‹ Histoire du second empireChapitre 35 sur 176 · LE GOUVERNEMENT ET LA FUSION · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT ET LA FUSION

princesse de JoinvillO) et alliée aux Orléans par les Cobourg. Le duo do Nemours fut très-coniplimenté sur sa conduite par lempereur d'Autriche et surtout par sa mèrerarchi-duchesse Sophie. Le comte de Ghanibord vint Fanoée suivante en Angleterre, et 6on premier soin fut d'aooourir à Claremont auprès de la reine Marie-Amélie. Uentrevue fut lrès-a£féctueuse : Ma tante I Mon neveu l Ces moto employés dans la conversation rappelaient les liens de famille qui existaient entre la reine et le comte de Ghambord et coupaient court à toute difficulté d'éti-* qaette.

U duc de Montpensier voulut à son tour, Tannée sui- Tante, déposer ses hommages aux pieds du chef jole la maison de Bourbon. Il arriva subitement à Vienne le 30 août 1855. Le ministre d'Espagne lui remontra les inconvénients de cette démarche. Le prince répondit qu'il avait de trop graves questions dynastiques à traiter avec le comte de Ghambord pour tenir compte de ces observations. Le cabinet de Madrid blâma sa visite, et la reine d'Espagne lui ordonna de se rendre immédiatement en Suisse.

Le duc de Nemours et le comte de Ghambord avaient beau échanger des politesses, la fusion, tant que le comte de Paris n'y avait pas donné son assentiment, semblait peu solide. La duchesse d'Orléans, qui vivait retirée àEisenach, offrit l'hospitalité, pendant quelques jours, dansée château, au roi et à la reine de Prusse; elle publia, peu de temps après, une lettre où elle déclarait n'avoir pris et ne vouloir prendre aucun engagement au nom de son fils mineur.

Le public regardait ces allées et venues des princes de

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la maison de Bourbon avec curiosité, mais sans y attacher aucune importance. 11 ne prenait pas la fusion au sérieux. Le gouvernement s'en préoccupait beaucoup au contraire, et faisait publier contre elle brochures sur brochures ; \e Moniteur lui-même en inséra une tout entière, qui était intitulée : Du principe d'autorité depuis 1789, et portait pour signature le nom de Prieur qui cachait celui de M. Troplong, président du Sénat. M. Troplong s'efiForçait de prouver que les deux branches de l'ancienne dynastie n'étaient plus qu'un souvenir historique, une tradition impuissante, et que la dynastie napoléonienne seule avait la force et la volonté d'unir l'autorité à la liberté, et de faire sortir du dogme de 89 une nouvelle forme du principe d'autorité.

Le parti de la fusion avait aussi un ennemi intraitable dans la personne du baron de Richemont, dont le procès en usurpation de titre eut un si grand retentissement sous le règne de Louis-Philippe. Il figurait parmi les détenus à Sainte-Pélagie à l'époque où un grand nombre de républicains y étaient renfermés à la suite des journées de juin 1832. Le faux Louis XVII, toujours très-préoccupé des soins de la table, ne dédaignait pas quelquefois de prendre lui-même la casserolle, quoique fils de Louis XVI et légitime héritier du trône de France et de Navarre. « Sire, lui disait Marrast qui" partageait alors sa captivité, nous mangerions bien volontiers une de ces omelettes que la main de Votre Majesté retourne avec une grâce vraiment royale. » D'autres prisonniers moins polis s'amusaient à lui dire : « Capet! un bifteck pour ce soir.»

La condamnation de cet aventurier comme faux Louis XVII n'empêchait pas beaucoup de gens d'être ce-

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pendant coavaiacus qu'il disait vrai eu parlant de son auguste origine; plusieurs légitimistes s'étaient cotisés pour lui fournir une pension; il avait troirvé des fonds pour fonder un journal, V Inflexible^ dont la mission principale était de défendre ses droits. Le faux Louis XVII, eo 18&8, avait eu la singulière idée de proposer au gou- Teraernent provisoire de le reconnaître comme dauphin. L(»^ue les bruits d'une fusion entre les Orléans et les Bourbons se répandirent dans le public, le duc de Richemond s'étonna fort de n'avoir pas été consulté sur un acte qui ne pouvait être valable sans lui, et qu'il désapprouvait du reste formellement. La mort mit fin à ses protestations, et délivra les fusionnistes d^un de leurs plus ardents adversaires.

Les progrès de la fusion étaient d'autant plus lents que les fusionnistes eux-mêmes formaient deux camps : celui de la fusion pure et simple au nom des sentiments de la famille et des intérêts de la politique, et celui de la Tusion du pardon. Le passé était oublié dans l'un; on se contentait de l'amnistier dans l'autre. Les pièces officielles publiées de temps en temps levaient parfois le voile sur les obscures négociations des diplomates fusionnistes, sans mettre fin à l'incertitude sur leur résultat. Une lettre du comte de Paris protestant contre la fusion circula dans le courant du mois de juillet 1 856; le comte de Chambord, de son côté, en chargeant M. Pageot, le 25 décembre de la même année, d'être son interprète auprès de la veuve et des enfants de Salvandy dont il venait d'apprendre la mort, proclama l'accomplissement de la fusion :

« Personne n'apprécie plus que moi cet hommo de bien, de tant d'inteiligence, de talent et de cœur. Je n'ai pas oublié surtout que c'est liii

TAXILE DBLORD. * U. — Il

qui| le premier, «st venu tnc voir avec vous fil Wiesbadeft^ e\, eh iti*ap' portant les franches et nobles assurances de son entier dévouement, m^ôfft^ir le concours de son 2èle et dé ses constants efforts pour préparer 1m votés à luette réconciliation désirée qui) depuis, à*est hetireusement accomplie, et que la France est en droit d'envisager ai:yourd'hui comme ulle des plus fermes garantieit dé l*aVcnlr. >

Lo public se demandait lequel des deux princes avait raison, lorsque la reine Marie-Amélie vint passer Thiver de 1866 à Nervi, sur les bords de la rivière de Gènes« Le comte de Chambord habitant Parme he pouvait se dis« penser de faire une visite à sa tante ; un grand dtner lui fut offert par la reine ; il prit place à côté d'elle. Le repas fini, Tentretien s'engagea entre quelques-unes des per^ sonnes présentes. « La comtesse de NûuiUy^ dit M. de la Feronnays, a vraiment bon visage. » Le docteur Queneau de MuBsy> sans se douter^ peut-être, qu'il allait faire un aote politique, répondit: «Oui^ la santé de la mne ne laisse rien à désirer.» M. de la Feronnays reprit : «Ce climat convient à la comtesse de Netiilly. » M. Gueneau de Mussy, averti par le ton de M. de la Feronnays, reprit en insistant sur le mot : « La reine s'en trouve en effet très-bieiK » La conversation cessa ; les deux interlocuteurs comprirent qu'ils ne devaient pas aller plus loin; ils se séparèrent {X)limenl. Le duc de Nemours était à Nervi avec sa mère. Averti de ce qui venait de se passer entre le docteur Gueneau de Mussy et M» de la Feronnays^ il ne tarda pas à écrire k son cousin une lettre qui ne devait pas être très-favorable à la fusion, si Ton eu juge par la réponse du comte de Chambord :

< Mon cousin,

f J*ai lu votre lettre avec un profond seatîment de tristesse et de re« gret. J'aimais à pettser que n|)us avions compris dn U mtoe mamére l«

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