‹ Histoire du second empireChapitre 153 sur 176 · DISCOIRS DE M. EMILE OLLIVIER · texte numérisé non relu

DISCOIRS DE M. EMILE OLLIVIER

M. Emile Ollivier, après avoir approuvé le traité parce qu'il promettait d'exercer une heureuse influence sur le bien-être de tous, profila de l'occasion pour opposer l'ardeur de certains députés à disputer au pouvoir les prérogatives en matière de douanes, à la facilité avec laquelle ils faisaient abandon entre ses mains de toutes les libertés vitales d'un pays : liberté d'écrire, liberté de parler, liberté de se réunir et de s'associer. « Sans doute, » dit-il, ondoit regretter qu'une question aussi considé- » rable que celle du traité de commerce n'ait pas été sou- » mise à l'appréciation du pays; mais ce n'est pas la pren mière fois que des droits importants ont été mis en oubli. 9 Quand les réclamations se sont fait entendre dans cette » assemblée, les protectionnistes les ont-ils appuyées? n Aujourd'hui qu'ils se croient atteints, ils se plaignent » amèrement ; ils doivent pourtant en prendre leur parti : D ce qui vient de se passer n'est qu'un premier pas fait » dans une voie ou il faut avancer toujours dès qu'on y » est entré. Au lieu de se lamenter, qu'ils acceptent donc » courageusement la lutte, de concert avec cette grande » famille ouvrière qui les entoure; qu'ils aident le traité » à produire ses résultats; enfin, qu'ils commencent à » aimer la liberté, non pas telle ou telle liberté, non pas » la liberté économique, non pas même la liberté civile, » mais la liberté sans épithète, la liberté qui est une 0 source de biens et de maux, mais qui porte en elle- D même le remède aux maux qu'elle peut produire. »

La discussion n'alla pas plus loin. Le projet de loi sur les laines, cotons et autres matières premières fut adopté par 21li9 voix. Quatre députés seulement, MM. Plichon, de Cuverville, Lespérut, de Flavigny, crurent devoir

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« caractériser leur dissentiment » par une boule noire.

Un débat technique sur les sucres absorba les quatre séances suivantes. L'abrogation des perceptions interdisant la sortie des écorces à tan, des bois à brûler, et de certaines essences employées par l'industrie, occupa ensuite le Corps législatif. M. Picard, au milieu de cette discussion, fit une tentative hardie : Le Courrier de Parti avait été frappé d'un avertissement pour avoir discuté les articles du Gode pénal sur les coalitions d'ouvriers. M. Picard voulut signaler l'étrange contraste entre le silence imposé aux journaux sur les questions relatives à la liberté du travail, et la conduite du gouTememeut improvisant la solution des plus graves questions économiques : « Si j^avais le droit d'interpellation.., » M. de Moniy l'interrompit brusquement : « Vous ne l'avez pas... » — Ne l'ayant pas, je me. rassois... »

Le rachat par l'État des principaux canaux appartenant encore à l'industrie, l'emploi de 31 millions restés disponibles sur l'emprunt de 500 millions contracté pour la guerre d'Italie, furent l'objet des délibérations de la Chambre. Le gouvernement proposait d'employer ces âl millions à des travaux d'utilité publique dont la dépense, fixée d'abord à 150 millions, fut ramenée au chifBre de /i5 millions. 11 ne présentait aucune pièce justificative, aucun document propre à indiquer au Corps législatif la somme sur laquelle il était appelé à voter. M. Emile Ollivier insista sur cette lacune et sur la nécessité d'écouter les vœux si souvent renouvelés des commissions da budget en faveur du rétablissement de la spécialité: a Gomment le Corps l^slatif pourrait-il consentir àvot^ » en bloc et par ministère les A5 millions qu'on lui de

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