PR0TESTAT10^*S CONTRE L'AMNISTIE
que les exécrables auteurs de ces attentats ont dit, en les commettant, qne tout était pour sauver la République m danger. Ce serait folie à nous de nous livrer à des ennemis qui trempent leurs mains dans le sang, le mensonge et le parjure. Eotre nous et l'Empire, il n*y a pas de communauté possible, carTEmpire, c'est le crime.
» Pour ma part, j'attendrai, pour rentrer dans mon pays à mes risques et périls, le moment où je pourrai aider à y rétablir avec la République, le règne des lois et de la liberté.
» Puisque j'ai pris la plume, permettez- moi de protester contre ces expressions à' amnistie, de pardon y de démence, etc., que je trouve même dans des journaux anglais. M. Bonaparte n'a pas plus qualité pour noas accorder une amnistie, qu'il n'en a jamais eu pour nous envoyer en exil. Il serait absurde de lui reconnaître ce droit. I^ pouvoir qu'il possède, il le possède par le vol ; par conséquent, il no l'a pas. Fortifiez et développez ce pouvoir comme vous voudrez, il ne ressemblera jamais qu'à la force de l'assassin. Un assassin peut vous arracher la vie ; il ne peut vous condamner à mort. Pourquoi alors nous parler de pardon? Toutes les notions de bien et de mal, de justice et d'injustice, ont-elles péri dans le naufrage de la République française? Depuis quand les violateurs delà loi sont-ils autorisés à pardonner à ses défenseurs?
> Le décret de H. Bonaparte est un tissu d'immoralités. Lui, nous donner l'amnistie I Comment le pourrait -il? H est sous le poids d'une accusation de la haute cour de justice de France, du ^ décembre 4 851 , qui le renvoie devant les tribunaux pour crime de haute trahison. 11 est vrai que des soldats, conduits par des généraux tarés, ont jeté les juges dehors ; mais ce fut un acte de force brutale qui ne peut altérer des principes étemels. Aussitôt que l'autorité de la loi sera rétablie dans notre pays, le premier gendarme venu le mettra en prison pour être jugé. Les droits, la justice sont inaltérables. J'attends avec confiance leur exercice.
> Je suis, monsieur, votre très-obéissant serviteur,
» ViGTOEl SCHŒLGHER.
> Londres, S iq>teinbre 1859. »