CAUSES 0E LA DÉFAITE DES AUTRICHIENS
les dernières positions autour de Solferino, avaient alors Tavantage de la position et du nombre.
Les Piémontais, à l'arrivée de la 1" division sur le champ de bataille vers une heure, pouvaient réunir 22 000 hommes environ et se jeter avec cette force sur les 18 000 Autrichiens de San Martino, mais ils se fractionnèrent dans Tattaque, et Benedeck put les repousser successivement. L'avantage des Autrichiens à San Martino et leur vaillante résistance à Solferino auraient peutêtre changé le sort de la journée s'ils avaient manœuvré au centre et à leur gauche avec plus d'ensemble et en masse. Le général Schlik, qui avait eu l'idée d'envelopper le flanc gauche de Mac-Mahon, n^employa pour cette manœuvre décisive que six escadrons de hussards qui causèrent cependant un certain désordre dans la division Decaen. Cette manœuvre, exécutée par toute la division de cavalerie de Mensdorff, appuyée par des batteries d'artillerie à cheval, pouvait compromettre Mac-Mahon et délivrer Solferino.
Le !•' corps d'armée, chargé d'appuyer le 5% ne prit aucune part à la bataille de Solferino; le T corps, qui devait également soutenir le comte Stadion, arriva tard à son poste et se trouva partagé en deux divisions, l'une en arrière de Solferino, l'autre à San Cassiano. Pendant l'attaque de Solferino, les S% 9* et iV corps et la cavalerie de Mensdorff ne parvinrent pas à déloger le 4* corps français* Les Autrichiens, selon leur habitude, combattaient en fractions de la force d'une brigade, tandis que les Français agissaient presque toujours par divisions s'appuyant entre elles. L'artillerie autrichienne, malgré sa supériorité numérique, se trouva toujours inférieure en
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nombre dans les combats partiels. Les Autrichiens n'employèrent pas de grandes masses dans les attaques, ils négligèrent de réunir de grosses réserves, de sorte que lorsque la 1'* armée commença son mouvement de conversion pour tourner Taile droite des Français dans la plaine, il était déjà trop tard, car le S*' corps, resté sur la défensive à Casa Marino, s'était porté en avant et se trouvait en communication avec le 4* corps et celui-ci avec le 3*. Plus de 30 000 Français se montrant en ligne, Wimpffen ne pouvait plus réussir dans sa manœuvre tournante. S'il eût agi dès le commencement de la journée selon son inspiration et d'après les conditions du combat, il aurait pu, profitant de sa supériorité numérique et de sa belle et nombreuse cavalerie, envelopper le 4* corps qui se trouvait isolé et battre le 2* et le 3'; mais il voulut attendre les ordres du quartier impérial. Ces ordres arrivèrent tard, et la gauche des Autrichiens perdit Toccasion. Une autre faute des Autrichiens fut aussi de n'avoir pas organisé une forte réserve pour l'engager utilement sur les points décisifs et au moment opportun. Le général Hesse avait conseillé d'employer dans ce but le 6" et le lO"" corps. Cette réserve aurait pesé d'un grand poids dans la balance des forces qui luttèrent avec des chances égales pendant plusieurs heures.
La victoire restait aux Français, mais ils n'avaient pas poursuivi Tennemi ; les lésultals de la victoire étaient donc incomplets, cependant l'espoir d'atteindre le butBxépar la proclamation de Napoléon III au commencement de la campagne animait tous les cœurs. La lutte allait recommencer ; telle étfiit la conviction générale. M. de Cavour, deux jours après Solferiuo, avait trouvé Napoléon Dl