LÀ COCARDE BLAKGHE A ROME
» goiiverDemeot français s'inquiétait de tout ce qui sem- » blait menacer Texistence ou le développement futur de » cet enfant gâté et mal venu pour lequel il avait de si » inconcevables tendresses (1). i»
Napoléon III avait encouragé le pape à former une armée, espérant qu'il lui demanderait un de ses généraux pour la commander. Le choix de Lamoricière, la composition de son état-major, les nombreux Intimistes réunis autour de lui, étaient autant de piqûres pour le gouvernement impérial. Le comte de Chambord, toujours prudent et mesuré, avait beau recommander aux volontain^s de n'arborer d'autres couleurs que les couleurs pontificales, ils ne tenaient nul compte de ses recom* mandatons. La cocarde blanche était portée publique^ ment dans Rome. Le gouvernement impérial, se croyant menacé par une vaste conspiration légitimiste, redoubla de rigueur contre la presse de cette nuance, et de taquinerie contre le clergé. La Gazette de Lyon fut supprimée par un décret du 20 octobre; le ministre de l'intérieur, quelques jours après, ordonna par une circulaire aux préfets d'appliquer aux mandements et aux lettres pastorales des évoques la loi générale prescrivant pour les imprimés la double formalité de la déclaration et du dépôt, et dans certains cas Tobligalion du timbre. Cette loi recevait tous les jours une dérogation exceptionnelle en faveur des publications de l'autorité religieuse; M. Billault ne s'en aperçut que lorsque le clergé se permit d'attaquer les brochures sur le pouvoir temporel sorties des officines officielles. Il jugea qu'il était temps de foire rentrer
(1) Lamoricière à Romcj par M. de la Rochetterie.
les évèques dans le droit commun, et de distinguer entre les mandemenls en placard pour être affichés et lus dans les églises, et ceux qui, sous le format de la brochure, se mêlaient aux débats temporels. Les malheureux imprimeurs, comme si ce n'était pas assez des mille embûches des lois sur la presse, étaient chaînés de faire la distinction : a C'est à eux que sont imposées les » obligations du dépôt et du timbre, c'est contre eux » que serait dirigée la poursuite s'ils ne les remplissaient » pas. x>
Le clergé, que l'attitude du gouvernement dans la polémique sur les associations religieuses aurait dû aTertir de l'inutilité présente de ses tentatives pour en accroître le nombre, ne désespérait pas cependant de donner uue organisation hiérarchique au denier de Saint'-Pierre; l'évêque d'Orléans avait même déjà tracé le plan d'une Société. M. BillauU lui signifia par une note du Moniteur d'avoir à en déchirer les statuts.
L'année 1860 fut dure pour les journaux. La Presse, la Gazelle de France^ Y Univers^ le Correspondant^ la France centrale ^\à Gironde ^ Y Union de r Ouest, Y Océan de Brest, Y Indépendant de f Ouest, Y Écho de la Frontière, frappés de deux avertissements; le Siècle, Y Opinion rmtionale, le Courrier du Dimanche^ le Journal des villes et des campagnes, le Mémorial de F Allier, Y Espérance de Nantes, le Mémorial de Niort, Y Espérance de Nancy ^ Y Echo de [Aveyron, avertis une fois; la France centrale et le Journal de la Guadeloupe suspendus; Y Univers f la Gazette de Lyon, la Bretagne, Y Algérie nouvelle supprimés, étaient là pour témoigner des sévérités de l'administration. La suppression de YUrûvers^ qui