INCERTITUDE I>U PAYS
La presse aoti- cléricale saisit avec ardeur Tarme que lui fournissait le gouvernement : « Est-ce que l'organisation » de ces diverses sociétés ne donne pas à réfléchir? Quoi ! » pour une seule société neuf cents comités^ trois en » moyenne par arrondissement administratif* Cinq cents » à Félranger, et tous relevant d'un comité supérieur » siégeant à Paris, qui sans doute relève lui-même du » sacré collège! Jamais organisation plus complète et » plus savante a-t-elle jamais existé ? PTcst-^^e pas un 9 second État dans TÊtat? Si nos populations n'étaient » pas aussi sages^ si heureusement elles n'étaient pas » indifférentes à toutes les indignations factices, est-ce » qu'il n'y aurait pas là un danger?. Ce danger, nous » l'avions déjà signalé il y a plusieurs années ; avions-nous i^tort(l)?»
Le pouvoir temporel avait dans les salons et dans les académies, des avocats éminents mais impopulaires qui le défendaient sans le servir. M. Villeroain lança une brochure en son honneur; M. Thiers se préparait, disait-on, à imiter son collègue de l'Académie française. Les avertissements, en attendant, continuaient à pleuvoir sur les journaux cléricaux : Y Union de f Ouest et Y Écho de la frontière furent frappés le même jour pouf la seconde fois. Rien ne ralentissait leur ardeur; ils rendaient menace pour menace aux feuilles démocratiques : a Si, par malheur, » les œuvres de charité recevaient quelque atteinte, si la » liberté du bien en souffrait, si les misères immenses y> auxquelles se dévouent les associations charitables » étaient moins aisément et moins abondamment secou-
(1) Le Siècle, 41 janvier.
636 L'£MPIRE.
» rues, les pauvres sauraient à qui s'en prendre.... au » Siècle (i). »
Quelles étaient les intentions réelles du gouvernement impérial à Tégard du saint-siége? I^ pays en était réduit à interroger les moindres actes et les moindres paroles de ses agents; tantôt la nomination d'un fonctionnaire, tantôt le discours d'un ministre à une solennité quelconque. M. Rouland, ministre de l'instruction publique, présidant la distribution des prix des associatioDs polytechnique et philotechnique, glissa dans son discours cette phrase : « Je ne vous parlerai pas des complica- » tions créées par la force d'événements imprévus, et x> qui peuvent entraîner les plus loyales résolutions à se » modifier elles-mêmes, o Ces quelques mots parurent l'indice de prochaines modifications aux arrangements de Villafranca.
L'encyclique du 19 janvier redoubla Tardeur et le courage du parti clérical :
PIB IX, PAPE.
c Vénérables frères,
> Salut et hénédictipn apostolique.
• Nous ne pouvons, par aucune parole, vous exprimer, vénérables frères, de quelle consolation et de quelle joie nous ont pénétré, au milieu de nos (rès-grandes amertumes, le témoignage éclatant et admirab'ede votre foi, de votre piété, de votre dévoue^ient, de la foi, de la piété, du dévouement des fidèles confiés à votre garde, envers nous et envers le siège apostolique, et Tarcord si unanime, le zèle si ardent, la perséfêrance h revendiquer les droits du saint-siége et à défendre la cause de la justice.
» Dès que, par notre lettre encyclique du 18 juin de Tannée dernière, et parles deux allocutions que nous avons ensuite prononcées en consistoire, vous avez connu, l'âme r^'mplie de douleur, de quels maux
(1) VVnion,
L'ENCYCLIQUE DO 49 JANVIEft. 637
étaient accablées en Italie la société religieuse et la société civile, et quels actes audacieux et abominables de révolte étaient dirigés, soit contre les princes légitimes des États italiens, soit contre la souveraineté légitime et sacrée qui nous appartient, à nous et à ce saint siège, répondant à. nos vœux et à nos soins, vous vous êtes empressés, sans aucun relard et avec un zèle que rien ne pouvait arrêter, d^ordonner dans vos diocèses des prières publiques.
» Vous ne vous êtes pas contentés des lettres si pleines de dévouement et d*amour que vous nous avez adressées; mais, à la gloire de votre nom et de votre ordre, faisaut entendre la voiv épiscopale, vous avez publié des écrits aussi pleins de science que de piété pour défendre énergiquement la cause de notre très-sainte religion, et pour flétrir les entreprises sacrilèges dirigées contre la souveraineté civile de TÉglise romaine.
» Défendant constamment cette souveraineté, vous vous êtes fait gloire de confesser et d'enseigner que, par un dessein particulier de la Providence divine qui régit et gouverne toutes choses, elle a été donnée au pontife romain afin que, n'étant soumis à aucune puissance civile, il puisse exercer dans la plus entière liberté et sans aucun empêchement, dans tout l'univers, la charge suprême du ministère apostolique qui lui a éié divinement confiée par le Christ Notre-Seigneur. Instruits par vos enseignements et excités par votre exemple, les enfants bien-aimés de l'Église catholique ont pris et prennent encore tous les moyens de nous témoigner les mêmes sentiments.
» De toutes les parties du monde catholique nous avons reçu des lettres dont le nombre se peut à peine compter^ souscrites par des ecclésiastiques et par des laïques de toute condition, de tout rang, de tout ordre, dont le chiffre s'élève r arfois à des centaines de mille, qui, en exprimant les sentiments les plus ardents de vénération et d'amour pour nous et pour cette chaire de Pierre, et l'indignation que leur causent les actes audacieux accomplis dans quelques-unes de nos provinces, protestent que le patrimoine du bienheureux Pierre doit être conservé inviolable dans toute son intégrité et mis h Tabri de toute attaque.
» Plusieurs des s'gnataires ont en outre établi, avec beaucoup de force et de savoir, cette vérité par des écrits publics. Ces éclatantes manifestations de vos sentiments et des sentiments des fidèles, dignes de tout honneur et dt* toute louange, et qui demeureront inscrites en lettres d'or dans les fastes de TÉglise catholique, nous ont causé une telle émotion, qne nous n'avons pu, dans notre joie, nous empêcher de nous écrier : c Béni soit Dieu, père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, père des miséricordes et Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions ! »
> Au milieu des angoisses dont nous sommes abreuvé, rien ne pouvait mieux répondre à nos désirs que ce zèle unanime et admirable avec lequel, tous tous, vénérables frères, vous défendez les droits de ce saint-siége, et cette volonté énergique avec laquelle les fidèles qui vous sont confiés agissent dans le même but. Vous pouvez donc facilement comprendre combien s'accrott chaque jour notre bienveillance paternelle pour vous et pour eux.
638 i'EHPIRE.
» Mais tandis que votre zèle et votre amour admirables envers nous, vénérables frères, et envers ce saint-siège, et les sentiments semblables des fidèles adoucissaient noire douleur, une nouvelle cause de tristesse nous est survenue d'ailleurs. C*est pourquoi nous vous écrivons ces lettres pour que dans une chose de si grande importance les sentiments de notre cœur vous soient de nouveau très-clairement connus.
» Récemment, comme plusieurs de vous Tout déjà appris, le journal parisien intitulé le Moniteur a publié une lettre de l'empereur des Français par laquelle il a répondu à une lettre de nous, où nous avions prié instamment Sa Majesté Impériale qu'elle voulût protéger de son trèspuissant patronage dans le congrès de Paris Tintégrité et rinviolabilité de la domination temporelle de ce saint-sîége, et l'affranchir d'une rébellion criminelle. Dans sa lettre, rappelant certain conseil qu'il nous avait peu auparavant proposé au sujet des provinces rebelles à notre domination pontificale, le très-haut Empereur nous conseille de renoncer à la possession de ces mêmes provinces, voyant dans cette renonciation le seul remède au trouble présent des affaires.
» Chacun de vous, vénérables frères, comprend parfaitement que le souvenir du devoir de notre haute charge ne nous a pas permis de garder le silence après avoir reçu cette lettre. Sans aucun retard, nous nous somme bâté de répondre au même Empereur, et dans la liberté apostolique de notre ftme nous lui avons déclaré clairement et ouvertement que nous ne pouvions en aucune manière adhérer à son conseil, parce qu'il porte avec lui d'insurmontables difficultés, vu notre dignité et celle de ce saint-siège ; vu notre sacré caractère et les droits de ce même siège, qui n'appartiennent pas à la dynastie de quelque famille royale, mais à tous les catholiques.
> Et en même temps nous avons déclaré a que nous ne pouvons pas céder ce qui n'est point à nous, et que nous comprenions parfaitement que la victoire qui serait accordée aux révoltés de l'Emilie serait on stimulant à commettre les mêmes attentats pour les perturbateurs indigènes et étrangers des autres provinces, lorsqu'ils verraient l'heureux succès des rebelles. )>
» Et entre autres choses, nous avons fait connaître au même Empereur « que nous ne pouvons pas abdiquer les susdites provinces de notre domination pontificale sans violer les serments solennels qui nous lient, sans exciter des plaintes et des soulèvements dans le reste de nos États, sans faire tort à tous les catholiques, enfin sans affaiblir les droits nonseulement des princes de Tltalie qui ont été dépouillés injustement de leurs domaines, mais encore de tous les princes de l'univers chrétien, qui ne pourraient voir avec indifférence l'introduction de certains principes très-pernicieux >.
» Nous n'avons pas omis d'observer que c Sa Majesté n'ignore pas par quels hommes, avec quel argent et quels secours les récents attentats de rébellion ont été excités et accomplis à Bologne, à Ravennes et daos d'autres villes, tandis que la très*grande majorité dos peuples demeurait frappée de stupeur sous le coup de ces soulèvements qu'elle n'attendait aucunement et qu'elle ne se montre nullement disposée h suivre >.
L'EKCYCUQVE BU 19 JAKVIER. 639
» Et d'autant que le très-sérénissime Empereur pensait que ces provinces devaient^ être abdiquées par nous à cause des mouvements sédilîem qui y ont été excités de temps en temps, nous lui avons opportunément répondo que cet argument n*avait aucune valeur parce qu'il prouvait trop, puisque de semblables mouvements ont eu lieu très-fréquemment et dans les régions de l'Europe et ailleurs ; et il n'est per- -sonne qui ne voie qu'on ne peut de là tirer un légitime argument pour diminuer les possessions d'un gouvernement civil.
» Nous n'avons pas omis de rappeler au même Empereur qu'il nous avait adressé une lettre très-di!Térente de sa dernière avant la guerre •d'Italie, lettre qui nous apporta la consolation, non raffliction. Et comme diaprés quelques mots de la lettre impériale publiée par le journal précité, nous avons cru avoir sujet de craindre que nos provinces rebelles de TÉmilie ne fussent regardées comme déjà distraites de notre <domination pontificale, nous avons prié Sa Majesté, au nom de l'Église, •qu'en considération de son propre bien et de son utilité, elle fît com* plétement évanouir notre appréhension.
» Ému de cette paternelle charité avec laquelle nous devons veiller au salut éternel de tous, nous avons rappelé à son esprit que tous un jour devront rendre un compte rigoureux devant le tribunal du Christ et 5ubir un jugement très-sévère, et qu'à cause de cela chacun doit faire •énergiquement ce qui dépend de lui pour mériter d'éprouver plutôt l'action de la Aiséricorde que celle de la justice.
» Telles sont les choses, entre autres, que nous avons répondues au très -grand empereur des Français. Et nous avons cru devoir vous en donner communication, pour que vous d'abord, et tout l'univers catholique, connaissiez de plus en plus que, moyennant l'aide de Dieu, selon le devoir de notre très-grave ministère, nous essayons tout sans peur et n'omettons aucun effort pour défendre courageusement la cause de la religion et de la justice; pour conserver intègre et inviolé le pouvoir civil de l'Église romaine avec ses possessions temporelles et ses droits qui appartiennent à l'univers catholique tout entier ; enfin, pour garantir la cause juste des autres princes.
» Appuyé du secours de Celui qui dit : « Vous serez opprimés dans le monde y mais ayez confiance, fai vaincu le monde (Jean, xvi, 33), et : Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice n (Matt. , V. 10), nous sommes prêta suivre les traces illustres de nos prédécesseurs, à mettre en pratique leurs exemples, à souffrir les épreuves les plus dures et les plus amères, à perdre même la vie avant que d'abandonner en aucune sorte la cause de Dieu, de TÉglise et de la justice, l^lais vous pouvez facilement deviner, vénérables frères, de quelle amère douleur nous sommes accablé en voyant l'affreuse guerre qui, au grand dommage des Ames, afflige notre très-sainte religion, et quelle tourmente agite l'Église et ce saint-siège.
> Vous pouvez aussi facilement comprendre quelle est notre angoisse qsand BOUS savons quel est le péril des âmes dans ces provinces troublées de notre domination, où des écrits pestilentiels ébranlent chaque jour plus déplorablement la piété, la religion, la foi et Thonnêteté des
C40 L'KMPIRE.
mœurs. Vous donc^ vénérables frères, qui avez élc appelés au partage de noire sollicitude et qui avez témoigné avec tant d'ardeur votre foi, votre constance et votre courage pour protéger la cause de la religion, de rÉglise et de ce siège apostolique, continuez à défendre cette cause avec encore plus de cœur et de zèle ; enflammez chaque jour davantage les fidèles confiés à votre soin, afin que, sous voire conduite, ils ne cessent jamais d'employer tous leurs efforts, leur zèle et Tapplicaiion de leur esprit à la défense de TÉglise catholique et de ce saint-siége. ainsi qu'au maintien du pouvoir civil de ce même siège et du patrimoine de saint Pierre, dont la conservation intéresse tous les catholiques.
> Nous vous demandons prncipalcment et avec les plus vives instances, vénérables frères, de vouloir bien, en union avec nous^ adresser sans relûche, ainsi que les fidèles confiés à votre soin, les prières les plus ferventes au Dieu très-bon et très-grand, pour qu'il commande aux vents et à la mer, qu'il nous assiste de son secours le plus efficace, qu'il assiste son Église, qu*il se lève et juge sa cause; pour que dans sa bonté il éclaire de sa grâce céleste tous les ennemis de l'Église et de ce siège apostolique; enfin, que par sa vertu toute -puissante il daigne les ramener dans les sentiers de la vérité, de la justice et du salut.
I» Et afin que Dieu invoqué incline plus facilement son oreille à nos prières, aux vôtres et à celles de tous les fidèles, demandons d'abord, vénérables frères, les suffrages de l'immaculre et très -sainte mère de Dieu, la vierge .Marie, qui est la mère très-aimante de nous tous, notre espoir le plus fidèle^ la protection efficace et la colonne do l'Église, et dont le patronage est le plus puissant auprès de Dieu.
» Implorons aussi les suffrages du bienheureux prince des apôtres, que le Christ Notre-Seigneur a établi la pierre de son Église contre laquelle les portes de Tenfer ne pourront jamais prévaloir; implorons également les suffrages de Paul, son frère dans lapostolal, et enfin ceux de tous les saints qui régnent avec le Christ dans les cieux. Connaissant; vénérables frères, toute votre religion et le zèle sacerdotal qui vous distingue éminemment, nous ne douions pas que vous ne vouliez vous conformer avec empressement à nos vœux et à nos demandes.
> Et, en attendant, pour gage de notre charité très-arJente pour vous^ nous vous accordons avec amour et du fond du cœur à vous-mêmes, vénérables frères, et h tous les clercs et fidèles laïques confiés aux soios de chacun de vous, la bénédiction apostolique, jointe au souhait de toute vraie félicité.
» Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 19 janvier de l'an 1860, l'an quatorze de notre pontificat. »
Les journaux reçurent, le 30 janvier seulement, Tautorisation de publier ce document arrivé en France dix jours auparavant. Les évoques redoublèrent de mandements; les simples prôlres signèrent des lettres
LE PÈRE UCORDAIRE CANDIDAT A L*AGADÊHIE. 6ài
d'adhésion à Teucyclique. V Indépendant de F Ouest ^ averti Tannée précédente, reçut un nouvel avertissement pour avoir reproduit une adresse du clergé des diocèses du Mans et d'Angers au pape Pie YI, le 23 mars 1792.
Les félicitations du pape à Tévèque d'Orléans pour sa réponse à la brochure impériale le Pape et le Congrès arrivèrent à Paris le 14 février, le jour même où la Gazette de France recevait un deuxième avertissement. Le gouvernement répondit avec fracas à l'encyclique par la plume de M. Rouland. Le ministre de l'instruction publique adressa ensuite une circulaire à répiscopat, dans laquelle il demandait naïvement au pape, « sans cesser de croire que nous sommes de bons calho* » liques, qu'il voulût bien, en sa qualité de souverain 9 d'un État italien, envisager les événements comme la ï> Providence elle-même les laisse se dérouler dans la B longue histoire de l'humanité n .
L'épiscopat accueillit avec dédain la circulaire ministérielle, et le clergé inférieur redoubla d'ardeur et d'audace; non content d'injurier eir chaire les ennemis du pouvoir temporel et de les vouer aux peines éternelles, il fit remonter ses anathèmes jusqu'au chef de l'État. Le ministre de Tintérieur effrayé s'empressa d'adresser, lui aussi, une circulaire aux préfets; les préfets, à leur tour, envoyèrentdescirculaircsauxsous-préfets,lessous- préfets aux maires; le ministre de la justice stimula en même temps le zèle des procureurs généraux. Tous les fonctionnaires furent prévenus d'avoir à se tenir sur leurs gardes contre les conspirations cléricales. La justice administrative ne cessa pas de sévir contre la presse religieuse, mais
TAXILE DELORD. U. — Al
les avertissements, il faut lui rendre cette justice, ne parvinrent pas à rintiniider.
L'élection du père Lacordaire à rAcadémie devint, au milieu de ces luttes, un événement politique. La passion des honneurs littéraires, des distinctions académiques, survit à tout dans Tâme des Français; elle trouWe le prêtre à l'autel, et le moine au fond de sa cellule. Il est vrai que le moine moderne ne ressemble guère à -celui d'autrefois. L'abbé Lacordaire s'était jeté dans un clottre sans pour cela renoncer au monde; le père Lacordaire .avait porté un moment la rosette de représentant sur son froc de dominicain ; il voulut l'orner de palmes vertes, et le voilà frappant à la porte de messieurs les membres de l'Académie française. Quelle anomalie et quel scandale^ disaient les impies, de voir un prêtre sollicitant le suffrage d'un athée ! Car M. Mérimée a montré son parfait dédain pour la Divinité dans une brochure bien connue des amateurs de curiosités littéraires (1), ou d'un hérétique comme M. Guizot que Tordre des Dominicains aurait fait brûler il y a cinq siècles. Un moine parlant à ses futurs confrères de leurs œuvres, plus ou moins légères, vantant à tel auteur dramatique le succès de ses pièces, félicitant un romancier de l'excellent style de sa dernière production ; quel scandale de la part du vicaire général de la province de France ! Quelques journaux doutaient encore de sa candidature, lorsque M. de Marcellus, honoré aux dernières élections académiques du plus grand nombre de suffrages après l'élu, déclara qu'il s'apprêtait à lutter contre tout autre rival, mais qu'il
(1) Cette brochure a ponr titre H. B. Elle contient U biographie d'Heari Beyle, plus connu sous le pseudonyme de Stendhal.