‹ Histoire du second empireChapitre 164 sur 176 · LETTRE DE NAPOLÉON III A M. DE PERSIGNY · texte numérisé non relu

LETTRE DE NAPOLÉON III A M. DE PERSIGNY

Le gouvernement impérial n'aurait pas été fâché d'intervenir dans l'Italie méridionale et de réconcilier François n et Victor-Emmanuel, mais l'Angleterre ne se montrait guère favorable à cette intervention. La froideur régnait plus que jamais entre les cabinets des Tuileries et de Windsor. Le premier proposait-il un expédient, le second le repoussait aussitôt. La question d'Orient, comme si ce n'était pas assez de celle d'Italie, se dressa tout à coup en face des deux gouvernements. Les Druses massacraient les Maronites, et la Porte était impuissante à réprimer ces massacres. Le président du Conseil d'Ëtat, interrogé par un membre du Corps législatif sur les mesures prises pour protéger la vie et les propriétés des chrétiens européens et maronites, répondit qu'il agirait, mais que, ne pouvant agir seul, il allait s'entendre avec les puissances. L'intervention française en Syrie était aussi impopulaire chez les Anglais que l'intervention à Naples. Des meetings se succédaient à Londres et retentissaient de menaces et d'injures contre l'Empereur; même hostilité dans le langage des journaux. Les volontaires s'orgapisaieut et s'exerçaient dans tous les comtés, le gouvernement armait les côtes, levait des marins, renforçait les escadres. La crainte d'une guerre avec l'Angleterre se répandit de nouveau. L'Empereur comprit qu'il n'était pas assez fort pour imposer uue pareille guerre à la France, et il écrivit le 1" août à M. de Persigny, son ambassadeur en Angleterre, uue lettre publiée dans tous les journauii;. Napoléon m, après avoir désavoué toute idée de conquête, nié une prétendue augmentation de son armement, et protesté que l'humanité seule rendait nécessaire l'expédition en Syrie,

adjurait les ministres anglais « de laisser les jalousies » mesquines et les défiances injustes», pour s'entendre loyalement avec lui. Le gouvernement anglais finit par se rendre et par signer le protocole relatif à l'expédition de Syrie le â août à Paris.

Les assurances pacifiques prodiguées par l'Empereur aux souverains allemands à Baden, et au gouvernement anglais dans sa lettre à M. de Persigny, n'avaient d'autre valeur que celle que l'intérêt personnel lui-même peut donner aux promesses de l'intérêt personnel. Les puis* sances s'en rendaient bien compte ; Napoléon m le sentait, et il aurait bien voulu les réunir en congrès afin d'agir plus aisément sur elles. Ce désir est nettement exprimé dans ce passage de la note du 29 septembre qui précède l'envoi de nouveaux renforts à Rome : « il x> ne saurait appartenir qu'aux grandes puissances réu- » nies en congrès de prononcer un jour sur les ques- 0 tions posées en Italie par les événements; mais jusquex> là le gouvernement de l'Empereur continuera à rem* D plir, conformément à la mission qu'il s'est donnée, les » devoirs que lui imposent ses sympathies pour le saint- » père, et la présence de notre drapeau dans la capitale i> de la catholicité. » Un congrès! c'était le rêve perpétuel du gouvernement impérial : l'empereur d'Àulridie, l'empereur de Russie et le priuce-régent de Prusse se chargèrent cette fois de le dissiper, en se donnant rendee* vous pour te mois d'octobre à Varsovie.

L'impression de cette nouvelle fut énorme* Est-ce le réveil de la Sainte-Âlliance, le prélude d'une iiouvelle coalition ? Que va-t-il se passer du 22 au 26 octobre dans eette réunion de souverains oii U sera i»*obablement plus

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