LA SOCIÉTÉ D'ASSURANCE FRATERNELLE
le rédacteur de la Gironde^ Campan, représentait la proscription orléaniste, se distingua dans cette guerre de pamphlets par la vigueur de ses attaques. La Nation ouvrit courageusement ses colonnes aux proscrits jusqu'au jour où elle cessa de paraître. La police belge ne permit le séjour de la Belgique qu'aux proscrits qui justifiaient de leurs moyens d'existence. Les autres étaient ramenés à la frontière française, d'où on les renvoyait à la frontière belge. Une seule issue leur restait ouverte : lameiï"; ils passaient en Angleterre. Six mille républicains français traversèrent la Belgique en décembre 1851 et janvier 1852, quatre cents environ y restèrent. L'union demeura toujours assez grande parmi eux.
La Société d'assistance /ratemelk^ formée pour recueillir les souscriptions, distribuer les secours et défendre les exilés devant la police, pouvait, sur la demande des intéressés, se changer en tribunal de famille ; cela ne lui est arrivé que trois fois pendant la longue durée de la proscription. Nous allons trouver plus de discordes en Angleterre.
Les conventionnels proscrits par la Restauration, ne voulant pas demander un asile à l'ennemi implacable de la révolution, se réfugièrent partout, excepté en Angleterre. Le rapprochement opéré entre les Anglais et les Français depuis trente ans, délivra les accusés du 15 mai, du 24 juin 1848, et du 13 juin 1849 de ces scrupules de haine patriotique; ils trouvèrent donc en Angleterre l'asile que leur refusait la Belgique. Landolphe, représentant, Kersausie, Dclescluze, Fomberteau, Léclanché, Berjeau, RibeyroUes, s'y réfugièrent.
MM. Louis Blanc et Caussidièrc y retrouvèrent Casavan,