sesia; le 3* des zouaves, dont jusque-là les blés el une allée de peupliers ont dissimulé Ja présence, parait sur le champ de bataille et attaque le flanc gauche des Assaillants; une batterie autrichienne, favorablement placée sur la hauteur, tire sur les zouaves qui s'avancent Tarme au bras, sans brûler une amorce, et jonchent la terre de leurs morts; un canal les sépare de l'artillerie ennemie; ils se jettent à l'eau, franchissent cet obstacle, courent sur la batterie et tuent les canonniers sur leurs pièces.
Les Autrichiens essayent, sous la protection de deux de leurs pièces, de reformer leurs bataillons et de résister de nouveau jusqu'à l'arrivée de leur brigade de réserve. Les Piémontais, joints aux zouaves, les repoussent. Uo nouveau combat s'engage derrière le pont jeté sur la Bridda, défendu par deux pièces de canou et par une