LE COMPLOT DB L'HIPPODROME
Fétranger auraient été saisies ; des mouvements simultanés devaient éclater dans les Bouches-du-Rhône et dans la Drôme; mille autres bru ils du même genre circu* lèrent dans Paris et dans les départements. La presse oi&cieuse profita de Toccasion pour s'élever comme à Tordinaire contre les sociétés secrètes, contre les tristes extravagances révélées, disait-elle, par l'instruction. La saisie d'une tète de mort sur laquelle les prévenus fai* saient d'affreux serments devint pour elle une source féconde de déclamations.
Louis Folliet, employé au chemin de fer de Strasbourg ; loseph Ruault, tailleur de pierres; Canivet, Auguste MoDtchirond, teneur de livres; I^anoix, marchand de futailles ; Joseph Lux, fabricant de chaussons à la mécanique; Alix, professeur; Tbirès, cordonnier; Bratiano, propriétaire à Bucharesl; Gérard, tailleur; Deney, tailleur; Copinot, papetier ; de Meren dit le Belge, comptable; . Baillet, cordonnier ; Mariât, papetier ; Mazelle, menuisier; Tureone, tailleur; Gabrat, tailleur; Jaud, bijoutier; Commès, mécanicien; Joiron, cordonnier; Baudy, cor* (lonnier ; FoUot, médecin ; Ribault de Laugardière, étudiant en médecine; Arthur Ranc, étudiant en droit; Laflize, étudiant en médecine; Martin, étudiant^ comparurent devant la cour d'assises, comme accusés d'avoir con^ certé et arrêté entre plusieurs personnes une résolution ayant pour but : 1*" de commettre un attentat contre la vie de l'Empereur; i*" de détruire ou changer le gouvernement, laquelle résolution a été suivie d'actes commis ou commeucés, crimes prévus par les articles 86, 87, 89 du Code pénal, et par la loi du 10 juin i85«S. Deux accusés, Jaaberl çt Poisson, étaient absents.
M. Zangiacomi, présidant la Cour d'assises, portail un nom tristement célèbre dans l'histoire de la justice politique sous le règne de Louis-Philippe, il ne négligea rien pour accroître cette célébrité. M. Rouland, chargé de soutenir Taccusation en qualité de procureur général, avait passé par tous les emplois du parquet : substitut et procureur du roi de première instance, substitut et avocat général de cour royale, puis avocat général à la €Our de cassation, député sous Louis*Pbilippe, il n'avait du magistrat et de l'homme politique que la phraséologie. Le gouvernement de Louis Bonaparte fut trop heureux, dans sa disette d'hommes, de lui rendre la place d'avocat général à la cour de cassation qu'il avait perdue après la révolution de Février, et le plaça plus tard à la tète du parquet de Paris; M. Rouland, violent, borné de langage, d'esprit, abondant en paroles, convenait au poste de procureur général à cette époque.
Le gouvernement cherchant à tenir les esprits dans cet état d'alarme qui contribua si puissamment au succès du coup d'Ëtat, ne perdait aucune occasion de signaler Londres comme le foyer d'une conspiration permanente organisée par les proscrits républicains contre la vie de l'Empereur. M. Rouland, chargé de soutenir l'accusation, tout en convenant que le complot dénoncé au jury ne pouvait être rattaché directement aux menées de Londres, chercha néanmoins à. prouver, en citant quelques phrases échappées aux accusés, que les réfugiés en Angleterre y avaient une part. La présence de M. Bastide, « qui fut longtemps un membre actif [des société/S secrètes, et l'ami des principaux réfugiés de Londres » , dans une réunion d'étudiants où figuraient