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LES ALLIÉS OPÈRENT LEOR MOOVEMENT DE CONCENTRATION

ferme composée de plusieurs bâtiments; mais bientôt les défenseurs de cette position sont refoulés par les alliés après une vigoureuse résistance. Les Autrichiens se retirent en désordrq, poursuivis la baïonnette aux reins jusqu^au canal dans lequel ils sont précipités en grand nombre; les canouuiers se sauvent avec leurs chevaux et abandonnent leurs pièces, le bataillon des chasseurs tyroliens se fait cependant admirer par le calme et le sangfroid avec lesquels il couvre la retraite sur Rivoltella,

Trois colonnes outrichiennes avaient concouru simultanément à la même attaque ; elles avaient été battues chacune isolément par un ennemi qui, à la supériorité du nombre, joignait la force de la position. La quatrième colonne, forte de quatre bataillons seulement qui se trouvaient en réserve, entra à son tour en action contre 14000 hommes fiers de leurs succès.

Lo général Zobbel avait pris position à la Cascina di San Pietro; les Autrichiens s'élancent de là sur les Picmontais et les font reculer jusque dans les vignes et les vergers qui garnissent les approches de Palestre* Le général Zobbel, s'apercevant que, malgré cet avantage, toute tentative pour reprendre roffensive est inutile, se retire sur Confienza, en sô repliant d'abord sur Robbio pour éviter la 2" division piémontaise. Le 3* corps d'armée français, qui devait passer sur la rive gauche de la Sesia, ne put effectuer ce passage que très-tard, vers sept heures et demie, à cause d'une crue soudaine des eaux. Cette circonstance, qui pouvait compromettre les alliés si Giulay avait employé pour l'attaque de Palestre des forces plus considérables, sauva le corps de Zobbel d'un désastre.

Le général français Renault porte alors deux de ses bataillons en avant de Palestro, sur la gauche de la grande route conduisant à Robbio, et laisse en arrière de Palestro le reste de ses troupes. La 2" brigade de la division Trochu garde le pont sur la Sesia; la 1" brigade se retiré derrière la position occupée le matin par les zouaves. La division Bourbaki couvre les ponts en deçà de la Sesia; Tartillerie de cette division canonne les colonnes ennemies en les prenant à revers, tandis que Tartillerie de la division Trochu les prend de front; le 3' corps contribua ainsi pour sa part au succès de la journée de Palestro. Les Autrichiens, restés sur la rive gauche du Pô, à Robbio, à Mortara, à Novare, se retirent le 2 juin derrière le Tessin, en faisant sauter le pont de San Martine, et se concentrent autour de Rosale où Giulay fixa son quartier général.

Le lendemain du combat de Palestro, un souslieutenant du régiment de cavalerie de Nice se présenta devant le colonel français Chabrol, chargé d'escorter les prisonniers autrichiens à Verceil. La présence de ce jeune officier, grand, mince, d'une tournure élégante, parlant le français le plus pur, étonna le colonel, qui ne put s'empêcher de lui demander quel était son pays : «Je suis Français, répondit-il, je suis de Chartres. — Comment êles-vous venu de la Beauce servir en Sardaigne? L'officier reprit en riant : mon nom est do Chartres; je suis le second fils du duc d'Orléans. »

Le mouvement de concentration des alliés entre Alexandrie et Voghera s'était heureusement accompli; grâce à la victoire do Palestro, l'armée piémontaise, rassemblée sur la rive gauche de la Sesia, à deux étapes

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