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LE TRAITÉ DE COMMERCE EST GONGLO

<f octobre 1859, pour présider le congrès international des poids et mesures réuni à Bradford, mais l'objet principal de son voyage était le traité de commerce (1). n arriva le 8 à Londres, et le lendemain même il eut une conférence avec Richard Cobden. M. de Persigny, ambas* sadeur du gouvernement impérial en Angleterre, était dans la conQdence des négociations. M. Michel Che« valier, admis le 15 au soir, après la réunion du cabinet, auprès de M. Gladstone, chancelier de l'Échiquier, lui fit connaître Tarticle de la Constitution de 1852, qui donnait à TEm.pcreur le droit de négocier les traités de commerce : « en trois quarts d'heure tout fut convenu entre » le chancelier de TÉchiquier et moi. Les dispositions » sur lesquelles nous fûmes d'accord furent à peu près » celles que porte le traité de commerce définitivement te signé le 53 janvier 1860 (2).w

M. Michel Chevalier et Richard Cobden se retrouvèrent à Paris le 22 novembre. L*Empereur les reçut séparément à Saint-Cloud le 27 ; il leur fit part de son adhésion au traité, en leur recommandant le secret. Lés négociations commencèrent au retour de l'Empereur de €ompiègne. Les négociateurs du côté de la France étaient M. Rouher, minisire du commerce, et M. Baroche, ministre des affaires étrangères par intérim, en Tabsence de M. Thouvetiel; du côté de l'Angleterre, Richard Cobden et lord Cowley. M. Michel Chevalier assistait ailx conférences et y prenait part. M. Achille Fould, ministre d'État, entretenait l'Empereur dans des dispositions favorables. M. Magne, ministre des finatices, et M. Gréterin

(1) Lettre à M. Bonamy Price.

(2) Lettre à M. fiooamy Price.

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directeur des douanes, grands partisans du système restrictir, n'étaient pas dans le secret.

Le silence absolu recommandé par l'Empereur fut bien gardé par tout le monde. M. Rouher se méGait de ses bureaux, où la direction du commerce extérieur était confiée à un homme] fort honorable, mais ami déclaré de la prohibition ; ils ignoraient donc complètement le travail auquel se livraient les négociateurs (1). Les termes du traité à peu près réglés, le conseil des ministres en eut connaissance. L'opposition de quelques membres n'empêcha pas la conclusion de cet acte. L'Angleterre l'accepta et ne cessa pas de garder rancune au gouvernement impérial de l'annexion de Nice et de la Savoie. Lord Russell ne tarda pas même à prononcer l'arrêt de mort de l'alliance anglo- française telle qu'elle avait existé pendant la guerre de Crimée, en déclarant que l'Angleterre et ne devait pas se séparer du reste des nations de l'Eu- » rope, qu'elle devait être toujours prête à agir avec les di- » vers Ëtats, si elle voulait ne pas redouter aujourd'hui x> telle annexion, et demain entendre parler dételle autre.»

Le 21 mars 1860 une députation savoisienne reçue aux Tuileries, avait exprimé ses vœux pour la réunion de la Savoie à la France. L'Empereur, après la signature du traité de cession qui eut lieu le 2/i mars, envoya MM. Laity et Pietri, sénateurs, à Chambéry et à Nice pour procéder à la formalité du vote. Le Moniteur pendant ce temps^ remplissait ses colonnes avec les adresses des corps constitués, des tribunaux, des hospices, des couvents, des confréries et des archi-confréries religieuses, en faveur de

(1) Lettre à H. Bonamy Price*

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