‹ Histoire du second empireChapitre 151 sur 176 · DISCUSSION SUR LE POUVOIR TEMPOREL · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LE POUVOIR TEMPOREL

temporel dans des brochures comme le Pape et le Congrès^ et proclamant officiellement la nécessité de son maintien. « Il est temps, dit M. Jules Favre, que des » explications catégoriques mettent fin à une politique y de malentendus, de démentis et de volte-faces inaccep- » tables pour le pays. »

Un tumulte violent succède à ces paroles ; le président rappelle l'orateur à Tordre. Le tumulte redouble quand, s'expliquant sur la peine dont il vient d'être frappé, il dit qu'il a voulu tout simplement démontrer l' qu'une » nation qui renonce à ses droits s'expose à tous les » périls et à toutes les aventures )i . La Chambre finit par s'apaiser, et M. Granier de Cassagnac, remplaçant M. Jules Favre à la tribune, s'efforça de rassurer le clergé sur les intentions de TEmpereur : « Son dévouement pour le trône pontifical est sans limites, mais ses moyens d'action sont bornés. »

Le moment était venu pour le gouvernement do répondre aux questions posées par M. Lemercier ; M» Baroche se chargea de ce soin. cLe gouvernement » français, dit-il, considère le pouvoir temporel comme ]» une condition essentielle de l'indépendance du saint- » siège. Le pape ne saurait être réduit à la condition » d'un simple évêque placé sous la domination d'un » souverain... Le vœu de l'Empereur est que le pouvoir » temporel soit respecté de tous. Quant à lui, il a con- » science de l'avoir toujours respecté. Si une inlervenji tion morale avait suffi, le saint-père, affranchi de » l'occupation étrangère, régnerait paisiblement sur ses » sujets. L'Empereur sera toujours un défenseur zélé et » respectueux du pouvoir temporel; il saura remplir à

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» la fois ses devoirs de souverain et de catholique. » M. Baroche ne parlait pas de la restitution des Romagnes ; quant aux assurances données par lui sur le maiatien du pouvoir temporel des papes, elles semblaient £drt équivoques, car ce pouvoir réduit à Rome existait-il encore? Est-ce à celte ville que le gouvernement impérial entendait le réduire? M. Lemercier constata que l'affirmative résultait de la discussion même. M. Baroche se contenta de répondre qu'il n'acceptait pas cette conclusion .

Le Corps législatif s'occupa enfin du contingent de 100 000 hommes. II fut voté malgré l'opposition de M. d'Ândelarre qui demandait une diminution. Le général Allard lui répondit qu'il fallait une armée de 600 000 hommes à la France. c< L'Empereur l'a demandée, tous les » militaires l'ont demandée, toutes les commissions de » défense Tout demandée. » La Chambre n'avait plus qu'à s'incliner. Le projet fut voté à l'unanimité moins huit voix.

L'Empereur ayant manifesté sa volonté, le traité de commerce ne pouvait manquer d'être accueilli avec enthousiasme par les feuilles officieuses qui, la veille, étaient protectionnistes. Les conversions éclatèrent. Le gouvernement, malheureusement, n'avait pas pris la peine d'avertir les journaux dévoués à la prohibition, que la prohibition était condamnée ; ils manquèrent du temps nécessaire pour préparer le public à leur changement, et ils passèrent brusquement dans le camp du libre-échaoge. Quelques grands industriels eurent plus de peine à se résigner ; ils menacèrent leurs ouvriers d'une diminutioa de salaire et d'une suspension de travail, mais comme

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