AFFAIBLISSEMENT DU PARTI LÉGITIMISTE
jacquelein avait fait nommer directeur du théâtre des Délassements, figuraient parmi les accusés. Ce Jamet, a^ant de devenir directeur de spectacle et conspirateur, avait arraché des dents « dans l'intérêt légitimiste » , dit l'accusation. M. de la Rochejacquelein, interrogé sur le compte d'Adjutor DubuissoD, répondit : «Je déclare que moi qui ai joué un assez grand rôle dans le parti légitimiste, je ne connais pas Dubuisson. J'ignore même s'il existe. » M. de Blamont, adjudant-major à F hôtel des Invalides, interrogé sur l'invalide Alvarez, membre de la ligue fédérale^ ne savait rien sur ses opinions politiques : c Les invalides causent beaucoup entre eux, ajouta-t-iT, » maïs nous avons un tiers de nos pensionnaires qui ne » savent ce qu'ils disent. » L'invalide n'échappa point cependant à la condamnation qui frappa ses coaccusés. Ce procès ridicule accéléra la chute de M. de Maupas et la suppression du ministère de la police.
Les défections augmentaient chaque jour dans le parti légitimiste militant. La messe annuelle d'actions de grâces pour la naissance du duc de Bordeaux n'avait réuni en 1853 qu'un petit nombre de fidèles, peu de chefs marquants, point d'ouvriers. Le clergé, qui forme une des fractions importantes du parti, se rattachait chaque jour plus étroitement àl'Empire ; Tévèque de Cambrai, Mgr Parisis, s'était mis en quelque sorte aux pieds de l'Empereur à son passage en Flandre. Quelques rares pèlerins allaient chercher à Frohsdorf un mot d'ordre qu'on ne pouvait pas leur donner. Les conseillers du comte de Chambord étaient divisés. M. de Lévis proposait de rester dans une politique expectante ; le duc Des Gars et le marquis de Saint-Priest auraient voulu un peu plus de mouvement
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et d'action : des dons aux oommuoea, aux écoles, aux églises. Pourquoi le comte de Chambord ne publierait«il pas en outre un \irre sur une des questions économi* ques, politiques, financières, philosophiques, soulevées depuis cinquante ansT Un prétendant essayant de reoon^ quérir son royaume par l'économie politique, c'était une tentative nouvelle assurémmt.
Une grande victoire vint enfin compenser les édieos de l'opposition légitimiste. Le Jockey-Club et le Chiè de fUfdàn^ les deux cercles les plus aristocratiques de Paris, renouvellent leur bureau chaque année, L'ha^ bitude est de réélire les membres du bureau. Le pré« aident du Club de tUmon^ M. de Crouseilhes, venait d'être nommé sénateur, en même temps que M. Delamarre, président du Joekey^CbA; ils ne furent re«nommés ni l'un ni l'autre 2 l'un fut remplacé par M. de Chalais ; l'autre par M. de Biron. La lutte fut si vive et Ton attachait tant d'importance au résultat, que les membres du Jodcey^Cluh, aides de camp, offiden d'ordonnance ou écuyers de l'Empereur, abandonnèrent leur senrice à Saint-Cloud pour mettre leur bulletin dans l'urne.
Le gouvernement, alarmé sans doute par cet échec, redoubla de surveillanee et de précautions contra lea légi*^ timistes. Le comte de Chambord ayant demandé à emprunter au Crédit foncier 800 000 francs sur le domaine de Chambord, le directeur de cet établissement ne cmt pas pouvoir, sans en référer au chef de l'État, conclura une affaire « qui pouvait devenir une sorte d'assurance contre les éventualités politiques» . Lapcdice, en août 1855, fit des perquisitions tràs-^évères et trèa^^&ûautîeuses ches